Carnet XIII , p
ne songe qu'à le servir en tout et partout avec une résignation sans exemple, le tout pour l'assurer qu'il n'a serviteur plus cordial, ferme et sur que moi , et atin qu'ayant tout à souhait, il agisse pour relever Tautorité du roi. Ce qui est fort faisable, s*il s'y veut employer et y travailler de la bonne sorte conjointement avec moi . >
Tout ce que le prince de Gondé avait demandé lui fut accordé immédiatement : le duc de Longueville , son beaufrère, eut Pont-de-l'Arche, et le prince de Conti, son frère, la promesse d'un chapeau de cardinal. Mazarin annonça la résolution d'enfermer sa nièce dans un couvent \ afin que le prince n'eût plus le prétexte du projet de mariage entre Laura Mancini et le duc de Mercœur. Enfin le cardinal, après avoir cherché à désarmer son formidable ennemi par ces concessions, alla souper avec lui chez le duc d'Orléans , et là il eut à supporter les railleries insultantes des petits malUres\ qui formaient le cortège ordinaire du prince de Gondé.
Claude de Saint-Simon avait suivi tous ces événements avec la curiosité avide d'un courtisan qui soupirait après le triomphe de sa cabale. Il ne crut pas à la sincérité de la réconciliation, et reprenant le 18 septembre la lettre qu'il avait commencée le 17, il continua en ces termes : < L'accommodement s'est fait hier et a été déclaré aujourd'hui par M. le duc d'Orléans: le Pont-de-l'Arche est accordé. M. le Prince en a remercié ce matin la reine et lui a fait de nouvelles protestations de service et d'obéissance, assurant Sa Majesté qu'il n'aurait pas été moins ferme et moins fidèle dans son devoir, quand bien même il n'aurait pas reçu cette grâce de sa bonté. Monsieur ensuite a commandé k M. le Prince de lui donner à souper, et il a fait entendre qu'il y mènerait M. le cardinal , et à l'heure que je tiens la plume , ils sont à table avec peu d'allégresse. G'est une réconciliation en apparence.