Carnet XIV, p. I
Chantilly, où habitait sa belle-mère, la princesse douairière de Gondé. Quant à Chavigny, qui n'avait jamais rompu os - . tensiblement avec les ministres, il se retira dans ses terres et attendit que la délivrance des princes lui fournit une occasion de renouer ses intrigues.
Claude de Saint-Simon, craignant d^être arrêté, s*enfuit en toute hâte sans prendre congé de la cour, s'enferma dans sa forteresse de Blaye , et de là écrivit à Mazarin pour lui offrir son épée. Il expliquait son départ précipité par le désir qu'il avait eu de mettre cette place à l'abri d*un coup de main des frondeurs. Le cardinal ne fut pas dupe de ces démonstrations tardives, et Ton voit assez, par le ton. légèrement ironique de sa réponse (26 février 1650), qu'il n'ignorait pas le vrai motif de la fuite du gouverneur de Blaye : < Vous pouviez changer la forme de ce départ, lui disait-il, et particulièrement dans la conjoncture présente, où il a donné matière au peuple de faire diverses spéculations et de craindre de mauvaises suites de la sortie de la cour d'une personne de votre qualité , sans avoir pris congé de Leurs Majestés. »
Cependant le cardinal ne voulait pas blesser Claude de Saint-Simon et le jeter dans le parti de la Fronde; il terminait en lui disant qu'il avait transmis à la reine les assurances de fidélité et.de dévouement qu'il lui donnait dans sa lettre, et que cette princesse les avait reçues avec une entière confiance.
£n résumé, pendant cette première partie de la Fronde (1649-1650), Claude de Saint-Simon ne s'était point tenu enfermé à Blaye, comme le prétend son fils. Il était, au contraire, venu à Paris et avait pris une part tiès-aciive aux intrigues qui avaient pour but de renverser Mazarin. Des preuves authentiques, des lettres autographes de ce personnage, ne laissent aucun doute sur ses intentions et sur son rôle. Elles établissent que son fils a été dupe de ses asseï tions et a trop légèrement répété dans ses Mémoires les récits d*un courtisan, qui, vaincu en habileté, se ven-
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geait, par des accusations mensongères, du ministre dont il n'avait pu triompher.