‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 140 sur 328 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

CHAVIGIIT KNDâNT Là FRONBE.

erreurs maltipliées de Saint-Simon sur les relations de son père avec

- • ChaVigny. — Il «e trompe également sur les circonstances de la

I mort de Ghavigny. — Rôle de Chavigny en 1651 et 1652. -^ Il

tr^ihit le prince de Condé. — Colère de ce prince; scène violente

qa!il fait à Chavigny. — Maladie et mort de Chavigny (1652), —

Erreurs du récit de Saint-Simon comparé à ceux de Montglat, de

Retz et de Conrart: — Les papiers de Chavigny sont remis à Ma-

* tarin, qui y trouve la preuve des intrigues de Claude de Samt^

. Simon contre lui.

' II f^emble que toutes les fois que Saint-Simon, l'auteur des mémoires, a touché à un des personnages avec lesquels son p^e avait été en relation , il a été mal inspiré. Comment expliquer cette accumulation d'erreurs , si ce n'est par la fScheuse influence que les récits du père ont exercée sur le fil* ? Ce dernier a crû, sans hésiter, au témoignage paternel, SouveM égaré par la passion ou troublé par Taffaiblissement de la mémoire^. Lui-^méme, exagérant plus tard ces souve-

1. Saint-Simon dit ^'11 tenait de son père beaucoup de détails historkjfues t « Te sei^is trop long si je me mettais à raconter bien des choses que j'ai sues de mon père, qui me font bien regretter mon ftge et le sien qm ne m'ont pas permis d'en apprendre davantage. » <T. 1 , p. 54 des Mémùiru.)

DBS MÉMOIRBS DB SAINT-SIMON. S«9

nirs d'enfance, par. une illusion d'optique a&sçz oommune» a ajouté aux erreurs de son père celles qu'enfantait son ima*gination. De là ces confusions étranges que nous avons déjà signalées: Chavigny, présenté comme Tennemi mortel d*un^ homme qui se proclame hautement son passionné serviteur ^^ qui lui répète qu'il a une passion fidèle de le servir^ qu'il veut être traité comme son propre frere^ qu'il désire le voir dans la place qu*U mérUej c'est-à-dire au rang de premier ministre. Des faits même indifférents et ^ti l'intérêt de Claude de Saint- Simon n'était plus en jeu , par exemple les circonstances de la mort de Cbavigny, sont inexactement présentées, et l'erreur est d'autant plus choquante , que Saint-Simon y insiste fortement avec sei» habitudes d'amplification oratoire. Il faut encore le suivre dans ce récit.

Chavigny, après avoir passé une année environ dans ses terres , était revenu à la cour en 1651, lorsque Mazarin se fut éloigné de la France, et que les princes, délivrés de leur prison, furent rentrés triomphants à Paris. Chavigny fit partie du ministère organisé en avril 1651; Il y fut considéré comme l'homme du prince de Condé et le défenseur de ses intérêts dans le conseil. Retz, qui aurait voulu y faire prédominer l'influence du duc d'Orléans, dont il disposait, attaqua Chavigny dans un pamphlet intitulé: Les contre-temps du sieur de Chaf>îgny^ premier ministre de M.l$ Prisu» '. L'ambition; de ce personnage, dont je suis loin de me faire rapologiste;,^ ses intrigues y étaien^t mises à nu. « Il fallait, dicîait Re.tz^ que Chavigny quittât sa solitude pour aller potrter le flamr beau de la diviaion dans la maison royale, pour servir d'un nouveau prétexte et d*une nouvelle cause à U division de la reine et de Son Altesse Royale', et pçtur conférer, tgw les jours sur ce siyet avec toutes les crésfturcs du Cf^fMoal

Page 1