‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 153 sur 328 · NICOLAS FOUQUET, SURINTENDANT DES FINANCES · texte numérisé non relu

NICOLAS FOUQUET, SURINTENDANT DES FINANCES

Saint-Simon parle souyent du surintendant Nicolas Fouquet et se montre bien dispose pour lui. — Erreurs qu'il commet à PoccasîoD de l'arrestation de Fouquet et de son emprisonnement. — II s'est également trompé sur les causes de sa disgrâce qu'il a attribuée à un peu trop dé galanterie. — Ambition de Fouquet : il espérait gouverner Aime d'Autriche et Louis XIV; ses efforts pour gagner le confesseur de la reine mère ; il fortifie BelIe-Ue et cherche à s'attacher l'amiral de Neuchèse. — Causes qui rendirent l'opinion

1. Conrart l*atteste (t. XI, p. 159 et sui?. de ses papiers conserrés à U Bibl. de TArsenal, collect. in-^). Il cite une de ces lettres et ajoute : « Cette lettre a été copiée par moi sur l'onginal écrit de la main de Bartet, alors fort bien à la cour. Elle fut trouvée entre les papiers de M. Fouquet , surintendant des finances, après qu'il eut éti arrêté à Nantes (5 sept. 1661); avec plus de quatre-vingts autres lettres de môme force et de mdmé style. »

publique favorable à Fouquet : acharneBient de Golbert contre lui ; longueur du procès; résumé de cette afiiaire. — Sacint-Sixnon parle encore de Fouquet à la fin de ses mémoires et dit quMl était sur le point de payer les sommes dues à son père au moment où il fut arrêté.

Saint-Simon parle, dans plusieurs passages deses mémoires, de Nicolas Fouquet et de sa famille. La disgrâce et la prison de l'ancien surintendant y sont mentionnées. Ce n^est pas seulement à rëclat que jetaient les petits-fils de Fouquet, les Belle-Ile, pendantque Saint-Simon écrivait ses mémoires, qu'il faut attribuer ces digressions sur le surintendant disgracié. En efiet, Saint-Simon montre pour Fouquet une bienveillance quMl n'a pas ordinairement pour ceux dont la famille est dans une situation prospère et qui a pu provoquer sa jalousie. Quel motif a atténué, en faveur de Nicolas Fouquet, l'âpreté avec laquelle notre historien poursuit d'ordinaire les financiers? C'est peut-être la disgrâce même de Fouquet; peut-être n'a-t-il vu en lui qu'une victime de Hazarin? et alors sa haine contre le premier ministre lui aurait inspiré des sentiments favorables pour le surintendant, dont le cardinal avait préparé et conseillé la disgrâce.

Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, plusieurs erreurs se sont glissées dans les passages des mémoires ^e Saint-Simon, où il est question de Fouquet, et nous allons les rectifier rapidement. Après avoir fait l'éloge du père et de la mère de Fouquet^, il indique avec exactitude le nom et la fortune des frères du surintendant et continue ainsi : c Le surintendant, qui causa leur fortune et leur perte, fut à vingt ans maître des requêtes et à trente-cinq procureur*général au parlement de Paris. Au commencement de 1653, le cardinal Mazarin le fit surintendant des finances, n fiit arrêté à Nantes en 1661, où le roi était allé exprès; conduit à Paris à la Bastille, trois ans après à Pignerol où il finit ses jours. »

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