‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 172 sur 328 · Amédée Renée, Ifièces de Maxarin · texte numérisé non relu

Amédée Renée, Ifièces de Maxarin

3. Mémairet de Ume de La Fayette^ édit. Michaud et Poujoulat, p, 232,

4. Lettres delà duchesse d: Orléans, t. II, p. 292-293 (édit. Brunel).

5. Voy. les Nièces de Maxarin, par M. Amédée Renée, 2* édit. augmentée de documents inédits.

reste de sa vie et mourut en opprobre ^ » A Ten croire , « tous les Français distingués eurent défense de la voir. * C'est encore là une assertion démentie par des documents d'une authenticité incontestable. Mme de Coulanges * écrivait à Mme de Grignan le 17 juin 1701 : < Ma sœur brille à Bruxelles; elle a tous les soirs la comtesse de Soissons à souper chez elle. > Et dans une lettre du 10 mai 1703, Mme de Coulanges dit à Mme de Grignan : < Ne savez-vous pas, madame, que M. le maréchal de Villeroi a été voir Mme la comtesse de Soissons à Bruxelles ? Il lui a mené son ûls, et Mme la comtesse de Soissons avoue qu'il y a longtemps qu'elle n'a eu une aussi grande joie. > Puisque le maréchal de Villeroi, un des favoris de Louis XIV, visitait Olympe Mancini dans son exil, il faut admettre que les Français de distinction n'avaient pas reça les ordres dont Saint- Sioion parle d'un ton si positif et si tranchant.

Le hls aîné * de la comtesse de Soissons, Louis-Thomas de Savoie, comte de Soissons, épousa la fille d'un écuyer du prince de Condé, nommé La Cropte-Béauvais. Saint-Simon, qui fait un grand éloge de la beauté de cette personne ^ prétend qu'elle était bâtarde. < Elle était si bien bâtarde, que H. le Prince, sachant son père à l'extrémité, à qui on allait porter les sacrements, monta à sa chambre dans l'hôtel de Condé pour le presser d'en épouser la mère; il eut beau dire et avec autorité et avec prières, et lui représenter l'état où, faute de mariage, il laissait une aussi belle créature que la fille qu'il en avait eue, Beauvais fut inexorable, maintint qu'il n'avait jamais promis mariage i cette créature, qu'il ne Tavait point trompée, et qu'il ne l'épouserait point. » Ce récit est erroné ; d'après une note rectificative de M. le comte

2. Femme de Louis du Gué-Bagnots, qui était intendant de Flandre.

3. Le célèbre prince Eugène était le quatrième fils de la comtesse de Soissons.

de Chantérac \ le mariage de La Cropte-Beauvais avec Charlotte Martel, fiUede Gédéon Martel, comte de M^enne^s, et d'Elisabeth de La Mothe-Fouoqué, est établi par un contrat du 23 décembre 1653, passé à Marennes devant Baige, notaire hérédita^ire de Saintonge. Uranie de La Cropte-Beauvais naquit de cette union légitime. Ce ne fut pas en # mauvaise compagnie,» comme l'insinue Saim-Simon%que le comte de Soissons connut Mlle de La Cropte-Beauvais, mais au Palais- Royal, chez Madame, dont elle était demoiselle d'honneur*.

Enfin, Saint-Simon se met en pleine contradiction avec lui-même dans les détails qu'il donne sur le duc de Mazarin, qui avait épousé Hoiiense Mancini, une des nièces du cardinal. Il l'avait vu dans sa jeunesse : «^ C'était, dit il \ un assez grand et gros homme de bonne mine, qui marquait de l'esprit, à ce qu'il me parut une fois que je le vis chez mon père, lorsqu'il fut chevalier de Tordre en 1688. » Et ailleurs*: c J'ai ouï dire aux contemporains qu'on ne pouvait avoir plus d'esprit ni plus agréable; qu'il était de la meilleure compagnie et fort instruit; magnifique, du goût à tout, de la valeur; dans l'intime familiarité du roi, qui n'a jamais pu cesser de l'aimer et de lui en donner des marques; gracieux, affable et poli dans le commerce. »

A peine cet homme si bien doué et comblé de richesses at-il épousé une nièce du cardinal Mazarin, qu'il est transformé : « Il devint ridicule au monde *, insupportable au rt3i par les visions qu'il fut lui raconter avoir sur la vie qu'il menait avec ses mattresses^ Il se retira dans ses terres, où il devint la proie des moines et des béats, qui profitèrent de

1. Cette note a été publiée dans le tome IV des Mémoires de Saini^ Simon, p. 441-442.

2. Mémoires, t. IV, p. 8 : « Son goût le mettait en mauvaise compagnie. *•

3. On trouve encore, dans la note de M* le comte de Cbantérac, quelques autres rectifications sur la comtesse de Soissons et ses descendants.

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