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sa vie vécu avec les personnes du monde, qui toutes en avaient le plus, et des plus différentes sortes, en hommes et en femmes de tout âge, de tout genre et de tous personnages. » Parlant de Mlle de Fontange, qui fut un instant mattresse de Louis XIY, < Sa beauté, dit-il S la soutint un temps; mais son esprit n'y répondit en rien. Il en fallait au roi pour Tamuser et le tenir. » EnGn Saint-Simon n'a pas fait le portrait d'un prince dépourvu d'esprit lorsqu'il dit de Louis XIV ■ : c 11 parlait bien» en bons termes, avec justesse ; il faisait un conte mieux qu'homme du monde, et aussi bien un récit. Ses discours les plus communs n'étaient jamais dépourvus d'une naturelle et sensible majesté. >
Cet esprit que Saint-Simon prétend avoir manqué au roi n'était certainement pas le discernement des hommes. Si un heureux concours de circonstances plaça sous la main de Louis XIV des ministres et des généraux d'un esprit supérieur, des poètes et des orateurs de génie , n'est-ce pas un titre glorieux pour ce prince d'avoir su les encourager, les soutenir contre Tenvie, stimuler leur amour-propre, profiter de leurs luttes et faire tourner au profit de la France la rivalité de leurs intérêts et de leurs ambitions? Les réformes de Colbert furent attaquées avec un acharnement qu'attestent les pamphlets et les satires du temps; Louis XIV le défendit contre la haine et la jalousie. La rivalité de Colbert et de Louvois divisait la cour ; mais le roi savait les dominer en s'en servant. Molière était poursuivi par les faux dévots, par les marquis baffoués, par les précieuses livrées au ridicule; il trouva dans la faveur de Louis XIV un asile pour son génie. A qui donc Saint-Simon pourra-l- il persuader que ce prince, qui avait eu à sa cour Bossuet et Racine, Turenneet Condé, Boileau ei la Bruyère, redoutait la supériorité de l'esprit ? N'avait-il pas, au contraire, attiré tout ce que la France produisait d'hommes supérieurs, et faut-il lui imputer cette