Mémoires, t. XIU, p. 4. — 2. Ihid., XII, p
Stérilité qui suit, par une loi fatale, les époques de rare fécondité. Non-seulement Louis XIY avait encouragé les esprits éroinents de la belle époque de son règne ; mais il les recherchait même et tenait à s'en entourer. N'est-ce pas Fesprit de Mme de Maintenon qui fit goûter sa conversation par le roi et prépara son empire?
Quel est donc cet esprit dont Louis XIY se montra l'adversaire? Ce n'est pas, nous venons de le voir, la supériorité réelle qu'il rechercha toujours dans ses ministres, dans ses courtisans, dans ses généraux; c'est l'esprit frondeur, l'esprit de dénigrement qu'il poursuivit dans Saint-Simon comme dans Saint-Évremond. Notre historien l'avoue dans un passage où il parle de ses relations avec Louis XIV * : « Cette crainte et cette aversion si grande du roi pour l'esprit et pour les connaissances au-dessus du commun, on m'en fit un crime, qui, en toute occasion, se renouvela près de lui. > Or, l'esprit de Saint-Simon, ce n'est (nous l'avons vu) ni le génie de la guerre , ni celui de la politique; c'est un esprit d'opposition habile à saisir les faiblesses et les ridicules , mais impuissant à gouverner. Son beau-frère , Lauzun , avait un esprit de la même trempe ; il eut le même sort.
Quant à ses connaissances au-dessus du commun^ dont se vante Saint-Simon, et qu'il prétend lui avoir nui près de Louis XIY, elles consistaient surtout en détails curieux et minutieux de cérémonial et de généalogies. II accuse le roi d'ignorance et même d'absurdité pour n'avoir pas connu le degré plus ou moins avéré de noblesse de ceux qui l'entouraient. « n demeura tellement ignorant, dit-il', que les choses les plus connues d'histoires, d'événements, de fortunes, de conduites, de naissance, de lois', il n'en sut jamais