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3. Il est inutile d'insister sur cette bizarre accumulation de choses si différentes, d'un cdté les grands événemenis de Thistoire et de Tautre les généalogies, ici les lois, là les détails minutieux sur chaque Camille.
Zf^î, EXAMEN CRITIQUE
nn mot. il tomba, par ce défaut et quelquefois en public, dans les absurdités les plus grossières. M. de la FeuiUade, {riaignant exprès derant lui le marquis de fiesuel , qui fut tué depuis lieutenant général et mestre de camp général de It cavalerie, de n'avoir pas été chevalier de Tordre en 1661 , le roi dit avec mécontentement qu'il fallait aussi se rendre justice. Resnel était Clennont-Gallerandeoud'Amboise,et le roi, qui depuis n'a été rien moins que délicat là-dessus, le croyait un homme de fortune. De cette maison était Monglat, mattre de la garde-robe, qu'il traitait bien et qu'il fit chevalier de l'ordre en 1661 , qui a laissé de très-bons mémoires ^ Monglat avait épousé la fille du fils du ch^fncelier de Chevemy. Leur fils unique porta toute sa vie le nom de Ghevemy, dont il avait la terre; il passa sa vie à la cour (et j'en ai parlé quelquefois) ou dans des emplois étrangers. Ce nom de Chevemy trompa le roi, et il le crut peu de chose ; il n'avait point de charge, et ne put être chevalier de l'ordre. Le hasard détrompa le roi à la fin de sa vie. Saint-Hérem avait passé la sienne grand louvetier, puis gouverneur et capitaine de Fontainebleau, il ne put être chevalier de Tordre. Le roi, qui le savait beau-frère de Courtin, le conseiller d'État, qu'il connaissait, le crut par-là fort peu de chose. Il était Montmorin, et le roi ne le sut que fort tard par H. de la Rochefoucauld. Encore lui fallut- il expliquer quelles étaient ces maisons, que leur nom ne lui apprenait pas. >
En admettant ces faits que nous ne connaissons que par le témoignage de Saint-Simon , que peut-on en conclure? Que certains nobles ont été écartés par le roi des charges ou des honneurs publics. Qu'y a-t-il là d'étonnant, et où est la preuve que Louis XIV n'y ait pas été déterminé par des
l. Les mémoires de Monglat, publiés pour la première fois par le père Bougeant en 172'» (4 vol. in-12), ont été reproduits dans toutes les collections de mémoires sur l'hist. de France.
motifs indépendants de la naissance? Saint-Simon luimême insiste sur l'usage où était le roi de choisir ses principaux conseillers dans les familles roturières. Il est donc peu probable que ce prince ait été arrêté par la naissance des personnages que cite Saint-Simon, s'il eût été d*ailleurs convaincu de leur mérite. Enfin, en admettant même que le roi n'eAt pas eu ces connaissances minutieuses que Saint-Simon exige du souverain, Taccuserons-nous pour cela (ïignorance et d'absurdité? Louîs XIV se faisait une autre idée des devoirs imposés aux rois , il ne les croyait pas obligés de charger leur mémoire de toutes les généalogies. < Il ne faut pas vous imaginer, disait-il à son*filsS que les affaires d*Ëtat soient comme ces endroits épineux et obscurs des sciences qui vous auront peut-être fatigué. La fonction des rois consiste principalement à laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement sans peine . Ce qui nous occupe est quelquefois moins difficile que ce qui nous amuserait seulement. Tout ce qui est le plus nécessaire à ce travail est en même temps agréable; car c'est, en un mot, mon fils, avoir les yeux ouverts sur toute la terre, apprendre incessamment les nouvelles de toutes les provinces et de toutes les nations, le secret de toutes les cours, l'humeur et le faible de tous les princes et de tous les ministres étrangers, être informé d*un nombre infini de choses qu'on croit que nous ignorons, voir autour de nous-mêmes ce qu'on nous cache avec le plus de soin, découvrir les vues les plus éloignées de nos propres courtisans; je ne sais quel autre plaisir nous ne quitterions pas pour celui-là, si la seule curiosité nous le donnait. > On excusera peut-être un prince qui comprenait ainsi le métier de roi de n'avoir pas étudié à fond toutes les généalogies de la noblesse.
Louis XIV préférait à ces recherches érudites et aux saillies frondeuses un genre d'esprit d'une nature supérieure,