‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 180 sur 328 · Mémoirei de Louis XlV.i. H, p. 428 (édit. de M. Dreyss · texte numérisé non relu

Mémoirei de Louis XlV.i. H, p. 428 (édit. de M. Dreyss

l'esprit de suite et de conduite, le maniement des hommes et des choses, l'intelligence et la pratique des maximes de gouvernement. Ce genre d'esprit, Louis XIV l'avait à .un haut degré. Sans insister de nouveau sur l'habileté avec laquelle il sut choisir et diriger ses ministres, il suflQt, pour s'en convaincre, de consulter quelques-unes des pensées qu'U a consignées dans les mémoires écrits pour l'instruction desoo fils^ Il y a érigé en maxime la conduite qu*il tenait avec ses ministres* : « Tantôt le prince cherche à faire croître en eux l'opinion qu'ils ont de sa capacité , soit en leur faisant voir comment il sait pénétrer dans les plus secrets sentiments des houimes, soit en leur montrant corhme il sait trouver dans son propre fonds ce qu'on n'eût jamais pu lui fournir d'ailleurs. Tantôt il les intéresse à son service, ou en prévenant leurs désirs par des grâces qu'ils n'attendaient pas, ou en leur accordant avec facilité celles qu'ils désirent avec justice; et tantôt il les tient dans la retenue en leur faisant connaître qu'il ne serait pas sûr pour eux de sortir de leur devoir, ni de s'éloigner des bornes qu'il leur a prescrites , et en leur faisant voir qu*il n'est point d*obscurité si maligne qui soit à l'épreuve des lumières qu'il a de lui-même, et qu'il reçoit incessamment de toutes parts. Enfin , dans sa propre éc^momie, il trouve le moyen de profiter de ce qu'ils ont de bon sans rien souffrir de ce qu'ils pourraient avoir de mauvais; il sait les rendre utiles à ses affaires , sans qu'ils soient à charge à ses sujets; il sait leur faire part de ses grâces, sans les remplir de faste ni d'emportements; il sait leur don-

r. On a prétendu que ees mémoires n'avaient pas été rédigés par Louis XIV, et M. Dreyss, qui en a donné une édition revue soigneusement sur les manuscrits, a recherché avec beaucoup de sagacité quels avaient été les collaborateurs du roi. Mais ce qui reste incontestable, après les travaux tos plus minutieux, c'est que la pensée appartient bien au roi, et que le président de Périgny, Pellisson et les autres secrétaires que Louis XIV employa pour ce travail, ne faisaient que développer les notes qu'il avait fourmes et lui soumettaient leur rédaction.

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