Mémoires de Saint^imnn, t XII, p. 399. — 2. Ihid
exécutions, en quoi les généraux l'aidaient eux-mêmes pour plaire au roi. » Il y a encore là exagération. Ces guerres furent le résultat, comme nous l'avons vu, d'une politique qui ne fut pas toujours habilement dirigée, mais qu'on ne peut ravaler jusqu'à l'attribuer uniquement à un accès de vanité.
Le goût de la magnificence entraîna Louis XTV dans des dépenses qui, s'ajoutant aux sommes immenses que coûtaient des guerres longues et sanglantes, épuisèrent la France. Saint-Simon blâme avec raison les.proftisionsde ce prince. < H aima en tout, dit-il* , la splendeur et la magnificence. Rien, jusqu'à lui, n'a jamais approché du nombre et de la magnificence de ses équipages de chasse et de toutes ses autres sortes d'équipages. Ses bâtiments, qui les pourrait nombrer? En même temps, qui n'en déplorera pas l'orgueil^ le caprice, le mauvais goût? Il abandonna Saint- Germain, et ne fit jamais à Paris ni ornement ni commodité, que le Pont-Royal, par pure nécessité, en quoi, avec son incomparable étendue, elle est si inférieure à tant de villes dans toutes les parties de l'Europe. » Après avoircommencé par une critique judicieuse, Saint-Simon tombe, comme il lui arrive souvent, dans l'exagération. Comment peut-on soutenir que Paris n'a dû aucun ornement à un règne, qui a élevé la colonnade du Louvre, les Invalides, l'Observatoire, les portes triomphales Saint-Denis et Saint-Martin, qui a fait tracer et orner le jardin des Tuileries et les boulevards de Paris ' ? «Il n'y avait rien de grand ni de magnifique qu'il ne se proposât d'exécuter,! ditCh. Perrault* qui l'a secondé activement et habilement dans l'exécution de ses monuments. Je ne suivrai pas Saint-Simon dans la critique passionnée qu'il fait des constructions de Versailles, de Marly, deTrianon\ LaFrance, qui jouit encore des conquêtes de Louis XIV,