Premier valet de chambre du roi
Louis XIY continua, pendant les voyages qu'il fit en 1633, à se tenir au courant 4es moindres détail de 1k santé de. son petit-fils.
<« A vniers-CotereU, le 19 mars 1683.
«Vous m'ayez f^it plaisir en me mandant ({ue le duc de Bourgogne a une dent et que la nourrice est en bonne santé. J'espère que tout ira toujours de mieux en mieux et que vos soins suppléeront à tout ce qui pourrait arriver. Vous savez que j'y ai beaucoup de confiance et que je vous en donnerai des marques avec plaisir aussi bien que de mon amitié. «Louis.»
Cette même année, le roi visita FAIsace et los troupes qui y étaient campées, entre autres à Bauqumon ou Bouquenom (auj. arrondissement de Saverne, départem. du Bas -Rhin), n écrivait de ce camp à la maréchale de la Mothe:
« A Bouguenon, le 5"* juillet 1683.
« Je n'ai point d'inquiétude de la saaté dtt dae de Bourgogne; je suis assuré que vous avez tous les soins passibles de loi. Il n'y a rien d'extraordinaire à ce que vous me mandez de la nourrice. Nous serons si tôt a Versailles que, s'il arrive quelque chose, nous verrons ensemble ce qu'il y a à fliire. En attendant, soyez bien persuadée de l'estime et de Taraitié que j'ai pour vous. >
De retour à Fontainebleau , Louis XIY adresse le billet suivant à la maréchale :
!• A Fontainebleau, le 25 d*août 1683.
«Je ne vous ai pas fait plus tôt réponse n'ayant eu nulle inquiétude de l'incommodité de mon petit-iils, parce que vous m'aviez mandé que ce ne serait rien. Donnez-moi toujours de ses nouvel^s, quand il lui arrivera quelque chose, et soyez assurée de mon amitié. < Louis. •
Dans les trou billeU suivants^ te roi parle à larodréchale de la santé des ducs d'Anjou et defBèrry aveela méthé sollicitude qu'il avait montrée pour celle du Dauphin et du duc de Bourgogne. Lé duc d'Ai\iou (Philippe de France)élait né le 19 décembre 1^63. llfuldédaré roi d'Espagne^ ^^ous le nom de Philippe V, le 16 novembre 1700. Charles de France, duc de Berry, nacpiit à Versailles le 31 août 1686.
« k Condô, le 26 mai 16S4.
i Je vois par les deux lettres que vous m'avez écrites Télat où est mon^ petit-fils, le duc de Bourgogne» et parla dernière que l'on a été obligé de lui changer de nourrice. Je suis trèsper&aadéqud vous, et M. Fagon, avez fait ce qui était héMssaîre^ que je' ne peux qu'approuver le parti que vous aver pris '. M. Daquin m'a rendu compte de ce qu*on lui mande. J'espère que tout ira bien. Je sais les soins que vous avez et Inapplication continuelle de Fagon* Mandez-moi l'état où seront les enfants. Je sais bien que le duc d'Anjou se porte toiyourstrès-^bien^S^^ez assurée de la satisfacliOR que J'ai de vos soins et de l'amitié que j'ai pour vous.
s Louis. »
««A Chambord, le 28 septembre 1G84.
• Je ne vous écris ce billet que pour vous dire que j*ziifeçu tous les jours de vos lettres depuis mon départ et pour vous assurer que j*ai grande confiance à vos soins et à votre exactitude. Croyez que ce que vous faites me fait grand plaisir et que j'ai pour vous toule Testime et toute l'amiliâ que, vous pouvez désirer. * Louis. »
«Âu château devant le camp de Namur, le H juin 1692.
« Il y a longtemps que je sais les sentiments que vous avez pour moi et pour ce qui me touche. La joie que vous
1. La phrase csl légèrement incorrecte; le roi avait vouIu vcr\ t si pnsuadd,,,, gu€ je ne peux,...
DES MÉMOIRES DE BA'lNT^-SIMON. «09
avez de la prise de Natnur ne me snrpreni pas : vous éfes trop bonne Française pour ne vous pas réjouir de tous les boDheurs qui m'arrivent. Je ne laisse pas de vous en être bien obligé. Je me réjouis du bon état dans lequel est le duc de Berry. Gela ne me* surprend point cnchant les soins que vous en avez. Croyez que je vous en sais très -bon gré et que l'on ne peut pas avoir plus d'amitié et de considération
que j'en ai pour vous.
« Louis. »
Je n'a! pu assigner une' daté précise aux deux billets sui*vants adressés par Louis XIY à la maréchale de la Mothe. Cependant ou voit, par le texte, qu'ils doivent se rapporter aux premières années de la correspondance du roi avec la maréchale.
«A.Gouy, le 27 mars.
« Je suis très-aise que mes enfants se portent bien. La reine m'aniandé la même nouvelle que vous: elle lôie'pantfi sattsfiûte de Tétat où ils sont. Je sais que vous y donnez tous vos soins, comme vous Tavez toujours faît. C'est pourquoi je ne saurais que je ne sois très-content. Soyez assurée de mon amitié.»
«A Versai lies y ce dimanche au soir. *
« Je n*ai rien à ajouter à ce que vous mande Daquin par mon ordre, si ce n'est qu*en cas que mon fils ne puisse venir à Saînl-Gsriniin, vous y envoyiez ma fille. J'attends de vos nouvelles avec impatience. Faites en sorte que j'en reçoive avant neuf heures. Je ne vous dis rien de plus : car je crois que vous ne doutez pas des sentiments que j'ai pour vous.»
Le lecteur jugera si le prince qui a montré cette sollicitude pour la santé de ses enfants et qui écrivait, au milieu des plus graves préoccupations, des mémoires pour l'instruction du Dauphin, mérite les accusations d'égoïsme et de dureté fînvcrs sa famille que Saint-Simon ne lui a pas épargnées.