‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 209 sur 328 · Voy. le Journal étOUv. d'Ormesson, t. If, p · texte numérisé non relu

Voy. le Journal étOUv. d'Ormesson, t. If, p

k2k EXAMEN CRITIQUE

toujours pour les critiquer. II en ^umère quatre : 1* Point de premier ministre; 2» abaissement des grandes dignités et des parlements; 3* défiance h Tégard des grandes familles, que le roi tint systématiquement éloignées du gouvernement; 4* élévation des ministres choisis parmi les roturiers. Pour constater la véracité et le discernement de Saint-Simon dans cette énumération des maximes de gouvernement adoptées par Louis XIY, il suflGra de rapprocher les appréciations de cet historien des mémoires du roi et du témoignage de rhistoire.

Louis XIV déclare, comme le dit Saint-Simon, qu'il ne voulut jamais de premier ministre, et il indique en même temps à quels hommes il donna sa confiance et pour quelles raisons : « J'étais résolu» dit-il*, à ne prendre point de premier ministre et à ne pas laisser faire par un autre la fonction du roi pendant que je n'en aurais que le titre. Mais au contraire, je voulus partager l'exécution de mes ordres entre plusieurs personnes, afin d'en réunir toute l'autorité en la mienne seule. C'est pour cela que je voulus choisir des hommes de diverses professions et de divers talents, suivant la diversité des matières qui tombent le plus ordinairement dans l'administration d'un État, et je distribuai entre eux mon temps et ma confiance suivant la connaissance que j'avais de leur vertu ou deTimportance des choses que je leur commettais. Car dès lors je m'établis pour règle de travailler deux fois par jour à l'expédition des affaires ordinaires, ne laissant pas de m'appliquer en tout autre temps à ce qui pouvait survenir extraordinairement. Pour les matières de conscience, ceux dont je me servais le plus souvent étaient mon confesseur *, l'archevêque de Toulouse ', les évèques de Rennes et de Rhodez \ Quand j'avais à régler quelque

1. Mémoires de Louis XIV, t. II, p. 385 et suiv. (édit. Dreyss).

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