Le père Annat. — 3. Pierre De Marca
4/ L'ôvèque de Rodez était Beaumont de Péréfîxe, plus tard archeTêque de Paris.
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afiaire de justice, je la communiquais au chancelier K Pour les dépêches ordinaires du dedans du royaume et pour les ptacets, que je recevais alor.^ f n très-grand nombre à cause du désordre que l'on avait jf- té dans toutes choses, je donnais aux secrétaires d'État dpux jours chaque semaine. Mais dans les intérêts les plus importants de l'État et les affaires secrètes, qui seules demandaient plus de temps et plus d'application que toutes les autres ensemble, ceux dont je crus me pouvoir mieux servir pour lors furent Le Tellier, Fouquet et Lyonne. Car pour Le Tellier, outre que le cardinal Mazarin m'avait dit souvent que, dans les occasions délicates, il avait reconnu sa suffisance et sa fidélité, je les avais aussi plusieurs fois remarquées moi-même, et je voyais que la charge de secrétaire d'État exercée par lui depuis vingt ans lui avait donné une connaissance fort grande des affaires. Ce même cardinal m'avait aussi parlé Tort avantageusement de Lyonne, et je savais que pas un de mes sujets n'avait été si souvent employé que lui dans les négociations étrangères. Pour Fouquet, l'on pourra trouver étrange que j'aie voulu me servir de lai, quand l'on saura que dès ce temps-là ses voleries mVtaient connues; mais je savais qu'il avait de Fesprit et une grande connaissance du dedans de l'État : ce qui me faisait imaginer que, pourvu qu'il avouât ses fautes passées et promit de se corriger, il pourrait me rendre de bons services. Mais cependant pour prendre avec lui mes sûretés, je lui donnai, dans les finances, Colbert comme contrôleur, . homme en qui j'avais toute la confiance possible parce que je savais qu'il avait beaucoup d'application, d'intelligence et de probité. >
Saint-Simon approuve avec raison la résolution que prit Louis XIV de gouverner par lui-même '; mais il ne fait pas rpssortir le discernement avec lequel le roi choisit ses conseillers habituels, écartant Brienne, la Vrillière, Duplessis-
1. Pierra Séguiar. «- 2. Mémoires de SaitUSimont t XII, p. 3S6.
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fiuénégaud, . pour concentrer les affaires d*État en quelques mains habiles et expérimentées^ et assurer ainsi le secret dans les résolutions et la promptitude dans Texécution. Il n'est occupé que de la naissance obscure des ministres et s'indigne de voir Louis XIV les choisir systématiqueaient hors de la noblesse et les élever au-dessus des plus grands seigneurs : < Il sentait bien, dit-il S qu'il pouvait accabler on seigneur sous le poids de sa disgrâce» mais non pas l'anéantir, ni les siens, au lieu qu'en précipitant un secrétaire d*État de sa place, ou un autre ministre de la même espèce, il le replongeait lui et tous les siens dans la profondeur du néant d'où cette place l'avait tiré. C'est là ce qui le faisait se complaire à faire régner ses ministres sur les plus élevés de ses sujets. C'est aussi ce qui éloigna toujours du ministère tout homme qui pouvait y ajouter du sien ce que le roi ne pouvait ni détruire ni lui conserver; ce qui lui aurait rendu un ministre de cette sorte en quelque façon redoutable et continuellement à charge. »
Saint-Simon a bien exprimé dans ce passage la pensée qui inspira Louis XIV, lorsqu'il écartait systématiquement du pouvoir les personnages d'une haute naissance. Les mémoires de ce prince en font fol : < Je crus, dit-il', qu'il n'était pas de mon intérêt de chercher des hommes d'une qualité plus éminente, parce qu'ayant besoin sur toutes choses d'établir ma propre réputation, il était important que le public connût par le rang de ceux dont je me servais, que je n'étais pas en dessein de partager avec eux mon autorité et qu'eux-mêmes sachant ce qu'ils étaient ne conçussent pas de plus hautes espérances que celles que je leur voudrais donner : précaution tellement nécessaire qu'avec cela même le monde fut encore assez longtemps sans me pouvoir bien connaître. >
Mais en même temps que Louis XIV concentrait toute la
1. Mémoiret, t. xn, p. 403. — 2. Mémoires de Louu IIY, t. II, p. 391.
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puissance dans ses mains, il était loin de méconnaître les devoirs de la souveraineté. Il rappelle à son fils* qu'on le vit toujours écouter les prières et les plaintes de ses moindres sujets, savoir le nombre de ses troupes et l'état de ses places, u*atter immédiatement avec les ministres étran-* gers, recevoir les dépêches, faire lui-même une partie des réponses et donner à ses secrétaires la substance des autres; régler la recette et la dépense de l'État ; se faire rendre compte directement àlui-mémeparéeuz qui étaient dans des emplois importants; tenir les affaires secrètes; distribuer les grâces par son propre choix ; conserver en lui seuftoùte l'autorité et tenir ceux qui le servaient le mieux dans une condition fort éloignée de l'élévation des premiers ministres.
Saint-Simon, dans son indignation contre les parvenus, accuse Louis XIV d'avoir abaissé sous l'autorité des ministres les grandes dignités, qui ne forent plus qu'une parure de la royauté. Déjà Richelieu ayait supprimé la charge de connétable. Louis XIV abolit celle de colonel général de l'infanterie française. Les gouverneurs furent tenus dans une dépendance nécessaire à l'exercice du pouvoir souverain. Les parlements furent contraints de se borner à rendre la justice sans se mêler des affaires d'Ëtat, qu*ils avaient si tristement dirigées pendant la minorité de Louis XIV. En un mot Tordre et l'unité succédèrent aux agitations anarchiques qui avaient signalé la période précédente. Saint-Simon déplore cette concentration de la puissance souveraines- Mais tout en reconnaissant que Louis XIV l'a portée à l'excès, nous ne pouvons qu'approuver sa conduite pour réprimer la turbulence des grands : c On doit demeurer d'accord, dit-iP, qu'il n'est rien qui établisse avec Unt de sûreté le bonheur et le repos des provinces que la parfaite réunion de toute
1. Mémoires de louù IIY, t. Il, p. 392-393.-2. Mémoires de Sainte Simùti, t. XII, p. 435-436.