‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 212 sur 328 · RÉSUMÉ DU RÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU RÈGNE DE LOUIS XIV

Omissions de Saint-Simon dans son résumé de Pensemble du règne de Louis XIV : il n'a pas parlé de la politique extérieure, qui fut liabilement et glorieusement dirigée par de Lyonne. — Il a omi? également les réformes opérées dans les finances, la prospérité de la marine, des colonies, du commerce et de Tindustrie française pendant la seconde période du règne de Louis XIV. — Saint-Simon a passé sous silence les réformes judiciaires accomplies durant cette époque. — Il ne dit rien non plus de la conduite de Louis XIV

à l'égard du clergé ni des encouragements donnés aux lettres, aux sciences et aux arts.

Si Saint-Simon se iût bomé à retracer le tableau des vingt dernières années de Louis XIV, il serait injuste de }ui reprocher d'avoir omis et les succès de la diplomatie de ce prince et ses réformes administratives. Mais il a voulu résumer et juger l'ensemble du règne; il a consacré près d'un volume à cette appréciation. C'est un devoir pour la critique d*y signaler des omissions capitales. Ainsi Saint-Simon, qui fait un grand éloge du ministre de Lyonne, ne dit pas un mot des résultats des négociations qu'il dirigeait, ni surtout de la pensée politique qui inspirait Louis XIY % et qu'il a exprimée dans ses mémoires. Ce prince y trace d'abord un tableau de l'Europe en 1661, époque où il commença à: gouverner par lui-même : « L'Espagne, ditriP, ne pouvait se remettre si promptement de ses grandes pertes; elle était non-seulement sans finances, mais sans crédit, iocapable d'aucun grand effort' en matière d'argent ni d'hommes, occupée par la guerre de Portugal qu'il m'était aisé de lui rendre plus difficile, et que la plupart des grands du royaume étaient soupçonnés de ne vouloir pas finir. Le roi * était vieux, d'une santé douteuse; il n'avait qu'un seul fils en bas âge et assez infirme ; lui et son ministre, di»n Louis de Haro, appréhendaient également tout ce qui pouvait ramener la guerre, et elle n'était pas, en effet, de leur intérêt, ni par l'état de la nation, ni par celui de la maison royale. Je ne voyais rien à craindre de l'empereur*, choisi seulement parce qu'il était

1. Il ne peut être question ici de tracer un tableau complet du rogne de Louis XIV. Je dois me borner à signaler les omissions de Saint-Simon. On trouvera les détails dans les ouvrages spéciaux, tels que les Négoeiatùmt pour la succession d'Espagne par M. Mignet, VHisUrire de Colbert par M. P. Clément, YHist. de France de M. H. Martin, t. XIII, etc.

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