Philippe IV
4. L'empereur était, depuis 1657, Léopold I**^, de la maison d'Autriche.
de la maison d'Autriche^ lié en mille sortes par une capitulation avec les États de TEmpire, peu porté de lui-même à rien entreprendre, et dont les résolutions suivraient apparemment le génie plutôt que l'âge ou la dignité. Les électeurs, qui lui avaient imposé des conditions si dures, ne pouvant presque douter de son ressentiment, vivaient dans une continuelle défiance avec lui. Une partie des autres princes de l'Empire étaient dans mes intérêts ^ La Suède n'en pouvait avoir de véritables ni de durables qu'avec moi ; elle venait de perdre un grand prince ^, et c'était assez pour elle de se maintenir dans ses conquêtes durant lenfance de son nouveau roi. Le Danemark, affaibli par une guerre précédente avec elle^ ne pensait plus qu'à la paix et au repos. L'Angleterre respirait à peine de ses maux passés, et ne ciiercbait qu*à affermir le gouvernement sous un roi nouvellement rétabli ', porté d'ailleurs d'inclination pour la France. Toute la politique des Hollandais et de ceux qui les gouvernaient * n'avait alors pour but que deux choses : entretenir leur commerce et abaisser la maison d'Orange ; la moindre guerre leur nuisait à l'un et à l'autre, et leur principal support était en mon amitié. Le pape' seul en Italie, par un reste de son ancienne inimitié avec le cardinal Mazarin, conservait assez de mauvaise volonté pour les Français; mais elle n'allait qu'à me rendre difficile ce qui dépendrait de lui, et qui m'était au fond peu considérable. Ses voisins n'auraient pas suivi ses desseins, s'il en eût formé contre moi. La Savoie, gouvernée par ma tante*, m'était très-favorable. Venise, engagée dans une guerre contre les Tturcs, entretenait avec soin mon alliance, et espérait plus de mon secours