‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 218 sur 328 · Anciennes lois françaises , t. XVIII, p · texte numérisé non relu

Anciennes lois françaises , t. XVIII, p

collecte, mais encore de ce qu'ils devraient légitimement porter, aux dépens des misérables. » Pour mettre un terme à ces abus, une ordonnance de 1664 * révoqua toutes les lettres de noblesse accordées depuis 1634, sauf le cas de services signalés. Ces privilèges, dit le préambule, avaient été accordés < au préjudice de plusieurs paroisses, incapables depuis lors de payer leurs tailles, à cause du grand nombre d'exempts qui recueillaient les principaux fruits de la terre, sans contribuer aux impositions dont ils devaient payer la meilleure partie. >

lArecherchô des faux twbles^ qui furent mis à la taille, eut d'importants résultats. Dans la seule Provence, on découvrit douze cent cinquante-sept usurpateurs de titres et exemptions de noblesse. Les amendes, dont on frappa ces faux nobles dans toute la France, s'élevèrent à deux millions ; mais le principal fruit de cette mesure fut le soulagement du peuple, puisque la taille fut diminuée de vingt miUions par suite de l'augmentation du nombre des contribuables. Les exemptions, dont certaines localités jouissaient en vertu d'anciens privilèges, furent également supprimées, spécialement dans le Boulonnais, où ces abus remontaient jusqu'au temps où les Anglais occupaient Calais *. Ces réformes produisirent une diminution de vingt-cinq millions d'impAts en faveur des contribuables, sans appauvrir le Trésor. Colbert eût voulu faire plus et établir, pour la perception de la taille, un mode de répartition plus équitable, en substituant la taille réelle à la taille persannelley la taille assise sur les propriétés non nobles à la taille assise sur les ressources des contribuables, arbitrairement évaluées. Poiu* y parvenir, il fallait constater par un cadastre la valeur réelle des terres. Colbert fit commencer cette opération en 1666, et elle fut achevée, en 1669, pour la généralité de Montauban, où l'on établit la

I. Afuienneiloii françaises , t. XVIII, p. 41. î. Œuvres de Louis XlV, t. I, p. 213.

taUU réelle. Les guerres empêchèrent d'étendre le cadastre et, par suite, la taille réelle à toute la France; mais l'expérience réussit pleinement pour Montauban, et un écrivain du dix-huitième siècle affirme que dans les derniers temps du règne de Louis XIV, la prospérité de cette généralité contrastait avec l'état misérable de la plupart des autres provinces * .

La gabelle qui, comme la taille, pesait principalement sur le peuple, fut aussi diminuée . L^es aides, ou impôts sur les denrées subirent également des réductions qui furentamplement compensées par raccroîssement de la consommation. L'exemtiond'impétspourleschers de familles nombreuses contribua à augmenter la population '. La fabrication des monnaies ne fut plus affermée, mais exercée directement par l'État. Toutes ces mesures eurent pour résultat le soulagement du peuple; et Colbert, par sa vigueur, par son intégrité, par son génie administratif, résolut le problème le plus difficile : il accrut les revenus publics, tout en diminuant les impôts.

Colbert travaillait aussi à réformer les abus graves et nombreux de l'administration financière dans les villes et provincea. Les octrois étaient absorbés plusieurs annéesd'avance, et l'accroissement des dettes municipales faisait craindre une banqueroute. Colbert soumit la comptabilité des villes à la surveillance de TÉtat '. Il ordonna que les cités qui auraient des députations à lui envoyer choisissent d'autres représentants que les mah*es, échevins ou consuls. « Les voyages des échevins, qui venaient faire la poursuite des affaires municipales consommaient, dit le préambule de l'ordonnance, la plus -claire et la plus considérable partie des octrois ^ » Colbert se fit remettre T^tat général des dépenses et des revenus des communes avec les baux des dix dernières années,

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