‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 221 sur 328 · Ms. Bibl. imp. des 500 Colbert, n" 204, f 98, recto · texte numérisé non relu

Ms. Bibl. imp. des 500 Colbert, n" 204, f 98, recto

avantage pour diverses raisons qui seraient trop longues à vous déduire, néanmoins, comme il est important au roi de savoir les démarcties que lesdits Hollandais font de toutes parts, Sa Majesté m'a ordonné de vous écrire ces lignes pour vous dire qu'elle désire que vous vous informiez soigneusement et secrètement, si lesdits Hollandais traitent sur ce point avec lesdits princes ou non , et en même temps que vous vous informiez aussi de la quantité et qualité des péages qui se lèvent sur cette rivière depuis Brisach jusques à ce qu'eUe entre dans le pays de l'obéissance des États-Généraux \, des noms des princes à qui ils appartiennent, de combien ils sont, soit par chaque cent de marchandises ou de foudres ou de tonneaux de vin ; que vous fassiez, s'il est possible, la réduction des mesures et des espèces à celles du royaume, et enfin que vous fassiez un tel éclaircissement sur tous ces points que Sa Hsyesté en puisse être clairement et sûrement informée par les mémoires que vous m'enverrez.

« II serait même très-avantageux que vous puissiez savoir, s'il était possible, la quantité de foudres de vin et d'autres marchandises qui passent en chaque péage par chaque année. Vous pouvez vous adresser à trois ou quatre marchands différents pour avoir ces éclaircissements. Mais, comme il est très^important que qui que ce soit ne pénètre pour queUe raison vous les recherchez, prenez toutes les précautions nécessaires pour vous cacher, et, si vous estimez à propos peur y mieux parvenir que vous fassiez quelque voyage vers le Bas-Rhin, Sa Majesté m'ordonne de vous dire que vous pouvez prendre quelque prétexte spécieux pour le faire.

« Il sera bon que vous remarquiez aussi dans vos mémoires les lieux où sont les plus grands vignobles et les meilleurs, et les provinces et pays où lesdits vins se consomment ordinairement. »

1 . On désignait sous ce nom les Provinces-Unies des Pays-Bas.

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Golbert, dans ses efforts pour ranimer le commerce français et rélever au-dessus de celui des nations voisines, avait surtout à lutter contre la Hollande et l'Angleterre. Avec ces nations, il n'y avait pas de transaction possible. Il protégea contre elles l'industrie nationale et la marine française par des tarifs de douane, que la science moderne peut critiquer, mais qui favorisaient les premiers développements de l'industrie française et lui permettaient de lutter contre des peuples qui avaient une supériorité marquée. Les lettres du ministre à Golbert, ambassadeur en Angleterre % et à M. de Pomponne, ambassadeur en Hollande *, annoncent ime résolution inébranlable de maintenir les tarifs protecteurs. Il n'en est pas de même avec des pays en décadence, ou dont l'industrie est encore arriérée. A l'Italie, Golbert s'efforce de ravir son industrie de glaces et de soieries*; il continue l'œuvre de Sully, et en assure le succès en ouvrant des débouchés aux produits de l'industrie française *. Mêmes efforts en Espagne et en Portugal '. Sur les bords du Rhin et en Allemagne, il assure sécurité aux marchands français*. Dans le Levant, il obtient des conditions aussi avantageuses que celles des nations les plus favorisées ^ Golbert et son fils Seignelaj s'occupèrent avec la même activité de relever la marine française que le cardinal Mazarin avait laissé dépérir. Sous leur impulsion, elle devint la première du monde *.

Ge gouvernement habile et ardent pour toutes les heureuses innovations ne se borna pas à développer la richesse nationale; il n'ignorait pas que l'autorité de la loi, le respect de la

1. Bibl. imp. Ms. 204 des 500 de Golbert, f« 9, 18, 54, 60, 66, 74, 100, 118, etc.

2. Ilnd., ^• 11, 31, 44, 51, 53, 62, 70, 71, 93, 99, 124, etc.

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