Ihid., t^ 150, 182, 192, 214, 228, 241, 243, etc
• 7. /6td., f 42, 77, 120, 121, 263, 264, 307, 308, 309, etc. 8. Voy. pour les détails VUistoirede Coibertt par M. P. aéinent.
religioDy le culte des lettres, des sciences et des arts, en un mot, les forces morales d'un État sont encore plus importantes pour sa grandeur et sa gloire que la puissance matérielle. Louis XIY s'occupa, dès le début de son gouvernement personnel, de la réforme des lois. Restreindre l'autorité des parlements lui parut utile après les excès de la Fronde; mais il n'usa pas de violence à leur égard et il leur laissa toute leur puissance comme dispensateurs de la justice. Il s'efforça seulement d'abréger la lenteur des procédures et de donner plus d'unité à la législation. Saint-Simon ne dit pas un mot de ces réformes législatives, qui furent une des gloires du règne de Louis XIV. Il faut encore ici suppléer à son silence.
Le 15 mai 1665, Colbert remettait au roi un mémoire qui prouve qu'il avait l'intention d'introduire l'unité dans la l^slation de la France. Il insistait sur la gloire d'une réforme complète qui eût établi dans toute la France vne mime lai^ un même poids et une même mesure, « Ce serait assurément, dit-il à Louis XIV, un dessein digne de la grandeur de Votre Majesté, digne de son esprit et de son Age. > Il aurait voulu rendre ce corps d'ordonnances aussi complet que celui de Justinien pour le droit romain. Ces idées étaient trop absolues pour son temps. Forcé de se restreindre aux réformes possibles, Colbert conseilla à Louis XIV de nommer une commission de conseillers d'État et de maîtres des requêtes pour préparer les modifications législatives. Il y plaça son oncle Pussort, que Saint-Simon a peint avec une vérité saisissante : « C'était un grand homme sec, d'aucune société, de dur et difficile accès, un fagot d'épines, sans amusement et sans délassement aucun. Parmi tout cela, beaucoup de probité, une grande capacité, beaucoup de lumières, extrêmement laborieux et toujours à la tête de toutes les grandes commissions du conseil et de toutes les affaires importantes du royaume. »
Le Journal d'Olivier d'Ormesson donne des détails précis
sur les réunions de cette commission S ie rôle personnel de Louis XIV dans ces trayaux législatifs, les conférences des députés du parlement avec les commissaires *, enfin Tenregistrement des différents codes* et les difficultés auxquelles donna lieu Tapplication des nouvelles lois \ Je me bornerai k renvoyer pour les détails à cet ouvrage, rédigé par un contemporain honnête et éclairé. Il ne voit pas, il est vrai, la grandeur de cette réforme qui embrasse toutes les lois, code civil, code forestier, code de commerce et enfin code naù- ou colonial. Mais si les atteintes portées à la magistrature le touchent trop vivement pour qu'il conserve la liberté de son jugement, il nous permet, par les détails mêmes qu'il donne, de rectifier ses erreurs.
Pour nous , étrangers aux préjugés des contemporains, nous sommes frappé surtout de la pensée d'unité qui perce partout, et qui allait bientôt détruire la multitude de lois et de coutumes, débris du moyen Age. On voit que Louis XIV se fait violence lorsqu'il respecte les coutumes locales. < Noos eussions eu beaucoup de satisfaction, dit le préambule d'une de ces ordonnances % si nous avions pu rendre la législation uniforme dans le ressort de nos deux cours (de Paris et de Rouen). » Ne pouvant réaliser entièrement cette pensée d'unité législative, Louis XIV établit du moins une procédure uniforme, obligatoire pour tous les tribunaux *. Il prescrivit la tenue régulière des actes de l'état civil et leur dépôt au grefife de chaque tribunal ^; il réforma des abus invétérés, et entre autres les enquêtespar turbes.
Les Grands jours tenus dans les provinces par les commissaires royaux y firent respecter les lois, que les petits tyrans
1. Journal d'Olivier d'Ormesson, t. II, p. 396, 399> 400, 401, etc.