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féodaux foulaient aux pieds. Les mémoires sur les grands jours de «"lermont par Fléchier ont signalé les abus qui se perpétuaient avec impunité dans les montagnes d'Auvergne. Une commission du parlement de Toulouse tenait dans le même temps les gi ands jours du Puy pour la province de Velay. La correspondance manuscrite du chancelier Séguier* fournit quelques renseignements sur cette commission judiciaire. Une lettre autographe de Golbert au chancelier lui transmet les ordres du roi h ce sujet :
if A Vincennes, le 26 août 1666.
« Le roi m'ordonne de dire à monseigneur le chancelier qu'ayant reçu perpétuellement des plaintes des violences et assassinats qui se commettent dans les provinces de Vivarais, Velay« Gévaudan, haut et bas Languedoc, Quiercy etRouergue et autres ressorts du parlement de Toulouse , Sa Majesté a estimé nécessaire de faire tenir une chambre des grands jours par les officiers dudit parlement dans la ville du Puy-en-Velay. Pour cet effet, Sa Majesté désire que mondit seigneur prenne, s*il lui platt, la peine de sceller toutes les expéditions qui lui seront présentées pour cet effet par M. Foucault.
< Je suis toujours, avec le respect que je dois, son trèshumble et très-obéissant serviteur,
« GOLBBRT. «
Un des commissaires des grands jours, M. de Pieubet, écrivait, du Puy au chancelier, le 26 octobre 1666 *, « qu'ils n'omettaient rien pour faire reconnaître l'autorité des lois dans un pays où elles étaient entièrement affaiblies. » Un mémoire annexé annonçait que plus de quatre-vingts prisonniers avaient déjà été conduits dans la ville du Puy. H. Tubeuf, maître des requêtes, rendait aussi compte au chancelier des
1. T. XLI des mfts. Séguier Biblothèque, I., ^ 67. 5. Correspondance de Séguier^ ibid.y ^ W
mesures adoptées par Ja commission du Puy ^ Son mémoire signale quelques-uns des abu^s que les commissaires avaient répriaiés, tels que Tusage adopté par les seigneurs de faire payer en argent les corvées dues par leurs vassaux, la percepti(Hi d'impôts sur les routes et au passage des rivières,etc. Le clergéy puissant et honoré, fut encouragé et contenu. Louis XIY avait réussi à pacifier TÉglise, que des querelles intestines troublaient depuis longtemps. Arnauld avait reparu à la cour, où il reçut l'accueil le plus flatteur '. H écrivait, avec Nicole, le traité de la Perpétuité de la Foi, pendant que Bossuet composait l'Exposition de la doctrine de l'Église calho^ ligue et faisait retentir la chaire des plus sublimes accents. Jamais le clergé n'avait eu des représentants aussi émineots. Jamais l'union entre là puissance religieuse et l'autorité royale n'avait éti^ aussi complète, et cependant Louis XIV, fidèle aux traditions de ses ancêtres, ne souffrait aucun empiétement du spirituel sur le temporel. Il avertissait même son Sis que les biens du clergé ne devaient pas rester inutiles pour l'État. « Il est bon, lui disait-il ^ de leur faire comprendre que ces grands biens qu'ils occupent ne leur ont pas été donnés en propre pour en accumuler les revenus, mais par manière d'économat pour en user charitablement envers ceux qui en ont besoin. Ils ne doivent pas faire difficulté à en employer une légère portion à contribuer aux nécessités de l'État, puisque c'est d'autant diminuer les charges de leurs compatriotes. Il est nécessaire de leur faire voir que tant de pauvres familles sur qui les tailles sont assises sont un digne objet de leurs charités, et qu'ainsi ce qu'ils allèguent touchant la destination particulière des fonds dont ils jouissent est plutôt un prétexte recherché pour s'exempter de bien faire qu'une véritable délicatesse de conscience ; que des trois membres qui composent la monarchie, la noblesse ne con-