Mémoires de Louis XlVy t. Il, p. 80 pt saiv
DES MEMOIRES DE SAINT-SIMON. khi
tribue pas seulement de sa peine et de son sang dans lés fonctions militaires, mais tient à gloire d'employer la meilleure partie de ses revenus à subsister honorablement dans les armées et à faire des équipages de guerre; que le peuples qjji possède le moins de biens de l'État, est celui qui fournit presque seul aux charfçes publiques, n'y consumant pas seulement les fruits de ses héritages,, mais une bonne partie de ce qu'il peut gagner par son travail, etqu'il ne serait pas juste que les ecclésiastiques fussent seuls h ne rien fournir aux be*soins communs et voulussent jouir dans une abondance trop commode du repos et du loisir qui serait acquis aux dépens de tous les autres. »
La même pensée dirigea le roi , lorsqu'il entreprit , en 1666, de restreindre le nombre des couvents, qui avaient pris, depuis le commencement du dix-septième siècle, un développement excessif. Quelques-uns, dévoués au travail intellectuel, à l'enseignement et au service des malades, avaient une utilité incontestable; mais il y en avait d'autres, et de fort riches, qui vivaient dans loisiveié. On comptait en France quatre-vingt-sept mille moines et quatre-vingt mille religieuses, outre le clergé séculier, qui se composait de plus décent mille ecclésiastiques. Les fêtes s'étaient multipliées et enlevaient beaucoup de temps au travail. L'archevêque de Paris retrancha dix-sept fêtes, et quoique le peuple s'obstinât d'abord à les célébrer, cette réforme tinit par triompher. Quant aux monastères, Golbert voulait en réduire le nombre. 11 disait au roi, dans le mémoire cité plus haut^ : < Les moines et religieuses, non-seulement se soulagent du travail qui irait au bien commun, mais même privent le public de tous les enfants qu'ils pourraient produire pour servir AUX fonctions nécessaires let utiles. Pour cet effet, il serait peut-être bon de rendre les vœux de religion un peu plus difficiles et de reculer l'Age pour les rendre valables,