Histoire de Louvois, ibid.y p
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per la vigilance des commissaires des guerres; les jours de revue, on faisait paraître des soldats postiches, appelés passe-volants. Gomme le recrutement était abandonné aux officiers , le commissaire ne connaissait pas le nom des soldats y désignés le plus souvent , par quelque sobriquet. Des valets d'armée, des marchands à la suite des troupes, et même des soldats que les capitaines se prêtaient pour les revues, figuraient dans les compagnies, et les capitaines touchaient la solde pour ces passe-volants. « Il me semble, écrivait le duc de Luxembourg à Louvois * , qu'il faut s'en prendre directement aux capitaines de la hardiesse qu'ils ont de montrer leurs compagnies si fortes pour le payement et si faibles dans le service. > La dilapidation des deniers publics n'était pas le seul inconvénient qui résultait de l'abus des passe-volants. Les armées étaient loin de présenter en réalité le nombre de soldats, sur lesquels on avait compté au début dune campagne. Pour expliquer rinfériorité numérique, les capitaines se rejetaient sur les maladies, et principalement sur les pertes éprouvées dans les batailles.
Tous ces abus appelaient une prompte et sévère répression : il fallait mettre un terme aux malversations des capitaines qu'encourageait trop souvent la connivence des mestres de camp ou colonels, supprimer les passe- volants , assurer la solde , la nourriture et l'armement des troupes. De là les ordonnances qui punissaient de mort les passe-volants^pn^ nonçaient l'interdiction des capitaines qui les avaient fait paraîire dans les revues et récompensaient les dénonciateurs. De là surtout l'institution, en 1668, des inspecteurs militaires, dont l'autorité, supérieure à celle des commissaires des guerres, devait assurer l'exécution des mesures adoptées par Louvôis. Ils étaient chargés de s'assurer que les compagnies étaient composées d'hommes Ciipables de servir,
l. Histoire de Louvois, par M. CamiUe Rousaet, p. 170. *2. Ordonnance du 15 juillet 1667. Le châtiment varia dans la suite. Voy. V Histoire de Louvois par M. Camille Roussel, U I, p. 198.
et dont les armes et les vêtements étaient en bon état , enfin de constater la régularité des exercices militaires et le respect de la discipline*. Grftce à ces inspections, les ordonnances, qni sont trop souvent lettre morte, furent ponctuellement exécutées. Défense de s'écarter des garnisons * , répression énergique des désordres * , fixation précise de ce que pouvaient exiger les soldats en marche *, prescriptions minutieuses sur l'ordre des campements, sur le matériel et les approvisionnements militaires % rien ne fut négligé pour régulariser les mouvements de l'année et protéger le bourgeois et le paysan contre les violences de la soldatesque. Les armées eurent des chariots pour le transport des vivres et du matériel , des ambulances pour les blessés *.
Saint-Simon, malgré sa partinlité contre Louvois, est forcé de proclamer l'habileié de ce ministre pour l'entretien dçs troupes : < Il les distribuait avec grande connaissance , suivant leurs besoins , en des lieux où le soldat gagnait sa vie et le cavalier se raccommodait. Il avait la même attention et les mêmes ménagements pour les orficiers , qu'il rétablissait de même parles avantages des postes ou des quartiers d'hiver. C'est ce qu'il réglait lui-même et sans y paraître le moins du monde par des ordres secrets aux intendants. Il avait l'œil attentif à une exécution précise. »
Ce que Saint-Simon ne pardonne pas à Louvois , c'est d'avoir astreint la jeune noblesse à un service régulier et de l'avoir formée à la discipline en la faisant passer par VécoU de^ cadets, « Sous prétexte, dit-iF, que tout service est rai-
1. Voy. les lettres citées par M. Camille Rousset, t. 1, p. 207-212 de rJ7ûtoiu âê LoutcU,