Ibid.y p. 444 et
créature^), et même les familles de ces créatures dont ils pouvaient s*appuyer beaucoup; que ce choix de faire marcher qui ils voulaient à Tarmée était nécessaire avant ce sage établissement de l'ordre du tableau qui mettait tout en la main de Sa Maje^^té; mais que désormais, l'ayant établi, il devait s'étendre à tout et ne plus laisser de choix aux généraux d'armée; qu'il fallait donc que les officiers généraux et particuliers, qui prenaient jour ou qui étaient de piquet, en pareil ^rade, les uns après les autres suivant leur ancienneté, marchassent de même pour les détachements sans en intervertir Tordre à la volonté du général, et ôter par cet unisson tout lieu aux jalousies, et aux généraux de pousser et de reculer qui bon leur semblait.... l'essentiel est que cette règle est devenue la perte de l'école de la guerre, de toute instruction , de toute émulation. Il n'y a plus où ni de quoi apprendre, plus d'intérêt de plaire aux généraux, ni de leur être d'aucune utilité par son application et sa vigilance. Tout est également sous la loi de Tancienneié et de l'ordre du tableau. On se dit qu'il n'y a qu'à dormir et faire rie à rac son service et regarder la liste des date», puisque rien n'avance que la date seule. »
Ces assertions de Saint-Simon sont loin d'être incontestables: d'abord l'ordre du tableau, qui prenait l'ancienneté pour base de l'avancement hifîrarchique dans les grades supérieurs de l'armée, n'excluait pas les autres causes d'avancement. Le mérite et les services exceptionnels passaient avant l'ancienneté ^ Saint-Simon ne pouvait pas l'ignorer^ puisqu'il se vit préférer, pour le grade de brigadier, trois colonels plus jeunes que lui. Ensuite la correspondance de Louvois avec le maréchal de Duras prouve que l'ordre du tableau n'empêchait nullement les généraux de choisir les officiers qu'ils préféraient pour le commandement des déta-