BiUoirê dt Laufxns, par M. Camille Bousset, t. H, p
chements. Ce ministre écrivait au maréchal le 30 juillet 1689*: < Sa Majesté m'a commandé de vous renouveler ce qu'elle vous a expliqué elle-même de ses intentions, avant votre depart, à l'égard des détachements que vous auriez à faire, pour le commandement desquels elle vous défend de nommer les officiers généraux par leur rang, mais bien de choisir ceux que vous croiriez les plus capables de bien exécuter les ordres que vous leur donnerez. »
Saint-Simon attaque avec plus de raison la vénalité des charges que Louvois laissa subsister dans l'armée. «Cette vénalité, dit-il, est une grande plaie dans le militaire et arrête bien des gens qui seraient d'excellents sujets. C'est une gangrène qui ronge depuis longtemps tous les ordres et toutes les parties de l'État. » La vénalité imposait souvent à l'armée des officiers imberbes. Le petitfils de Mme de Sevigne devint colonel avant dix-huit ans, et éprouva sans doute des difficultés qui faisaient dire à son aïeule : «c'est une affaire à cet âge que de commander d'anciens officiers.» Saint- Simon lui-même devint colonel fort jeune : il n'avait que dix-neuf ans lorsqu'en 1694 il acheta le régiment de Roussillon.
L'opinion s*élevail, du temps même de Louis XIV, contre ces colonels qui n'avaient d'autre titre que leur argent Dans sa comédie d'Ésope à la Cour, Boursault introduit un colonel courtisan, qui dit naïvement:
Je ne suis point soldat, et nul ne m*a vu Tétre ; Je suis bon colonel, et qui sers bien TÉlat.
Le public applaudit à la repartie d'Ésope :
Monsieur le colonel, qui n'ôtes point soldat.
Saint-Simon insiste aussi avec raison sur l'abus du despotisme ministériel qui tenait les généraux en lisière. «Louvois,