‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 24 sur 328 · Tome XX, p · texte numérisé non relu

Tome XX, p

2. On a eu tort de mettre tels dans rédition Hachette. U s*agit des con- ▼ersations et non des hommes.

Marguerite de Lorraine , qui était, par son père , nièce de Louis XIII et cousine germaine de Louis XIV. Marguerite- Louise d'Orléans, avait épousé le grand-duc de Toscane, Cosme de Médicis, en 1661 *.

Ce mariage, pour lequel la jeune princesse avait montré une profonde antipathie, ne fut pas heureux. En 1675, la grande-duchesse revint en France et demeura au couvent de Montmartre*. Ce fut cette princesse, un peu délaissée, de la maison de Bourbon , qui donna lieu au grand écuyer de faire éclater sa violence et sa haine contre le sang royal : « Il jouait au lansquenet, dit Saint-Simon', dans le salon de Marly avec Monseigneur, et il était très-gros et très-méchant joueur. Je ne sais par quelle occasion de compliment Mme la grande-duchesse y était venue de son couvent ; car elle y était encore. Le hasard fit qu'elle coupait M. le Grand et qu'elle lui donna un coupe-gorge. Lui aussitôt donna un grand coup de poing sur la table, et se baissant dessus, s'écria tout haut : La laaudile maison , nous serait-elle toujours funeste? La grande-duchesse rougit, sourit et se tut. Monseigneur et tout ce qui était, hommes et femmes, à la table et autour l'entendirent clairement. Le grand écuyer se releva le nez de dessus la table, regarda toute la compagnie, toujours bouffant. Personne ne dit mot, mais à l'oreille après on ne s'en contraignit pas. >

Nous laissons à Saint-Simon toute la responsabilité de l'anecdote, que sa haine contre les Lorrains peut avoir amplifiée. Mais le fond doit être vrai, et il est curieux de voir l'esprit de la Ligue et la vieille antipathie des Bourbons et des Guises se réveiller et éclater jusque dans les salons de Marly.

Saint-Simon ne s'occupait pas seulement de ces luttes et

1. Voy. les Mémoires de Mlle de Montpensier, sœur du père de cette princesse, t. III, p. 512, 613 et suiv. (Édition Charpentier, 1859.)

2. Mém. de Mlle de MorUpmner, t. IV, p. 376-377. Voy. aussi p. 5?0 et suiv.

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