‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 240 sur 328 · I. Journal d'Olivier d'Ormeuun, l. II, p · texte numérisé non relu

I. Journal d'Olivier d'Ormeuun, l. II, p

2.|CeUe lettre a été pubUée par M. Floquet, Études turtavie de AvfiMl, t. III, p. 416 et suiv.

de ce qu'ils n'opéraient pas , disant seulement qu'il fallait mourir dans les formes.

« On a ouvert son corps avec un grand concours de médecins, chirurgiens et de toutes sortes de gens, à cause qu'ayant commencé à sentir des douleurs extrêmes, en buvant trois gorgées d'eau de chicorée, que lui donna la plus intime et la plus chère de ses femmes, elle avait dit qu'elle était empoisonnée. M. l'ambassadeur et tous les Anglais qui sont ici l'avaient presque èru ; mais l'ouverture du corps fut une manifeste conviction du contraire, puisqu'il ne s*y trouva rien de sain que l'estomac et le cœur, qui sont les premières parties attaquées par le poison, joint que Monsieur, qui avait donné à boire à Mme la duchesse de Mecklembourg S qui s'y trouva, acheva le reste de la bouteille pour rassurer Madame; ce qui fut cause que son esprit se remit aussitôt, et qu'elle ne parla plus de poison que pour dire qu'elle avait cru dCabord tire empoisonnée par méprise. Ce sont les propres mots qu'elle dit à M. le maréchal de Gramont ^. » Ainsi, d'après la lettre de Bossuet, non-seulement les femmes de Madame, mais le duc d'Orléans et la duchesse de Mecklembourg burent de la m^me eau de chicorée que la princesse. Gomment admettre que cette boisson n'ait été mortelle que pour Madame?

En résumé, le récit peu vraisemblable de Saint-Simon est réfuté parle témoignage de plusieurs contemporains, qu'on ne peut soupçonner d'avoir altéré la vérité. Nous dirons, en terminant, avec Gui-Patin', qui ne manquait ni de lumières, ni

1. Od a déjà TU que la duchesse de Châtilloû (Élis&beth-Aogélique de M onUDorency-Bouteville) avait épousé en aecondea noces Christian-Louis , duc de Mecklembourg.

t. M. Walkenaër, Mémoirea sur Mme de Sévigné, t. III, p. 219, 233 et 461, a contesté raulhenticité de cette lettie, que M. Floquet a tirée des papiers de Philibert de La Mare (manuscrit de la Bibliothèque impériale); mais la critique de M. Walkenaër ne paraît pas suffisamment justifiée. Voy. la note de M. Floquet» à la page 416 du tome II I de ses Études sur Bossuet. <

3. Lettre du 30 juillet 1670; cette lettre aét^omis*) dans Téilition réœntr des lettres de Gui Patin, par M. Réveillé-Parise; mais elle se trouve dans l'édition de La Haye (1725, 3 vol. in-] 2).

d'indépeDdance : « Il y en a qui prétendent, par une fausse opinion, que Madame a été empoisonnée ; mais la cause de sa mort ne vient que d*un mauvais régime de vivre, et de la mauvaise constitution de ses entrailles.... U est certain que le peuple, qui aime à se plaindre et à juger de ce qu'il ne connaît pas, ne doit pas être cru en pareille matière. » Saint- Simon, si fier de sa noblesse, est souvent peuple par ses préjugés et par sa prédilection pour expliquer les événements les plus simples par des causes mystérieuses.

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