EXAMEN DU RJÎCIT DE SAINT-SIMON
Il feot distinguer trois parties dans ce récit : 1* l'aventsre de chasse racontée d'après Lauzun ; 2* l'histoire de Rsirgoes pendant la Fronde; 3<* son arrestation, son jugement, sa condamnation et son supplice. J'ai déjà fait remarquer que, pour ce qui concerne la partie de chasse, Saint-Simon invoque un témoignage très-suspect celui de son beau-frère liduzun , Gascon célèbre par ses intrigues, sa vanité, Téclat de sa fortune et de sa chute. Saint- Simon lui-même avoue que Lauzun aimait à se moquer des gens^ Peut-être Lauzun s'est-il amusé à ses dépens en lui racontant tous ces détails. Ce qu'il y a de certain, c'est que si nous ne pouvons prouver que là première partie du récit est de pure invention, la seconde et la troisième sont remptles d'erreurs si palpables qu'elles enlèvent toute autorité au témoignage de Saint-Simon. D'abord pour ce qui concerne l'histoire de Fargues pendant la Fronde, il est établi que ce nô fut pas à Paris, comme le raconte Saint-Sihion, mais à Hêsdin (en Artois) que Fargues joua un rôle important. Nous avons ici l'autorité d'un contemporain, dont la probité et l'impartialité sont incontestables et qui avait été en relation avec Fargues. Olivier d'Orroesson, intendant de Picandie à l'époque où Fargues avait rendu Hesdin, a retracé dans son journal les faits essentiels de la vie de ce frondeur *. Après avoir raconté qu'il vient de recevoir la nouvelle du supplice de Fargues, il continue ainsi :
< Cette fin extraordinaire m'oblige de dire que Fargues était né de petite condition, dans Figeac, en Languedoc; qu'ayant épousé la sœur du sieur de La Rivière, neveu de M. de Bellebrune, il avait été major de Hesdin tant que H. de