‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 247 sur 328 · Mémoirei de SaitU-Simonj tome XX, p · texte numérisé non relu

Mémoirei de SaitU-Simonj tome XX, p

2. Journal d'Olivier d^Ormessorif tome II, p. 337. Compar. une lettre de Gui-Patin du dernier jour de m^rs 1665.

Bellebrune était gouverneur et qu'au mois de janvier 1658 ledit sieur de Bellebrune étant mort, il forma le dessein de se rendre mattre de cette place. Étant venu à Paris, il offrit à M. de Palaiseau, gendre de M. de Bellebrune, de le servir pour lui conserver le gouvernement, ellui demanda les^noBU de ses amis dans la place, lesquels M. de Palaiseau lui donna, et en même temps Fargues offrit à M. le comte de MoreC, auquel ce gouvernement était donné, de l'argent et son aeiTn vice; mais en ayant été fort peu accueilli, il partit devant^ disantque c'était pour lui préparer toutes choses^et étantdana la place il s'en rendit le mattre, ayant chassé tous les ami» de M. de Palaiseau et de M. de Moret; et ayant écrit à M. te maréchal d'Hocquincourt pour lui livrer cette place ,^ M. d'Hocquincourt, avec son régiment qui était en garnison sur la frontière, s*y retira; et je me souviens qu'étant en Pi* cardie % le colonel de ce régiment vint de la cour m'appor^ tant des ordres, et il témoignait vouloir sarvir la cour contre le maréchal, et néanmoins sitôt qu'il eût joint son régiiBeot, il le débaucha et se retira à Hesdin. '

« Lorsque, par la paix, la ville de Hesdin fut- rendue aui roi, je la reçus^ et y fis entrer le régiment de Picardie^ Jet

1. Olivier d'Onnesson était, à cette époque, intendatit ea Piuâidie, ce quidonne beaucoup plus d'autorité à son récit.

2. Loret parle de cette soumission de Hesdin dans sa Muxe historique (lettre du 13 mars 1660) :

Les sieora Fargues et Ijl Rivière,

L'un et l'autre gens de rapière,

Qui commandaient dedans Hesdin

Le soldat et le citadin, • •

Dont ils s'étoient rendus les maistres

En ont, dit>on, tiré leurs guestres.

Moyennant abolition , ,

De crainte et de ponition,

Et ce magistrat dlmportaoee

Qui du pays a llntendance,

D'Onnesson qui, dans maint empioy

A dignement serri le Roy,

Et fort priié dans la contrée

Y fit samedi son entrée

De la part ae Sa Majesté

Avec grande solennité, eto.

494 ëXâMEN critique

parlai à Fargues de toute sa conduite. Il me dit que, sitôt qu'il était entré dans Hesdin, il avait écrit en quatre endroits pour négocier : !• à la cour, par l'intermédiaire de M. Le Tellier% qui y ûi deux voyages, et en tin par sa femme, qui prit cette occasion pour aller à Hesdin et se rendre auprès de son mari; S*" au maréchal d'Hocquincourt, qui ne manqua pas de venir se jeter dans Hesdin ; mais Fargues prit si bien ses précautions avec lui, qu'il n'en fut jamais le maître etoe lui permit jamais ni d'y être le plus fort ni de parler à un homme en particulier; Z'^k M. le Prince*; 4** aux Espagnols, dont il reçut des troupes qu'il fit camper dans le faubourg de Saint-Leu, sans que jamais il sou&tt deux officiers de ces troupes entrer ensemble dans la ville.

< Le Toif en avril 1658, marchant avec son armée pour faire le siège de Dunkerque, lit semblant de vouloir assiéger Hesdin, et le bruit en courait. Il passa à la vue de cette place, croyant que sa présence ferait quelque soulèvement dans la ville. Mais Fargues me dit que, sachant qu'il ne serait point assiégé, il jugea qu'il n'avait qu'à se défendre d'une révolte ; qu'il avait assemblé toute sa garnison, et leur ayant dit que It; roi venait les assiéger il avait déclaré que, pour lui, il était résolu de se défendre, et qu'il laissait à ceux qui voudraient la liberté de sortir; que tous lui avaient juré de mourir avec lui, et que, profitant de cette disposition, il avait mis ses troupes dans les dehors et était demeuré dans la place, craignant seulement un coup de main et d'être assassiné; que M. le maréchal d'Hocquincourt escarmoucha avec sa cavalerie, et que depuis il n'avait songé qu'à ses fortiiicattons, et à maintenir l'ordre et la police dans la place; que La Rivière et lui étaient dans des chambres séparées, aux deux bouts d'une salle commune, dans laquelle il y avait un corps de garde de pertuisaniers ; que jamais l'un ne dormait que Tau-

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