Journal d'Olivier d'Ormesson, tome II, p
2. La chambre de justice établie à Paris et dont faisait partie Olivier d'Ormesson, avait institué dans les diverses parties de la Fr^ce des subdélégués chargés de pour>uivre les comptables accusés de malversations.
3. Foucault était greffier de la chambre de justice. Ses mémoires ont été publiés par M. Baudry dans la collection des Documents inédits relatifs 4 Vhistoire de France,
k. Amnistie. — 5. Journal, t. II, p. 313. — 6. Sans appel.
encore plusieurs fois sur le procès de.Fargues. Il écrit dans son journal, le 24 mars^ : < L'on dit que H. de Machault avait fait mener Fargues à Hesdin, l'avait fait mettre dans les prisons les fers aux pieds, et pour être confronté à des personnes malades , l'avait fait promener par la ville avec les fers, et que son procès s'achèverait bientôt. » Enfin le dimanclie 29 mars, Olivier d'Ormesson reçoit la nouvelle* de la condamnation et du supplice de Fargues : il avait été pendu le vendredi à^inq heures du soir à Abbeville*. < L'on remarquait, ajoute d'Ormesson, qu'ayant été conduit à Hesdin, il avait été mis dans la prison avec les mêmes fers et dans le même lieu où il avait retenu prisonni^ le nommé Philippe-Marie, qui était un officier qui avait voulu soulever la garnison contre lui, lors de sa révolte; qu'un soldat qu'il avait obligé d'être bourreau et de pendre un homme, avait été le sien et l'avait pendu. L'on convenait aussi qu'il avait entendu la lecture de sa condamnation avec beaucoup de fermeté; qu'il avait baisé trois fois la terre, remerciant Dieu; qu'il avait aussi baisé trois fois sa potence, et qu'il était mort avec courage et fort chrétiennement. >
Il reste bien avéré, par ces passages, que Guillaume de Lamoignon fut complètement étranger à la condamnation de Fargues. Quant à l'innocence de cet ancien chef de bandes révoltées, elle n'est pas aussi incontestable que le prétend Saint-Simon. Fargues ne vivait pas retiré dans ses terres et étranger à toute cabale politique, comme le dit cet historien. 11 avoua, au contaire, qu'il entretenait correspondance avec Saint-Aunais^ qui 8*était réfugié en Espagne et le pressait de suivre son exemple. Or, Saint-Aunais avait profondément
1. JourntU d'OUvier d'Ormessony t. U, p. 335. — 2. /Md., p. 337.
3. Saint- Simoa dit qu'il eut la tAte tranchée. Biais le supplice indiqué par d'Ormesson est celui qui était réservé aux condamnée pour péeulat, et c'était le crime imputé à Fargues.