‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 255 sur 328 · TomeVI, p. 278 de Tédition publiée par M. L. Laianne · texte numérisé non relu

TomeVI, p. 278 de Tédition publiée par M. L. Laianne

démission du premier pri^sident de Novion qui expliquent le fait tout naturellement. Le marquis de la Rongère écrit à Bussy le 24 septembre 1689 : < Le premier président de Novion s'est démis de sa charge en faveur de M. de Harlay, procureur général, qui lui paye les cent mille écus de brevet de relerfue et qui vend sa charge de procureur général à M. de la Briffe, gendre du premier président de Novion, sept cent mille francs. M. de Novion, petit-fils du premier président, a la charge de président au mortier de M. de Groissy, à qui le roi donne pour son fils la survivance de sa charge de secrétaire d'État. Le roi donne dix-huit mille livres de pension à M. le premier président de Novion. >

Ces arrangements de famille ne ressemblent guère à une disgrâce; le magistrat septuagénaire, assure, par sa retraite, la position de son gendre et dé son petit-fils^. Il se retire dans ses terres pour y terminer tranquillement sa vie. T^es contemporains n'y ont pas vu autre chose, si l'on en juge par la lettre suivante que Bussy-Rabotin écrit au premier président de Novion, le 10 octobre 1689': c Ce que vous venez de faire pour votre famille, monsieur, est si avantageux pour elle et si beau pour vous^ que tous vos amis et vos serviteurs y doivent prendre part. Vous croyez bien qu'ayant de plus l'honneur d'être dans votre alliance, cela m'a touché extrêmement; et j'ai redoublé (Testime pour voua^ vous voyant faire une action si peu commune, et vous trouvant encore plus paré de votre vertu que de la grande charge que vous avez quittée. Je souhaite, monsieur, que vous jouissiez longtemps de la gloire que cette action vous a acquise et que vous me croyiez toujours , etc. « Comment le comte de Bussy eût-il osé tenir ce langage à un homme disgracié et chassé de sa place pour ses iniquités*?

1. SoQ fils était mort dès 1676. — 2. Même édition, t. VI, p. 279.

3. Saint-Simon dit dans ses MémoireSy t. ?, p. Ul, en parlant du premier président de Norion : • Il en fit tant ((riniquités) que le roi résolut enfin dede ehatger, •

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