MADAME DE MAINTENON
Troisième époque du règne de Louis XIY. — Influence exercée pendant cette période par Mme de Maintenon. — Attaques de Saint-Simon contre Mme de Maintenon. — Invraisemblance de ses assertions. — Récit que fait Mme de Maintenon de son enfance et de sa jeunesse. — Ses lettres prouvent qu^elle avait repoussé les offres du surintendant Fouquet et de sa femme. — Relations de Saint-Simon avec Mme de Maintenon. — On apprend par les lettres de Mme de Maintenon quelques détails relatifs à SaintrSimon. — Gomment Mme de Maintenon passait ses journées d'après ses entretiens avec Mme de Glapion.^ — Omissions dans ce récit prouvées par la correspondance de Mme de Maintenon. — Ses lettres servent à compléter un passage des mémoires de Saint-Simon sur la guerre d'Espagne en 1710. — Elles rectifient ses assertions sur Jeannette de Pincré et la duchesse du Lude. — Importance historique de la correspondance de Mme de Maintenon avec la princesse des Ursins. — Lettres inédites de Mme de Maintenon à sa nièce Mme de Gaylus.
La dernière époque du règne de Louis XIV qui s*étend de 1691 à 1715, de la mort de Louvois à celle du roi, est la période pendant laquelle Saint-Simon a figuré à la cour et où il a pu avoir une connaissance personnelle des événements. C'est firincipalement pour cette dernière partie du règne
EXAMEN CRITIQUE DES MÉM. DE S^-SIMON. t05
que ses mémoires nous font pénétrer dans les mœurs^ les intrigaes et les secrets du temps. Nous avons vu ^ comment il s'y était ménagé des amis et des confidents. Mais là encore un contrôle est nécessaire pour ne pas se laisser séduire par le charme des récits de Saint-Simon et entraîner par ses critiques passionnées.
Dans cette troisième époque du règne de Louis XIV, nous voyons figurer à câté du roi une femme, dont le caractère et l'influence ont été fort diversement appréciés. Mme de Maintenon était célébrée à Saint-Cyr comme la vertueuse et modeste Esther qui succédait à l'altière Yasthi. Hais vers la fin du règne les vers satiriques et les mémoires clandestins n'épargnèrent par la vieiUe sultane y comme l'appelle Saint- Simon. Cet écrivain est un de ceux qui se sont le plus acharnés contre Mme de Maintenon. Mon intention n'est pas de discuter tous les passages de ses mémoires où il l'attaque ; d'autres se sont chargés de cette tâche '. Je me propose seulement de montrer par quelques exemples le parti que Ton peut tirer des lettres et entretiens de Mme de Maintenon pour compléter et rectifier les mémoires de Saint-Simon.
Presqu'au début de ses mémoires*, Saint-Simon lance contre Mme de Maintenon un trait qu'il enfonce plus tard \ Il répète, après bien d'autres, que Mme Scarron avait été entretenue par Villarceaux, et que son parent et ami Montchevreuil lui prétait sa maison de campagne pour ce concubinage ^ Notons en passant une remarque de Saint-Simon qui infirme ses assertions. « La Scarron, devenue reine, ajoute-t-il % eut cela de bon qu'elle aima presque tous ses vieux amis. Elle attira Montchevreuil et sa femme à la cour. «