‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 257 sur 328 · Mémoires f tome I, p · texte numérisé non relu

Mémoires f tome I, p

Comment admettre que Mme de Maiotenon eût consenré dans son intimité les anciens confidents de ses désordres, connus comme tels par tous les courtisans? Si sa jeunesse awt été ce que la représente Saint-Simon, elle eût cherché à en ef^ facer le souvenir et à éloigner tous ceux qui pouvaient le rappeler. Mme de Maintenon, bien loin de fîiir les personnes qui l'avaient connue jeune, aimait à s*en entourer. Elle disait à Mlle d'Aumale : < il est désagréable de vivre avec des gens de qui l'on n'est point connue, qui n'ont point été témoins de la vie qu'on a menée, de la conduite qu'on a tenue dans tous les temps de sa vie« en un mot qui sont d'un autre siècle, et voilà ce que je gagne à vivre si longtemps*. > Se sentant entourée de cette cour jeune et malveillante dont Saint-Simon a été l'écho, Mme de Maintenon se réfugiait i Saint-Cyr et se consolait en racontant à Mme de Glapion son enfance et sa jeunesse. Il est juste de l'entendre en face de ses accusateurs^:

< Premièrement, dans mon enfance , j'étais la meilleure petite créature que vous puissiez vous imaginer. Pavais un naturel excellent, le cœur bon» en un mot j'étais véritablement ce qu'on appelle une bonne enfant, de manière que tout le monde m'aimait, et que, jusqu'aux valets et aux servantes de ma tante chez qui je demeurais alors, ils ^faient tous charmés de moi, et cela parce que je ne pensais qu'à leur faire plaisir. Étant un peu plus grande, je demeurai dans des couvents ; vous savez combien j'y étais aimée de mes maîtresses et de mes compagnes; je vous l'ai conté plusieurs fois ; elles étaient ravies de n^'avoir, et toujours par la même raison : c'est que je leur rendais service, que je ne songeais quà les obliger et à me rendre leur servante à toutes depuis le matin jusqu'au soir.

1. Tome II, p. 211 des Letiret historiques et édifiantes de Mme de Maintenon ^ note 2.

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