‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 274 sur 328 · Voy. p · texte numérisé non relu

Voy. p

ministre ^C*est là, il faut l'arouer, une étrange preuve de cette ambition insatiable, qui ne reculqitdevant aucun crime. Reste l'accusation de profonde incapacité pour toute aKûre sérieuse que Saint-Simon a lancée si hardiment contre le maréchal de Noailles. Il semble difficile que cet homme si incapable ait occupé les plus hautes positions sous Louis XIV, pendant la régence du duc d'Orléans et sous Louis XV. Il . avait 77 ans lorsqu'en 1755, Tannée même de la mort de Saint-Simon, il renonça aux affaires. Gomment supposer que l'habileté et la souplesse d'un courtisan aient réussi à faire illusion pendant plus de cinquante ans à des gouverne-ments si divers ? Comment admettre qu'un esprit frivole et des qualités superficielles aient suffi pour le maintenir à la tête des armées et des conseils? D'ailleurs nous avons les papiers du maréchal , les nombreux mémoires qu'il avait composés sur les affaires publiques et sa vaste correspondance. Plus de trois cents volumes in-folio dispersés dans un grand nombre de dépôts, à la bibliothèque impériale, à la bibliothèque du Louvre, aux archives des ministères des affaires étrangères et de la guerre, attestent l'activité prodigieuse du général et de l'homme d'État. Saint-Simon prétend, il est vrai, que c'est à la plume des secrétaires du maréchal de Noailles qu'il faut attribuer tous ces manuscrits. Gepen* dant, sans parler des nombreuses lettres autographes que renferment les papiers du maréchal, on y trouve des mémoires qui portent uii cachet d'originalité qu'il est impossible de méconnaître , tels sont particulièrement le mémoire lu au conseil de régence en 1718 sur la situation financière de la France et les avis donnés à Louis XY par le maréchal en 1743*.

Page 1