Mémoires âe Saînt'Simùnf t. Ui, p. 173, 174 et suit
DES MÉMOIRES DE ëAINT-SIMON. è47
le tendémàin du retour de Mariy. Après iës pi*eiàîék*A' compliments, ce qui était là sortit, excepté Mme de l^entédôir. Alors Madame fit asseoir Mme de Maintenon, et il fallait pè^r cela qu'elle en sentit tout le besoin ^ Elle entra en matière dur FindifTérence avec laquelle le roi Tavait traitée pendait foate sa maladie, et Mme de Maintenon la laissa dire toiÀée Qu'elle voulut ; puis lui répondit que le roî lui â\ni!t ordonné Ile loi dire que leur perte commune effaçait tout dans soin cœur, pourvu que dans la suite il eût lieu d'être plus citent d'elle qu'il n'avait eu depuis quelque temps, non^seuïénïent sur ce qui s'était passé à l'égard de M. le dtfc de Ghcu*tres^, mais sur d'autres choseà encore plus intéressante^dënt 11 n'avait pas voulu parler ; ce qui était la vraie cause de Rftdifférence qu'il avait voulu lui (émoigner pendanl qu'elle était malade. A ce mot, Madame, qui se croyait bien assiirée, se récrie, proteste qu'excepté le fait de son fils elle n'a jamais rien dit ni fait qui pût déplaire et enfile des plÀiYites et des justifications. Comme elle y insistait le plus, Mme^ Maintenon tire une lettre de sa poche et la lui montre, en lui demandant si elle en connaissait l'écriture. C'était une lettre de sa main à sa tante la duchesse de Hanovre, à qtii elle écrivait tous les ordinaires', où après des nouvelles de cour, elle loi disait en propres termes: qu'an ne savait plus que dire tfu commerce du rd et de Mme de Maintenon y si c'était mariage au cmcuhvmge\ et de la tombait sur les affaires du dehors etstir <;elles do dedans, et s'étendait sur la misère du royalsirie qu'elle disait ne s'en pouvoir relever. La poste l'atait ouvene, comme elle les ouvrait et les ouvre encore presque toutes, et l'avait trouvée trop forte pour se contenter, à f ordinaire,
1. Le cér^oaonial de Tancienne cour ue pcioMltaii pa9 fie s'asseoir- qd |irésenco des liriocc^scs, à moins (jue, pur son rang, un n'eût droit au tabouret. Mme de Maintenon n'avait pas de winfe» officiel et n'avait pas dfoii de s'asseoir devant Madame.
2. ]1 s a^'it de l'opposition de Madame au mariage de son tils avec un»' fille naturelle du roi.
3. C'est-à-dire tous Jo« jours de déjiûrt du cuuirier d? la pt*»©
0^,p^ut,pep«çr..^j^'à. cet aspect et \ çeUç.^turjjj,,l(l^ad^ ppi;ijf2^,m9nriir.;W rbpi^*e-.ta.y9âl^ Apleureç, etjjùni^.de J^^îi^epop^^^ui refi^^plenmpd^temeipt Véopi^mitéxlçta^^ \f^ partijss 4ie :Cette lettre, et eo pays étranger.; enfiQjlipi^^ yi»q^adoyar'ji..verbj,9£er pour ilti^ser 4 Madame, le7teipi\i|.dç j^f^piraret de s^ remettra a^sec^iour, dire quelque ch^çç. Sa meilleure e^cufe fut Taveu dejoequ'elie ne pou.yaitmei;,4c? j^c^Sj.dearepeolir^g, de$ .prièf^e?, des prQiDes3^,. .
.%.Qwad.toiU'€e)a(ut épul$é^}If9ied^JHam^QQ l^spjy^ia de .tff^uyi^r rb^A qgfaprèfi a'^e^aoquiti;ée de.H cço^hû^qo qiiç ^ vmiuî avffit dooAjéf , el}e pûVausai Ivi dH^e up mqf d!eUer mfme etJlui fM^e/Se^ p)aiQ!te3 de çç q^^,.^^ TbouA^r qui*^11e Iqi* avait Xait. autrefois^ de .vouloir bieii. délirer .son ftfçHMflrtdejui jurer )b 3jenqe^,ellei s^wt i^a^l^eineot ç^gé depui$: jplu9i?i)ffs.aQo4Bi». Madame ^^rat avpir bftau.^ohjf^ip. JjltferdpQmlit q^'e^^etét^i^td•auU^t:p4qa a^e d^.cet^içQia^ Aftmeatquef^taM à.iel}^.i,se.plair^,da <:^i;ip«)^qaept. d^ Xrne.de Halfitenon^quitoiit d'UnicoMprayaitla^sée^aJ^uif dpmé^et'^Q^P de^r^b^odPQVisr 4' I4 fip^saii apr^s jB^yoir to08^PBip|Sk .essayé ida la .f^ire viif^eanea eU^ cemme^ elles avaient vécu auparavant. A cette secQnde.rr^pf^e^ Mp^e^^de Maintenon se donna le plaisir de la laisser enfiler, comme à ^;9Utre>(}e4 pla^njD^a et4eiplu^ lestregrel^.^.liBs.xfapr/ïcb^; pipir^,qur(H eUe-^voua ^ ^ltai[9iei<q^Ut é(^it yrai que^^o-'^t ie)^!q\ri-k pr<8qièire.3<était reliré<^ d'elle el quin'avaii a$é «îe^^ppreeher; qvô ae9.raÀ90P3.étfiwt teHea qM',eHe^n'|iyait tpw iMi>9!qua/d!av<Mar{cette iondaitô^et ^ar oe {^;eppa£t 1^ doubler les plaintes de Madame et son empressement de savoir quetles pouvaient être ses raisons* Alora Mme de Maiotenoa luî dit que (fêtait un secret qui juscju'alofs n'étaît jamais sorti de sa bouche, quoiqu'elle en fût en liberté depuis dix ans ^«'étôit morte èelle qui le lui afai! confié sur sa parde de n'en parlez: à pjpjp;s(?iqiîe,; pt dP iVraconlte|à M?4aipe piflle
DES MÉM^tiiES' 'dé? 'SAÎSt-SIMON. Hê
dfidsësiilfô ôBfèirsàntés leà uneâ^qy ' Wi^ àîrfh-ëi " qfilWïé^àVàk dites (TeHé'k ï*me la Dauphihe, lôrtqù'eiïe'étàtitîniaP'àtW àittfe dernière, iquî flâtis leurtacofflhibdebién't' lei'lbr i'^îl ftlcrftè^ mDtà' tnot.'À ce second' côtiji ae'fcncràfe; Mftdabife tfèriièTirà' Cprhirie une statué.' fly eut quieliiùès mômèntè lïè 'éhéncé. Mttiédè Ventadour fit st^tt même pérsfotrâf^^blA' laisser irepr'ehdre lesesprîlsïi Màdâttie, qui tte Mit Càïté Ijrié bdmibeTautre Ibîs, c*cst-à-dlre qu'efle plfetifa,'ttiaj et j^ût fin demanda pardon, avoua, puiï repentirs et ^supplîcatkmft Mme de Maîntenon triomplia froidement d'elle assez longtemps, la laissant s^enrouet^ de parler ,* dé pléiirer^, ^!trï pendre ïe^ mains. (Tétait une terriWe humiliation pbdrtitfeii roguef et fière Alteiiianfde. A la fin; Mtté dte-Wèfrilèïibnf &4 laissa toucher comme elle TjtVaît bien îésôltr, aprôs aivcSI' pris toute ia vengeaTice. Elles s'enabrasifereAtrellei se'pWP mirent ouMîparfaît-et amitié ndavfelle. Mme de Mwitaddtir se'mît à' en' pleurer ae jdie, el le scéaude^Ta TécodcBîtttlbh ftrt la promesse de celle du rbî, et qu'il nie lui dirait pààiW moi des deux matières qu'elles venaient àé Xnïiftt\^^^(tA ^tis que tout soulagea .Madame. Tout 1^ ëaît lôiifib daui^ilëb cours, et si je me suis peut-être un peu étendu àw^ces'anèdJdotes; c'est que je lès aî'sùefs fbrfginal' et qt'é!lé8 tiV'bBit paru très-curieuses. ^ ^ '^ • - . ^ •/ j.:i:f /r.
On pense bien que la Palâtiiiêhe* raconté' {wt^ cette ^cèiiè comme Safn^Simbn. Son-orguei) en aurait' trop ciii<éIIrâiieHI s:miffen'. Toid son récit qui est dald du 19 juin 17dl!*, «tqiii Mtpar conséquent écrit le lendemain' même de la Btl^M racontée pbr Salnt-$îmon»t < Elle (Mme de Atalnt«Mf«9 «e^t
<V' HtM ée VeiMaimif esn la dealfr <i£t trois pcKsotiBet fmémtest^ift .fu F»<<cptQc .ce^te licèAe i 3wt-i>ixDc8). U parle spuyon^.^aos^ mi^mpJfres^ de cette duchesse; mais il ne paraît pas avoir eu avec elle des rclisitîons '■iVmniit4, ' ' • ' •■ :.'.•'- "I-
.. 2i.JJ«pt«rSimoiii0it p^p|ti^e»jei|t qM^ l^i^W^ <le J^m?)<Jft >ifa^^e»)t^«f|i y^ame eut lieu Je ]1 juin 1701. , ,
' X lettres nouMtet irufdites de la ^riÀcesnPàîaiih^,^ pV 2iii'éi siiiV. "
5Mî •< •: EXAMEN aRMîQUB'
venue ké\x heUreis. Jte luirai d'abord répi^té cmdtiîtïiyébm centfnte: d'elle^ el je lui ai demandé son amitié, ie lai ai ataué' aussi qqef avais étéiachée contre elte> paite-qoe je croyais ^qu'elle me haïssait et m'dtait les bonties grftees du roi {tea qtie j'avais d'ailleurs appris par la Dauphioe). J'ai ajwté ^piej*éldls proie à tout oublier, si elle voulait àtre mon amie. Là dessus elle me dit beaucoup de belles et élogiaentes choses, me proçiit :soQ amitié, et nous nous embrassâmes. Jelui dis ensuite que oe n'était pas assez de m'aroir mandé qaé le roi était indisposé contre moi; qu'il fallait me donner aussi le moyan de rentrer en grâce, filie me conseilla alors de parler ara roi en toute francbise^ de loi avouer moi*méme cp]e:je l'avais haïe parce que je pensais qu'elle me rendait deimaavaîs offices auprès de lui, et de dire également au roi pounquoi je lui en avais voulu.
i « J'ai suivi ce conseil, et comme Monsieur m'avait dit que le roi ét^itaussi mécontent de ce que je vous écrivais trop & doeur ouiyert, j'ai également traité cet article: «Votre Majesté, ai-je dit, ne doit pas s'en étonner; car ma tante est la personne du monde à laquelle je suis le plus attachée par reconnaissance et par inclination; je lui ai de tout temps ouvert mon cœur, et tant que Votre Majesté s'est montrée bienveillante pour moi j'ai fait à ma tante l'éloge de votre bbnté ; mars lorsque vous m'avez maltraitée^ je m'en suis plhinte 6 elle, et je n'ai jamais pu faire autrement à son égard, tf Le roi me répondit : « Je ne sais rien de vos lettres; jQ n'en ai lu aucune, et tout cela n'a été qu'une imagination de Monsieur. Je ne- trouve pas mauvais que vous aimiez et r»srpectiez Madame votre tanie comme une mère; m^iselle mie -h^iU — ^ Ma tante, dis-je au roi, a de tout temps admiré vds grandes qualités, et quand Votre Majesté le voudra^ elle vous aimera aussi. »
' « Lorsque j'eus tout exposé au roi et lui eus montré clairement que, quelque mal qu'il i^fi'eût traitée, je l'avais néanmoins toujours respecté et aimé, et que même c'avait
DES MÉVOI^iCâ PB SiAIl^T-SIMON. 56}
taaofoiavs ét6 we grpode joie pour moi quftt tou^ a^v?* lemeat me soufirir auprès de luii il in'eiÂbra^Baf mp piri^ d'oublier le passé et me promit ses bonni^s grâces^ )} xî) aussi quand je lui dis tout naturellement : si je na vqus^fxpai^ ■ pus lani cmàt j^ n'auraii p^s tant hai, Mm^ de Majnknpn^^ cTuymi qu*eU6 viôtaU vos bonnes grâces. Enfin, tout s'est tréth bien passé, i
La première partie de cette lettre se rapporte sefije à • Tentrevue de Madame et de Mme de Maintenon. Il est dif** Gcîle de croire que la Palatine ait dit toute I4 vérité ; eUe ne parle pas des lettres, dont il est question daus son en* treyue avec te roi. Son orgueil était intéressé h dissimuler une partie des faits, tandis que Saint-Simon n'avait pas de motif pour faire un récit plus favorable à Mme de Maintenon qu'à la Palatine. Je serais donc porté à préférer dans cette circonstance le témoignage de Saint-Simoa, tout en reconnaissant qu'il a cherché, suivant son usage, à disposer les faits de manière à f^re une narration piquante et dramatique.
C'est sans doute à la suite de cette réconciliation que la Palatine écrivit à Mme de Maintenon la lettre suivante' : c Gomme je n'ai eu Thonneur de voir le roi qu'en public, je n'ai pu lui dire que j'avais reçu encore une lettre de la reine d'Espagne, et quoiqu'elle me dérende de faire semblant d'avoir reçu sa lettre, je ne veux point avoir de secret que le roi ne sache. J'ai cru que vous trouveriez bon. Madame, que je m'adresse à vous pour vous prier de montrer cette lettre au roi et aussi la réponse que j'y ai faite pour voir s'il l'approuve, et si cela est, je vous prie de me la renvoyer; car rhomme qui ma donné la lettre d*Espagnc en attend la réponse ce soir. Ayez la bonté de me marquer la volonté du
l* Cette kiirc est dat^e du samedi, sarus autre rcnsAign'^ment précis. Il <»st trés-probaMp qu'elle fut écrite à la suite de la scène où Madame s'était engagée à ]>arl6r au roi avec une entière franchise et A n'a^irir plus de cor* respoa/hinoe seorrte.
p^r^uijo «deiM^ ^«etlalieiiBe tmvirUapkMimitiiifimAtt
. Clette. amitié fondée «ur l'estime ne dum pas: toiftemps i W juger par le» iqjureS' graaaiàres demi la txxnrespondaiifse ultéxiauue da la jPalatio^ est remplie coalre Mme de liaîaté* Qpf^. |;}to..y§ ju^qu'j^ raccuser; d'afOir 0cca}>aré la» Ués e( fipâcid^.aiu>l^ faïQia^ea i7<^. Sai»I^StfiiOR amaigris 4*«|]^ oapAnf^iQiQip^f^t 4ieî9p<cMitaUona<odîe<ises> (tfiiifonl peaser aU p^l(i>,4^rf^n^^,Mmqwl(l\XQ iriolént que soîÉfisinlfSîlnofl à(m «^ i^^xm^cwW Mmei de ilaroleti^Q^ y^ n'a jaomii IKUlfl^ l^bM'mi^luteF I*a(fapftreniw^ blés. Jlétattirtteeffé à la Palatine de pousser la haine jusqu'à Tabsurde : < Quawl laj.yi^imgQenîpe (c'e^t lie ^ooiiirseus lequel t\ht déaigneitiablj^ell^ment Bi^i^ deiUaînlenon^ vit que la^ réoolt6 ^t^aèl raaft* q)[^, elle lit açt^eter sur^^oua* les. marchés tout lei b)é ^ui s'y trpuvaim E|(lea;aina| gagné borriUeinent d'aii^sitt, ïoah Kmt }#::inende jnQumtde Caim^ BlIenfaYaitipasi&it&ire aaseï dp gi*^iera;i9U8|9i beaucoup de blé e'estr^il gité dana \e$ te» teftuif ; il a fg^llu le^ jeter & la Seine ; le peuple eriaif qu& c'était im cbdMinevit4eJ0iieu'. ^11 faut rapprochet^ oe paasage'cfes 1^e9^ji(Mii9ie4e Main teoon déplore la famine de ^.7û9;^ on verra/aler^ oembieni la Pedatînô est iniqve et triolenté tdaos seai'baûiies'et ses vengeaocea. Sftint**Sîmon se borné à ac' Quperd'v^rgenson et le eontr^eur général DesnainèU; c'est dj^jà l^eaiuconp'trop; rienJûe justifie d'aufaiodieiuseâ impiH tation*.^^ ' : '
Saint-Simon et la Palatine se montrent aussi crédqks Ym que Tautre en ce qui concerne les empoisonnements. Ils
t. Corirespùndance de la duclmse d'OrîéanSy L I, p. 51^ éUU. Brunei.
2. Voy. Mémoires de Saint-Simon^ t. VII, p. 122 ti suiv. Il ajoute plus loin (p. '128) : « Ce manège des blés a paru une bpnne ressource (mainlenam que j^écris) au contrôleur général Orry^ le plus ignorant et le plus b^rhare qui administra jamais' les finances.. V. * Orrv lut contrôleur ç^n^rai d« 1730 à 1745. T . . ., ..