‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 292 sur 328 · Voy. plus haut, p · texte numérisé non relu

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4. Mémoires relatifs d la guerre de la succeuion d'Espagne y t. IV, p. 306-307.

sa constance, k soumettre la place des états de ce prince, qui, après Turin, était la plus importante, et à consommer à la gloire des armes des deux couronnes, une entreprise que la position seule de l'armée ennemie âerait, suivant les règles de la guerre, faire échouer, et à laquelle les contrariétés de la saison autant que l'opiniâtreté d^une garnison nombreuse auraient dû faire renoncer. La conquête de Verrue coûta environ trois mille hommes tués ou blessés et six mois du travail le plus rebutant et le plus capable de décourager un général, qui n'aurait pas été soutenu par des lumières supérieures et par un zèle à l'épreuve de tous les obstacles pour la gloire de la France et le bien des afikires des deux couronnes. Il y a peu d'exemples d'une attaque pareille à celle des retranchements de Guerbignano, gardés par un corps d'armée, par une place forte et à portée d'être défendus par une armée entière ; il n'en est point d'un siège entrepris et terminé glorieusement à la vue d'une armée campée sous les murs d'une place, dont les portes sont ouvertes à tous les secours qu'elle peut lui donner et dont les remparts forment son champ de bataille. »

A peine Vendôme avait-il pris Verrue (avril 1705), qu'il lui fallut marcher à la rencontre du prince Eugène qui arrivait au secours des Piémontais. Il le repoussa, et laissa ensuite le commandement de l'armée à son frère le grandprieur, pendant que lui-même allait assiéger Chîvas. Le grand-prieur, fanfaron et négligent, laissa le prince Eugène franchir l'Oglio et marcher sur l'Adda. A cette nouvelle, Vendôme courut réparer les fautes de son frère et vainquit Eugène à la journée de Cassano. D'après Saint-Simon, son rôle dans la bataille fut peu glorieux* : < Il était auprès de Cassano, d'où le combat prit le nom. Le prince Eugène crut le lieu propre à l'attaquer. Il marcha à lui sans que Vendôme en voulut jamais croire les avis très-réitérés qu'il en eut, disant

toujours qu'il n'oserait seulement y penser. Enfin Eugène osa si bien, que Vendôme en vit lui-même les premières troupes. Celles de son frère étaient avec lui alors. Dans cette précipitation , il ordonna à son frère de prendre un nombre de troupes et de les porter où il lui marqua et de demeurer avec elles, d'y observer les mouvements des ennemis, et de faire, suivant l'occasion, ce qu'il lui prescrirait. L'attaque ne tarda pas de la part du prince Eugène, et fut vive et heureuse contre des gens mal préparés et à peine disposés. Vendôme , avec tout son mépris et son audace , crut si bien Taffaire sans ressource, qu'il poussa à une cassine^ fort éloignée pour considérer de là comment et par où il pourrait faire sa retraite avec le débris de son armée. Pour achever de tout perdre, le grand-prieur, dès le premier commencement du combat, quitta son poste et s'enfuit à une cassine à plus de demi -lieue de là, emmenant avec lui quelques troupes pour l'y garder, tellement que son frère , qui comptait sur le poste où il l'avait envoyé et sur ce qu'il lui avait ordonné d'y faire, demeura à découvert de ce côté-là, où le grand-prieur, en s'en allant, n'avait laissé nul ordre. Vendôme mangeait un morceau à cette autre cassine , d'où il considérait quelle pourrait être sa retraite (et il faut avouer que ce moment à prendre pour manger fut singulièrement étrange) , lorsque Chemerault, lieutenant général des meilleurs, et intimement dans sa confiance, inquiet au dernier point de le voir si longtemps disparu du combat, le découvrit mangeant dans la cassin^ , y courut et lui apprit que la brigade de la vieille marine avait fait des merveilles sous le Guerchoisqui la commandait, lequel, perdes efforts redoublés, avait rétabli le combat. Vendôme eut peine à l'en croire, demanda pourtant son cheval, poussa avec Chemerault au lieu du combat et l'acheva glorieusement. » Il serait difficile d'imaginer un récit plus inintelligible,

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