‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 30 sur 328 · Mémoire* de SaifUr-Simon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoire* de SaifUr-Simon, t. VI, p

quante bataillons et cent-quatre-viDgts escadrons des meilleurs de cette armée se contenteraient de nous voir combattre pendant six heures, et regarderaient cela comme on regarde l'Opéra des troisièmes loges ^ » Cependant, la bataille était loin d*être perdue, lorsque la nuit sépara les combattants. L'armée française avait abandonné quelques positions; mais elle était encore en bon ordre. L'artillerie venait seulement d'arriver, et on pouvait recommencer la lutte le lendemain avec des chances de succès. Vendôme soutint cet avis, et le fit triompher dans le conseil de guerre. Mais tout à coup une sorte de panique s'empara de l'armée, que la division de ses chefs avait démoralisée. L'infanterie et la cavalerie abandonnèrent le champ de bataille, et l'on prévint Vendôme que, s'il s'opinifttrait à y rester, il s'y trouverait bientôt seul. Ce fut alors que ce général exaspéré 3'écria : « Je vois bien que vous le voulez tous; il faut donc se retirer. Aussi bien, ajouta-t-il en regardant avec son insolence ordinaire le duc de Bourgogne, il y a longtemps, monseigneur, que vous en aviez envie *. »

La retraite se fit sur Gand. L'armée française se couvrit du canal de Gand à Bruges, de manière à pouvoir protéger ces deux villes. Eugène et Marlborough ne s'arrêtèrent pas à la poursuivre. Ils marchèrent audacieusement vers la frontière dégarnie de la France et allèrent mettre le siège devant Lille. Cette place était défendue par le maréchal de Boufflers à la tête d'une garnison de dix mille honunes et d'une population dévouée et belliqueuse. L'armée française tenait la campagne et pouvait prendre les assiégeants entre deux feux, ou les affamer en enlevant leurs convois, fille venait de recevoir un renfort considérable conduit par le maréchal de Berwick. Hais rien ne réussit par suite des di-

1. Dépèche de Vendôme en date du 19 juillet 1708, citée par M. Ern. Moret, t. m, p. 29, note, dans l'ouvrage intitulé : Quinze ans du règne de Louis XIV.

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