‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 31 sur 328 · Mémoires de SaifU^mon, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires de SaifU^mon, t. VI, p

visions des généraux. Vainement pendant quatre mois, Boufilers résista intrépidement aux attaques du prince Eugène, qui cernait la ville. Les hésitations du duc de Bourgogne et les luttes intestines des généraux paralysèrent tous les mouvements de Tannée française. Avant même que le siège de Lille fût complètement formé , le duc de Vendôine voulut attaquer un convoi considérable qu*amenait le prince Eugène. Saint-Simon convient qu*il avait raison ^ : « Le pro-* jet était beau, et le succès semblait devoir être favorable. En ce casy l'action était également glorieuse et utile : elle était aux ennemis le fruit de leurs victoires, leur causait une perte infinie; leur siège était avorté. Néanmoins monseigneur le duc de Bourgogne s'opposa à cette attaque du convoi. • Saint-Simon déplore ensuite le malheur du prince , qui n'avait auprès de lui que des conseillers tels que d'O et Gamaches*. Enfin, il insinue perfidement que si VendAme céda facilement à l'opposition du duc de Bourgogne, c'est qu'il < suivait son projet qui n'était pas de faire une belle et utile campagne, mais d'en faire faire une à ce prince qui le perdit sans retour*. »

Restait la chance d'une bataille pour forcer les lignes des ennemis. Vendôme voulait la livrer, si l'on en croit Saint- Hilaire. Nous citerons le récit imparrial de ce témoin bien informé* - « Il faut dire un mot présentement du projet de M. de Vendôme pour venir secourir Lille; en quittant Orchies, il prétendait passer brusquement la Marque vers sa source et entrer incontinent dans la plaine de Lille, puis marcher droit aux lignes ennemies, les faire battre et ouvrir par sa grosse artillerie, secondée de toute la petite, et y faire donner l'assaut, si les ennemis ne levaient pas le siège. Hais ce projet fut interrompu par un peu trop de prudence de la part de la cour% à qui ce dessein avait

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