Mémoires de Tessé, t. I, p. 99 et suiv
d'autre que d*envo^er tout droit chez vous, quoique oek soil fort dmgareux par les raisons que voua allei voir ; maie j'aime mieux hasarder quelque chose» rt que vous ue me soupçonnies pas d'avoir oublié ma promesse.Sai^hez donc premièrement que cette brouillonne et imprudente mère royale^ a dit au marquis de Saint-Thomas ', que j'étais la meilleure de vos amies et qu'il ne me dit rien qui pût vous être redit. Pour ee mal» il est aisé à réparer; mais ce n'est pas tout. M. eon fils * a trouvé trèe-mauvais les dtners et soupers que les dames ont faits chez vous pendant son absence; il a grondé et fait dire à la marquise de.Linat de ne plus souQrir que l'on y remenât sa petite-fille et de défendre doucement à ses filles d'y aller» en sorte que vous n'avez qu*à rengainer vos soupers. Quant aux dîners» les hommes iront priés et non autrement. L'on a tenu liste de ceux qui y ont été. Ensuite de quoi il m'a fort recommandé de donner exemple aux autres dames» en n'ayant aqcun commerce avec vous : avis d'autant plus fâcheux qu'il est irrévocable. Ce que je fais à présent vous doit pourtant assurer qu'en changeant de manières je ne changerai jamais de sentiments, tant je sois folle d*aimer le roi» sans l'avoir jamais vu; mais je suis Française.
^ Présentement venons aux sujets du voyage du marquis de Saint-Thomas. Le principal a été une promesse de TEmpereur qui met M. le duc de Savoie dans toute la garantie de la paix générale, oomme s'ils étaient encore bons amis; ensuite une lettre de TEmpereur qui l'assure de son amitié» l'exhortant et le priant de conserver toujours son cœur pour la maison d'Autriche , rassurant que dans toutes les occasions il lui fera connaître le parfait intérêt qu'il prend en tout ce qui le regarde. L'on répond à cela par mille re-
1. On appelait, en Savoie, Madame royale lam>re du duc régnant. C'était alors Marie-Jeanne de Savoie-Nemours, qui vécut jusqu'en 1124.