‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 303 sur 328 · Le duc de Savoie · texte numérisé non relu

Le duc de Savoie

merclmenta et par maintes asuurances. L'abbé* sera chargé de les faire et de cultiver cette belle aoutié : il ira à VieoDe. c Le marquis a éié chagrii^ contre vous de oe que vous lui avez mandé sur la Mirandole ; cependant cela a eu l'effet que vous en vouliez. Je ne l'ai jamais trouvé si fort impérialiste. Le duc croit avoir fait des choses merveilleuses sur la révo-* calioo de Tévéque de Genève, Il n'a pas trouvé que vous lui ayez assez exagéré sa complaisance; ainsi réparez cela» s'il est possible, mais d*une manière, je vous prie, qu'il u'y pa« raisse nulle affectation* C'est peut-être vous faire tort que de vous recommander pareille chose; mais il est si soupçonneui^ et en tout, et la chose m'est ai importante, que je ne puis trop y prendre de précautions. Au reste , nous sommes à mer-, veille ensemble, et si cela dure, il y aurait, si je voulais, plus de quatre personnes de noyées. Elles l'ont bien mérité; mais je me souviens que vous m*avez recommandé de faire le bien pour le mal, et je me trouve bien jusqu'à présent de n'avoir fait mal à personne. Adieu, monsieur; il y a demain bal à la cour : ne m'approchez point le premier ; si je puis vous parler, je le ferai. Cela est assez plaisant, que, sans nous en vouloir, il faille garder pareilles mesures* Qu'y faire? Je n'en serai pas moins de vos amies, ni dans les intéfât^ de votre maître. «

Cette lettre n'est pas.de l'époque où Saint-Simon noq^ montre * « la nouvelle maltresse dominant impérieusement toute la cour de Savoie, dont le souverain était à sei| pieds avec des respects comme devant une déesse. > La comtesse de Verrue commençait à sentir la contrainte, qui lui devint bientôt insupportable et la détermina à s'enfuir en France, où elle trouva un asile assuré. Elle ne tarda pas même à s'y

1. L'éditeur des Mémoires de re««^ suppose que ce passage pourrait désigner Tabbé de Verrue, doot les calomnies avaient été si funestes À la comtease de Verrue.

voir entourée d'une petite cour, et comme elle avait beaucoup d'esprit et de finesse, elle régna dans ce cercle jusqu'à sa mort, arrirée le 18 novembre 1736 *.

Les mémoires de Tessé complètent encore sur d'autres points les renseignements fournispar Saint-Simon.Ainsi àl'occasion du testament de Charles II, roi d'Espagne, qui nomma pour son successeur le duc d'Anjou, plus tard Philippe V, Saint-Simon dit que le pape avait été secrètement consollé par Charles II sur ce testament *. « Le pape, ajoute-t-il, reçut directement la consultation du roi d'Espagne, et ne le fit pas attendre pour sa réponse et sa décision. * Le récit du maréchal de Tessé est un peu différent : il raconte que le pape Innocent XII voulut d'abord éviter d'entrer dans cette affaire et de se prononcer entre la France et l'Autriche. Comme les mémoires de Tessé sont peu répandus, il ne sera pas inutile de citer le texte : « Le duc d'Uzeda m'a dit, raconte Tessé •, qu'avant la mort de Charles II, ce prince malade, qu'il servait comme premier gentilhomme de sa chambre, lui dit : Duc (IVzedQy j'ai intention de vous envoyer en qualité cTambaS" sadeur à Rome^ et que lui, duc d'Uzeda, ayant représenté à Sa Majesté que cet emploi qui l'éloignerait de sa personne et de ses affaires ne lui convenait point, et qu'il le suppliait de jeter les yeux sur quelque autre plus digne de cet emploi, le roi lui dit : Ne savez-vous pas que je n*ai point d'enfantSy que je puis mourir tous les jours? ne m'avez^vouspas tenu comme mort trois fois entre vos bras, et enfin ne voyez-vous pas que^ pour le repos de mes sujets et de la monarchie entière y il faut que je songe à me donner un successeur. C est pour ce grand ouvrage^ dont je dois répondre à Dieu et au monde entier^ que je veux consulter le pape ; et comme ce projet doit être fort secret, j'ai jeté les yeux sur vous pour me servir dans une conjoncture si importante. Et

1. Mémoires de Tessé j t. I, p. 96. — 2. Mémoires de SaifU-Sitnonj L II,

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