I. User. f. Saint-Germain, H
Stances de Mme dé firiiïVilIîer^ dont il â connaissance. Il suffît qiïe cetfe aflatre soit commise à vos sôîns pûttt être pefsuadé que le roi et le public en seront contents. ,c Je suis^ monsieur, "^' " t Votre très-humble et très-aflectîonné servfteilr,
» CôLBÉRT. 1
'tés êtoges que Louis XIV doûne au procureur général dans Ik lettre suîvaiîte n'ont rlefit de banal, quoique cè billet do rôf ne ôolt qu'Uhe réponse à des félicitations :
« Monsieur de llariay, vous n'avez pas besoin de me faire tânl d*èïcu5es de la lettre que vous m'écrivez sur la prise de Valenciennes. Vos pères ont servi l'État d'une manière qui suffirait pour me répondre de la sincérité de votre joie pour un succès si important. Mais j'en suis assez persuadé par la connaissance de votre zèle potir mon service et pour ma personne. Continuez à marcher dignement sur leurs traces dans vôtre profession. Cependant je prie Dieu qu'il vbûs ait, Monsieur de Harlay , en sa sainte garde. Au camp devant Cambray, le ii mars 1677.
« Louiô. »
ta correspondance de Harlay atteste qu'il sut résister à ces ministres que Saint-Simon représente comme armée d'une puissance absolue. Ainsi en 167B, le chancelier Michel Le Tettîer, malgré le crédit de son fils le marquis de Lduvoii, ftit contraint de reculer devant l'opposition du procureur gé* néral, qui avait pour lui l'autorité de la loi. De Harlay s'oppèsaft â ce qu'un ftingîstrat, soutenu par le chancelier, fût i*eçii avant l*ftge fixé par les ordonnances. Michel Le Tellier fiit obligé de céder, et sa lettre au procureur général (29 juin 1678) reconnaît, dans un langage qui sent la con* trainte, que de Harlay a pour lui le bon droit : • L'applicâtidn (juô vous vous donnez, lui écrit-il, pour l'ôbsefvation
df 8 ordonnances du roi est fort à estimeri et il est sans doute que rien n'est plus nécessaire .pour le bien de la justice. •
La lettre suivante, écrite en 1679 par le ^and Gôndé à de Harlay, renferme des témoignages de profonde estime :
c Monsieur, j'ai été très-fflché de ne vous avoir pas rencontré chez vous , et j'y serais retourné sans que je m'en vas à Chantilly, pour vous témoigner que personne au monde ne prendra jamais tant de part que moi à tout ce qui pourra vous arriver. Je vous supplie d'en être bien fortement per*suadé , et que je suis, avec la plus grande estime du monde et la plus forte inclination ,
« Monsieur, votre très-affectionné à vous servir, « Louis db Bourbon. »
Pendant les discussions avec la cour de Rome, en 1681, Achille de Harlay fit preuve d'une fermeté qui lui attira des ennemis et l'exposa à de violents pamphlets. On en trouve la preuve dans la lettre suivante du cardinal d'Estrées, alors ambasseur de France à Rome. Il écrivait à de Harlay, le 2 mars 1681 ; < Les sentiments que vous témoignez, Monsieur, dans la lettre que vous m'avez fait la grâce de m'écrire, font juger de votre modération , de votre sagesse, de voire grande capacité. Avant que de l'avoir reçue , j'avais parlé, comme je devais en différents lieux et considérables, de ce qui est de singulier et si estimable dans voire qualité , votre mérite et votre conduite , et j'ai eu occasion de le faire depuis. L'écrit emporté, dont vous vous plaignez, a des caractères si visibles et si odieux de fureur et de passion qu'il n'a pas été approuvé ici (à Rome), et n'aurait pu donner quelque atteinte à votre réputation. »
Ce fut encoFL' à l'occasion des différends avec la cour de
Biiiie^iqitele.pro(taiMr'gân£ral!proiiQi^ dMsle.parinDfnli oii ron^aYait mmdfi ks^dt^nléa deU fiicully§ de.tbéologie^ un difhcoqns qui hvi attîrfi kn élQse« d^SéigQelay. Ge ibinislmlin écrivAitie 2Q janvier liSaS: « J'airfiD^c^akptersbSfi Mi^oilé 4ii 4l^afl9iMi!fli qp^ Yws >avefi . fait mik pftrif mf Qt., .daN . la<|fiH vw$: iiT^Y lû. digDjâmmt parlé ^ur le fait iqoHF^^aftt doBi il 9^*m^U ¥1)16 en f|itt9ut te.ia« qu'il.méritei et qow auriens beaucoup perdu» M>€Qiâme To«a.m'écriY«it% qudquo'iuitre avait voulu parler à votre place. »
.Vcrs^ la;, même' époque» uo ^ligieurpour. lequel SsàAi- 3jq9QOi|t4ifîoignf tf^uideconfianoa ^davénératîoii, Tabbéie Aancér 1|9 rjôfbmi^teur deta Trappe, ipan tfeste po«r de Hortay la p^ia iiaole.e^Umf : « U {>*y a point de choee en ee monde,, lui. écritHil (% avril 1^3} qMe je p9J98e désirer davantage que de mériteryotre^approb^on, et je/n'estime infirment heurei^ si le Uvçe % q^e.^L d'Kstrecby voua a présenté de ma pf^rt, vous en a paru digne, comme vous me faites, rhonneur de me le maa^r^ On m'é<»'it« Monsieur, que l'envie des bon»mes cpxpmeitce à a'exciter coQ.ira l'ouvrage et contre celui qui eu est hauteur; mais «^ m'est une consolation tout à fait eau* aible qjue vous en ayez jugé d'une manière si avantageuse» n'y ayant rii^n.âe plus ;capable de fermer la bouche àceuXt qiÛia^rAi^tJa.pQnfée d'en combattre cy d!^ coBd.amoer le^ septim^ntS'el leaaiaximes que de savoir qu'uqe personne de votre rws» ^^ votre autorité, d'upe verlu si éminei^, d'un disceroepient et d'uqe érudition si profonde^ s;ejplique eji sa favf&ur. Ofins le fond. Monsieur, ces^ instructions,!^ contiennent que des vérités qui étaient autrefois très*comm^nes et très-pratiquées^ et qui se sont trouvées ensevelie dans l'oubli par M malheur et par l'^Qiaiblissemeot .^. temps.. ;: ,
K 4en'^pq^qt.de p^Qles, Moi^ieur^ nom* vous ^iprimer
1. 11 s>gi^ pïpl)fkbleme^i de Jlouyrage intUulô ; De la foint^U et des (kvoin de la rie monastique {PiTia, \6^). <•!
DES MÉIfOlRSS DK SAINT-SIMON. 617
IkwBOtawBimu qM fvi de UnHos* les botttâ^ dont «vméI me tomhkn. G^ que je puis protester M qne je tous siipt>lie «rta^taernblemeàt de «poire, «'est qn'H n'ifâ |)peM de joar dene BMi^vifa qoe ji^nerecommaiide àDteo^ àmeb'une^iptilieadtot^ pfliiiouKère, et ?oire pereonne et -vos empiète, et que ;^ ^ le ^rie de tereer sûr votid avec eboodaiioe eee béiÉécRetieM etees^frdees pour TéterAtté comme pour le temps. Je euis aTO&untris^inrofood respect, Monsieur, etc. * : : • i
Lorsque de Harlay flit nommé premiet prtsidefat éir ie^9, l'abbé de Rencé hri adressa une lettre de fflSeitatléiM qtif mérité d*étre dtée à cause de la fcrce des erpressiotis * eÎ!^ témoigne de la profonde admiration d'an homme, dont Sàfèt-^ SfmoR n'anrait pas mis en doute la sincérité : « Monseigneur,éorîTiait Tabbé de Rancé à de Harlar le S6 septembre 166d^' il serait bien difficile d'exprimer la joie que j^ai ressentie lorsque j'ai su que le rot, par un eflet de sa. bonté; dfe ^6ni discernement et de sa sagesse oritinaîre, vous émis-à latét»de sott parlement, et je tous avoue que ce sentiment- est' fimdé noiHsëulement sur rattachement que j'ai à^oëreplei*-' sonne et à vos intérêts , mais aussi eur la part que^ je prends^ au bonheur de toute fe France, qui tirera des- biénf^ et des* avantages infinis de vous avoir dans une des prindpale^' places de TÉlat. Jene doute point que Dieu qui vous sldotmé'^ tant de qualités qui vous distinguent du reste des hothtîre^, ' ne vous ftsse encore la grâce de répondre à Tattente pti-^' bfique et à cette grande réputation que vous v6us étés si ju^^ ' tement acquise. Comme sans lui la vertu la plus éclatante n'est que ténèbres, nous le prierons instamment qu'il soit' votre lumière et qu'il éclaire toutes vos voles, et je regarderai cela toute ma vie en mon particulier comme une obligation ttdispensable. Je vous supplie Iràs^humblement d'en
I. Cette leUre 1 été publiée dan;* la Correspondapcc adntinûtmhre sotu /.ottii TIK, t. II, p. 26X
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être persuadé, et de croire qu'on ne saurait rien ajouter au
profond respect avec lequel je <uia, Monseigneur, etc. »
Je terminerai par une lettre du niaréchal de Gatinat, dont Saint-Simon s'est plu à proclamer le noble caractère. Répondant, le 27 tnara IftM, à de Htrlay, qui Tayait félicité sur son élévation à la dignité de maréchal! il s'exprime ainsi: > Monsieur, je vous suis sensiblement obligé d'avoir dérobé un moment à l'utilîté publique pour me faire Thonneur de m'écrire et me témoigner la part que vous avez prise à celui dont le roi vient de me combler. Il m'est bien glorieux d'avoir reçu de vous une marque si obligeante de rihtérèt que vous prenez à tout ce qui nous touche, et que vous ayez bifoi voulu profiter de cette occasion pouf me faire connaître avec combien de bonté vous mTionorez et mes frères de votre estime et de votre bienveillance. Vous êtes juste, et je me flatte que vous croyez devoir ces sentiments à la vénératiOD et au respect avec lesquels je suis, etc. »
Que l'on pèse maintenant tous ces témoignages s'élevant en faveur d'Achille de Harlay, et qu'on les place en présence de l'attaqiie violente de Saint*8!mbn. D'un c6té, des mi^strâts tels que fluillailme de Lamoignon et Olivier d'Ormesson, dt?s ministres comme Colb^rt et Seîgnelay, des capitaines illustres entre lesquels figurent totinat et le grand Gondé, un religieux âuist renommé par la sainteté de ^a pénitence que ràbbé dé Rancé, et de l'autre un écrivain passionné qui hVùûé sk hafne et en révèle }e^ motift. L'ittcertftude ne me paraff pas possible; Il faut reconnaître que Sîiint-Simon â été entraîné par la passlofi jusqu'à la calomnie*.
L Si le» téoioignî^ges en faveur d'Achille de Harlay n'étaient pas dé|i surabondants, je pourrais y joindre un passage des mémoires de lâbbé Legendre, qui vante le génie élné, la grande intégrité et le savoir de ce magistrat (liv. I, p. 31). Le môme auteur fait l'éloge du premier président de Novion, si maltraité par Saint-Simoi? (vqj. plus haut, p. 501 et suiv,)