‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 311 sur 328 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

AOTCVM OQHTtlfPOilAUfB Dfi «AXUTHKIIOH.

Nécessité de comparer les mémoires de Saint^imon avec tous les autres documents oontemporaios , pHndpalesietit a? ee les oorrespondanoesetles mémoires.— Les Mémoires de 8einl-Hilair« servent k rectifier le récit que fait Saiot-^Simon de Taffaire de Daiiise (1 k juil- Jel 1695). — On doit aussi consulter les Mémoires de Torcy, deLouville et du marquis de Saint-Philippe , les Lettres et mémoires dô Pénelon, les Mémoires de Duclos et de Mme de Stàal, le JôUtniil el mémoires do marquis d'Argenson , les Mémoires in présîémf Hénaultj les Journaux de Barbier, Mathieu Mpuaie el Buvat; «nfîe. les maauscrits de Joly de Fleury, de Noailles, de Gange, de Claireoobaut, etc.

Now avops comparé aux mémoires de Saint-Simon lea lettres de ses contemporains^ de Loim XIY, de Mme de Main* teooni de la princesse palatinoi de Noailles, de Vendôme, da Villars, de Tessé % et les correspondances relativei à laguerre de succession d'Espagne '. Les mémoires proprement dita^ comme le Journal de Dangeaui les mémoires da Saint-HUairei de Torcy» de Duclosi de Mme de Staal, de d'ArgensoBt du préaident Hénault^ etC4y ne sont pas k négliger. Nous avona déjà parlé des renseignements que Saint-Simon a puiaéa dana

1. Nous avons fait obnerver que les ouvrages appfl^s M^fMirtt de Noaillês, tte fittatn, de Te^sff, ne sont que de» extrait» de eorre:«poti(liinoe0.

t. Cps correspondance'* se tmuTfnt, comme on Vtt vu, dan» les MémtHrm militaires relatifx A la guerre de succexsinny ou¥ra^ qui flit ptrtle ds Is collection de» Documents inédits rehHf» à VMsffHrP dé FfdHcê.

te'Joiiftiàf 'âeDaIngebuS I/)l1sc|uMltB^en érarteaur Hœlaîto particulierSi il a presque toujours tort. Ainsi Dangeaa aJr^t hit &f lâ'dafe du tl-atvHl lB9t^ en partentidu siège de Moos : «Tài bppris l[iti^/âut*àfnt id siég0i leroitralit étéim pen.eo èblèrd edMfe M. deLouv^is, de l*opfDiAti«té «reoIftqmlteJI avait voulu que lèd «oibtiil6$aireB des goeftesaiarqiiatteot ie eèïn^ éè'U càtaleHe qûVm fit entrer dans les lignes ces jem passés. Ce soin regardait naturellemeilt le '.maréchal -deB lé^is' de la'ëàvalerfeyet te i^ tidulait que cela se ilt dans les forteei ordinaire*. » / - .

Saint-Simon» reyenèmt sui^ ee ftilt à une époqoa éloigaéei Idi ^otmeuiib fbnnè plus dramatique^ mais beaucoup moins Vf dîâèftiblable : « Lé fôî, dîf-fl», qui se pîqyait de sa^foir tliiêtiz qtie personne jusqii'aiiï moindreë ehotos milftaires, se pi'ôïnienant autour de son camp, trouva niie garde ôrdiiiàfre de 'àtvalelie mal plaêée,' et liïl-mâme la replaça autre* rriëht. Se |)f bmenant "encote le métne jour raprè^^dfnéa, le hasard Ûi qu'il repasia devant cette m«iné garde, qull trouva placée ailTenrs. t! en fut surpris et choqué. Il demanda an càpitarne qui ravait mis ob il le voirait, qui répondit ^qoe c^ëtait'Lduvois qui atait passé par Itr. Jftfù, repcîl le roi, «0 tiii'ave:i^À)oU^''pas' dît que tf-étaù'mûi qui ^om avais T^fué? ^ but; ÉiHl répondit le éâipitaîue. Le roi piqué se tourne vers sd kbîte, et dit : N'est-ce pas lemêHèr de Lamiois? U i^ croit un grand homme de guerre et savoir tout. Et tout de suite replaça le'eàpitaine aveb sa gardé où i) Tavait mis le matin. Citait en effet sottise et insolence de |iOuvois, et le roi avait dit vnd ÉUP son Cotnpte. Mais il en fdt si blessé qu'il ne put le lui pardonner,.. 4 qu'après sa 'mort ayant rappelé Pomponne dans^son conseil d'Ëtaty, il lui conta celte aventure, piqué

1 !• Voy.plus haut p. 158 et suiy. On pourra consulter les noteis et appendices que les éditeurs du Journal de hangeau ont ajoutés à cet ouvnge. Saint-Simon n'y est pas épargna.

DES MÉ1I0IR!R3: J)R ^AINT-SIMON. $âj

«ncèredelfr prttaoôiptîôn de t(WiYOis,.eti^,te.iifln3.d0,r3t)bé U6*oiiiponnë. ». ' . » ! , • ,i t:..,

-On^voic parcondMan de c^oanjc a pa^^é;)^ jré(ut{a,Y^p^ d'arrifer à Sai&l-Simon, tandis qoe £!angeau écrivait ,30|uç PimpneBsion œâmedes évéofioieoU.» Ailleups Saint'Sîfnp^ pHtend que Dangeaa s'est trompa ^nr uaincidj^nt gui B*jà$p passé au paiiemeat de Paris ^ et les re^iaUre» du p^rlem^tut^ dctsnent raison à Daogeau *.

Noos arooa efuocoa^oa d^ citer ja Gorjre^pqn^aqcç d^ Louis XIV^ avec la gouvernante de ses enfanU, av^^^ji;^^ raux et avec ses ministres comme fournissant d'importantes reetificatioos. Jl est inutile d'y revoiir- , v. ., . .

Les mémoires, où les auteurs partent en leur nom, dqi^; Aent leurs appréciations persoauelles et cherchent souvent à iaire briller leur esprit aux dépens de la vérité, , n'ont pas la même valeur que les lettres. Cependant lorsque l'iqpartialilé et l'intelligence de l'écrivain sont constatées^ .ce§ documents méritent d'être étudiés. Tels sont ,. par qiiemple, les mémoires peu répandus deSaini-Hilaire^ Saii^^-Simof^ parle d8 ce général à Tpccasion de la formation des çon^pi^ so«6 la régence. ^ Il était (ils, dit- il ^ de celui qui eutle bras emporté du même coup dei canon qui tua M. de 7^^enne^ et il y était présent C'était un homme fort lourde mais qiti entendait TartUIerie. » Lesmémoir<^, que Saint-Hilaire a^ laissée et qu'on a publiés sous le titre d!Hi9toire dç louis XJY,

1. Voyee r«xtrait des legiatroa daiu lea Àfpmdiç4s au Jowmai de Dan* geau,y L XVII, p. 410.

%. la correspondance de Louis XIV est loin d'avoir été .cottplétémélit publiés : on trottve un certain nombre de letlres daod le r99uaii de Grimoard intitulé OEiioret de louU HV (6 vqL in-8, 1806). 11 faut y ajouter la Cor* retpondance militaire sous Louis XÎV, et jleux volurHes do Lettres provenant de Rose, secrétaire du cabinet. Voy. plu bâut p« ^79 et suî?., left (attrer db Louis XIY à la maréchale de la Mothe.

3* C'est précisément parce que les mémoires de Saint-Hilaire sont peu r^andusque je crois nécessaire d'y insister. Je passerai plus rai^démênt sur les mémoires qui sont compris dans toutes les collections.

Bè déDWitpnt paa osUe pesinteur d'esprit qoe SrâufifDOD attribue à l'aoteur. Mais ils soût^orttfl avec assez d'indépen^ dance* et traitent apécialemeot des événemeDts militaires, que Saiat^JIilaire coBBalt et expose mieqxque Saint-SirooD. Ce dernier n'a assisté qu'à une seule bataille, oeli^ de Kerwinden, doai il nous a donné un récit fait immédiatement après l'action \ Les principaux événements de cette journée, et surtout les attaques acharnées contre le village de Nerwinden qui fut plusieurs fois pris et repris, la cpo- ^stance de la cavalerie française sous le feu de l'ennemi, sont iadiqués, mais sans que l'on puisse saisir l'ensemble de Yào tien et les causes décisives de la victoire, Saint-Simon ne sait ni retracer avec netteté les circonstances topograpbiqoes qyi <Hit exercé une grande influence sur }a bataille, ni la pensée du général qui dirigeait l'ensemble des opéraiioDS. Gequ*il saisit et exprime à merveille, c*est un détail. Il ressemble à ces peintres du Mu(ée de Versailles qui, chargés de représenter une de nos grandes batailles nationales, se soot bornés à un épisode^ Celui qui domine dans le récit de Saint- Simon est l'aventure de son gouverneur emporté par son cheval, perdant son chapeau et sa perruque, pris pour an Espagne, et finalement obligé de regagner les équipages oA iiattttttl tranquillement le résultat de la bataille. . Pour les ^(utreBcombais qu'il ne connaît que par ouï dire, asB lécits sont encore plus confus et souvent entachés de partialité. Qu'on lise le récit des actions de Friedlingen, de Gissano^ d'Oudenaxde, de Malplaquet, de Denain, on n'y distinguera qu'une ou deux scènes que l'auteur a mises en i^lief ; mais l'ensemble de l'action^ le plan et la peaséa ées ^nérauXy les mou¥ements qui QQt décidé la vlctoiroi loot ceifl loi échappe. Qtieliquefois il oit entretné par la fwion ^

1. Voy. surtout le ms. des Mémoires de Saint-Hilaire consen-é à h Bibliothèque impériale du Louvre; il diffère souvent de Touvrage imprimé.

2. Mémoires de Saint-Simon, 1. 1, p. 91 et suiv. « Voici, dit Saint Sinaon. la relation que je fis le lendemain de cette bataille.- »

DES MÉHOIRSS DE '9AINT-SIM0N. fiStS

pctirtëiidrë utupofrsqniiagt odieux ou rWicui^, il préamte tes événement» sous un aspect étrange et invraisemblable (}De démentent les bistoriens militaires. Nous en avons cité plu* sieurs eiemples ^ . Nous en sgouterons encore un pour lequel Saint-Hilaire sert à rectifier les erreurs de notre historieo.

Saint-Simon accuse le duc du Maine d'avoir laissé échapper Tennemi qu'il pouvait accabler en 16954 « Lenaarécfaal de Villeroiy dit-il dans ses mémoires \ serrait M. de YaUfdemont le plus près qu'il pouvait, et celui-ci» de beaucoup plus faible» mettait toute son industrie à esquiver. L'un et l'autre sentaient que tout était entre leurs mains rVaudc»mont» que de son salut dépendait le succès du siège de Naimur» et Yilleroi qu*à sa victoire était attaché le sort des Pays- Bas et très-vraisemblablement une paix glorieuse et toutes tes suites personnelles d'un pareil événement. H prit donc si bien ses mesures qu'il se saisit de trois châteaux occupés par cinq cents hommes des ennemis, et qu'il s'approsha tellement de M. de Vaudemont le 13 juillet au soir» qu'il était impossible qu'il lui échappât le 14» et il le manda ainsi au roi par un courrier. Le 14, dès le petit Jour» tout Ait furfit. M. le Duc commandait la droite» et M. du Maine la gauche; M. le prince de Conti toute l'infanterie » et M. le duc de Chartres toute la cavalerie : c'était à la gauche à commence!!, parce qu'elle était la plus proche. Vaudemont» pris à découvert, n'avait osé entreprendre de se retirer la nuit devaet des ennemis si proches, si supérieurs en nombre et en bonl|S de troupes» toutes les meilleures étant au siège» et un ennemi dont rien ne le séparait. Il n'osa encore l'attendre sans être couvert de quoi que ce soit, et il n'eut de parti à prendre que de marcher au jour avec toutes les précautions. d'un général qui compte bien qu'il sera attaqué dans sa marche, mais qui a un grand intérêt à s'allonger toujours pour se tirer d'une

t. Voy. plus haul p. 5«7>ÔM, 564-:>6:), 58(H81.' 2. Mémoires de Saint-Simon, t. I, p. 37^-274.

«J4 . E^CAMES CRiTlQUE.

^l^oa:f4/cheu99„ §1 gagner comine il pourra :un pay&.pbis ;<K)MYef{:/çtçwpé| k trois bano^ tieues d*ûù il se (roa]rait

..^ M.pi.ar^al 4e Villeroi manda, dès qaii fut jour,, à {l^,4u:Maii^. d'attaquer et d'engager l'actiou, comptant de le «Quteoir avec toute son armée, qui paur arriver à tempe .^yc|it))eiQinque les ennemis fussent retardés, puisemptehés de .marchtir par l'engagement dans lequel notre gauche les aurait :pis*^ Iqapatient de ne point entendre l'effet do qet jQirdFe,. il dépêche de nouveau à M. du MainOi et redouble ^iiiqou six fois. M. du Maine voulut d'abord reconnaitn^ j}ui$ se cmfes^er» après mettre son aile en ordre qui y était dapui^ longtemps et qui pétillait d'entrer en actiou. Pendant tous ces déiais, Vaudemont marchait le plus diligemment tque la précaution le lui pouvait permettre. Les ofjGciers gé* ^raux de. notre gauche se récriaient. Montrevel, lieutenant géjaéral le plus ancien d'eux, ne pouvant plus souflrir ce .4^'iil v^ajbl, pressa M* du MainOilui montra l'instance des 'pirdres réUiérés qu'il recevait du naiarécbal de Villeroi» la vie- A^ire.fecile et sûre, l'importance pour sa gloirei pour le .sdiceès de Namur^pour le grand fruit qui s'en devait attendre de l'effroi et de la nudité des Pays-Bas après la déroute de la i^ute armée qui les pouvait défendre. Il se jeta à ses mains; ;{ ne put retenir ses larmes; rien ne fut refusé ni réfuté^ «lais tout fut inutile. H. du Maine balbutiait» et fit si bien que l'occasion échappa» et que M. de Vaudemont en fut quitte ffom le plus grand péril qu'une armée pftt courir d'être entiàrement défaite» si son ennemi qui la voyait et la comptait bomm§ par homme eût fait le moindre mouvement pour Ibttaquer* »

; Dans ce récit pathétique i Saint-Simon s'est donné le plajsSr d'écraser le duc du Maine, pour lequel il n'a jamais dissimulé sa haine. Deux témoins oculaifeç, le maréchal de Berwick et Saint-Hilaire, prouvent que tout ce drame est de l'invention de Saint-Simon et que le duc du Maine, bien loin de résister aux ordres du maréchal de Villeroi» les sollicita

DES MÉ^'ÔïfiÉë^Dâ «tTAI-^t-SIMON. ^é&b

Hîlairig; (}iii était ftdprës du mt^ecAal dëf Viltet^é^f/ ént^ë dérns beàticaup 'de' détail»': « Pavai? Thonfielfr/dîï^fl'Vde éilvre M. de Ttllërol, et fustditétoniié de vdr qi?bn'S'kmfehik ititi^rà à fe^otn^aftk^ leà bols et-fes bui^oris m laKaeë'âù yetranéhemènt dés ennemis qui y aboutissait; ^'à fhiré Um Sitnpte pfoiïiënaidë. Ce qtrl medout^si c^asaotl éëAMfët'qdt K; déVillëroi eût permission' du roi dé les attaquer.' Jiisqtié* là Je ne m'étais pas i^naglué ^u'on pût, afëc une si b€rlfe et âf noinbreusè armée; se coï^fenfei^ <l'une^ simple 'Ohurge *d'arrîère*garde. Je pris donc la Bbeirté d*en demander la ¥ëi§M à M. le duc du Maine. Il me répondit de rie pas dout^ que M. de Villerw n'eût cette permission. Èepettdanton feoniti&ua de se promener sans sf appliquer àktitré diosoi Outtod le maréchal fut panrénU sur la hauteur Ab la gauche; où' 1^ troupes de M. du Mairie étaient en halte et ofr Un Voyait foft ft 'plein la droite des ennemis dérHère leur retranchentent, 1! m'appela pour me deniander si leur canôki pouTah-pôHër Jusqu*à l'endroit où nous étions alors ; car ils ne Si^enk aucun coup, je l'assurai que les pluis petites pièces de eafiapagne porteraient fort au delà'. ..

' « Un quart d'henre' après, ce général pritccmgé'dé M"; dtt Maine, en hii disant : M(mseignèwi Tétaumêx, $^U thw ptnic^ àvo» troupeê; '^ffy a rima' faits ptésêht ; i}ùu$ êoûm cedOiU fibw scmmês convenus. JévaU riijoin^r&man quarHer.QuMdU y atirtt quelque chose d» hoUvèdu, ji })éus U ferai savoir^ Aprâà 4^1a ils se jéparërent, et M. dti Malfne, que je 'adi^f^i ^iA ttlettrepied à tei^re à la Mte de sea troupea* II' était envIfVMi une heure après midi; je m'avançai seul sur le sommet' dé la hatifeur pour considérer ce que les entifemis faisaient, et je ^ftK quelque temps à raisonner' sur da sujet avec '<|iiiÂqubt officiers qu'une pareille curiofirité y atAlt aitlréb; Jeitjolgtiis

' r. Hém, du maréchal de Berufiek (ôdll. llîcti.*etPouIoula(),iJ. Î4Î.' ' % Mémoirtt âf SiÊkU^Uairèt L U,<p. isr et aolV. • i •

eiS BXAMËN GRITIOUB

M. da Mtioe et TavertiB que les ennemis avaient «Mé <k traif^iller à leurs retranehemeiits, au moios à œlui de lenr droite ; car je n'avais pu voir ce qui se passait à eeloi de kw gaudie. J'ajoutai qu'ils faisaient plusieurs mouvements et que même l*aile droite de leur cavalerie était à cheval. U ne coudât rien de mon rapport jusqu'à ce qu'environ deot heures après M. de Bezons, maréchal de camp, vint lui dire que les ennemis quittaient leurs retranchements et se rsti* raient. Il ordonna sur le champ à la cavalerie de mooter 4 cheval et à l'iaftoiterie de ju^endre les armes. L'artillerie delà gauche se mit aussi en mouvement, et H. du Maine envoya un de ses gentilhommes, nommé Bessac, à M. de Yilleroi, pour lui faire part de-l'avis qu'il avait reçu. Cet avis hii fiit encore confirmé dans ce moment, de la part du duc de Villeroi, fils du maréchal ; ce qui est une circonstance qee M. du Maine chargea fort Bessac de lui rapporter.

t Les troupes marchèrent après le départ de Bessac. M. du Maine se mit à leur tête» et entra sans aucune opposition dans le retranchement droit des ennemis, qui n'était que de sable et fort mauvais. Leur arrière-garde se trouva alors à rentrée du village de Vinck. M. du Maine y fît faire face, stfns vouloir rien entreprendre qu'il n'eût reçu avis de M. de Villeroi^ comme apparemment ils en étaient convenus. Gomme les moments sont précieux à la guerre, plusieurs blâmèrent M. du Maine d'avoir laissé échapper Tennemi sans le charger, ou tout au moins sans avoir retardé sa marche par quelque escarmouche. Il y en eut même qui disaient qu'un fils de roi, comme lui, aurait dû pt^ftdresur soi en cette occasion qui paraissait un coup sûr et qui lui aurait acquis beaucoup de gloire*. D'autres alléguaient les règles militaires de ne rit^n entreprendre sans Tordre du général. Je rapporte les circonstances de ce fait cwnme témoin

1. Ce passage prouve quâ Saiot-Hilaire n'était pas us flatteur du duc du Maine.

DES MÉUQlSiW Dn AàlHT-SIMON. ««7

iMikmt €l Mfln ir^Jorni^ parcs gu*il « fuUéW$ l^ ^vil0 bm^ 0$t»p ds bruit. Ma» comme je aedaîQ pas 46&4er cefH^ qi^« tioo ; je poursuis, ma narraiioo.

t Besaac, à son retour, dit à M« du Maiue dans les relr4Br diemeuts de reuoemi où il le trouva^ qu'il avait eu pfjae k parler au maréchal, parce qu'il reposait; mais qu*à ia 9a sou écuyer l'ayant introduit, il s'était acquitté de sa commisr aîaii, et que, sur son eicposé, M. le maréchal avait fait d^^ peler M. de Puységur^ qui était alors maréchal des logis, d^ rarméOi auquel il am^onga cette nouvelle, M. de Puység^r répondit qu'il descendait du clocher de Duntergbem, d'où il avait vu l'armée des ennemis encore dans sa même situation i qu'à k vérité ils faisaient quelques mouvements le long de leurs retranchements; qu'on en devait inférer qu'ils cherdiaient à se précautionner contre une attaque à laquelle ila s'attendaient de moment à l'autre. II était bien vrai qu'à cette heure -là les ennemis tenaient encore dans leur retranchement de la gauche, parce qu'il était le plus près de ngs troupes; mais M. de Puységur n'avait {>u découvrir, du dçp cher d'où il venait de descendre, qu'ils avaient quitté celMi de la droite, cette partie de leur armée devant se retiser par le chemin de Gand, et l'autre par celui de Deinse (ou Daipse), afin de s'échapper plus vite; et il est certain qu'en cela M. 4^ Vaudemont se conduisit en habile général. Ainsi M. de P^yr s£gur assura le maréchal de Yilleroi que les ennemis ne ^ retiraient pas* 11 fut cru» et on renvoya Bessac dire h M, du Maine que ses avis n'étaient pas bons. ^t

^ Sur la relation qu'il lui fit» M. du Maine s'écria : Quoi l M, le maréchal ri a pas voulu croire que les ennemis se relirenl? La droite ne monte pas à cheval? Elle ne prend pas Us arnieJt ? — Non, Monseigneur, répondit Bessac, et Us troupes sont encore tn halte en colonne où elles sonl arrivées ce inatin, — RetourViC, Bessac, au plus tât^ répliqua M.du Maine,eMt5 à M.U maréchal que Vavis que je lui avais donné est si certain^ que tu m'as trouvé avec les troupes dans les retranchements des ennemis^ et le nez sur

]toiidUipIusdetr(Hs:lkèuresâ'ua temps 1rré|mraMe k cësaHéeir et ces Yi^«M8 ; et II revint âi^e à it. du M^ne qu*à la "iii h droite montait b cheval, prenait les armes et allait niarder aiwoWi le maréchal, qui lui mandait de ne pas cfuifter le HéU'ûb H* le irouveraH fusqu'à' nouvel ordre. Afesi ceprnïce démedra dm»» llnaelion ie reste de là jonrnâe; ee ^Juê dêffiluvfim, M. de' Vflleroi entra dans le retranchemetitdes emiemiioù il ae rangea en bataille, et tomba à une lieoé de Ik, & l'entrée dé' la ntilt, sur ratrière-garde d^iine coiofihe d'inikiflcfrie, qiri s^ dlfrîgeâit vers Deinse. Il y eut quatre oa dtaMT'i^^ hoihmes de cette arriêre-garde'tué^ au prî9;et Quelques oflfidi^re; mailla nuit étantsurvenue, cette colonne 9'tfotBil|spa'iiui8i'bfôn que toute cette armde, et le tnaréchal' neila Suivit {)taÀ, 31 mandai M. du 'Maine de le rejoindre avpeisbantroapés^ ^t l'armée i^s^aie refste de la nuiteobslès aartties à randnoil où elle se frotjvsll. Le lefid^sn^ain^oïi ëM le^temps^dè reconnattre les ^fautes qu'on avait failes, et en^ cmpidéranlt le terrsiit de découvrir que Tarmée eniàenrie [toQvdit facilement se tourner pat sa droite et être con|^ par ses derrières. Si cela était arrivé, le prince d*Orangeèât été eèntbalntiâe lever le siège de Namur : sa réputation était penlue,*soapsiMS abattu, et le roi aurait été le maître <iie donner la ptit aur conditions qu'il aurait voulu. * 'fi&nioit'détaîllé des événements militaires de la jouraée du 14 juiitei 1^5 absout complètement le duc du Maine et rejette loote la foute sur le marédual deVilleroî. Saint**SimôD écrit longtemps iiprès l'événement , avec un sentiment 4e haine déclarée contre le duc du Maine et une intelligence très-médiocre des opérations militaires. Saînt-Hilaire a été témoin oculaire; il avait dans l'armée un rôle important, et

h'W «àt'fajîJOR^ble d^nepasroeônnâllre, d'apte ce \iécît, qjiè IM rtîarfs vinrent du maréchal de Villeroi et non cfu duc du Maine.

DES MÉjyiOIBES Da SAJ1*T-S1M0N. ^i»

U a.port^dane son réeit beauooup^*inQtparUiUilé>^i! m^peitt b^ifiter «n^re cesdeux témoignage»! aurtoutloraqQ^» celui de SiÛQt-Hilaire est corroboré pai! Jes mémoireis du manidial àfQor^cICy qui asûstaU également auK événçmeois. < i •

. I^es mémoires de Torey peuvent aussi sortir à irectifior eaux de Saint-Simon. Ge seorétaire d*ËtM a surtout MirdfA les négociations qu'il avait dirigées comme mitistne des afn {aires étrangères. Il a fourni des renseigaernents à Sain^> Simon, qui ie cite comme sa principale autorité p<mr tout, ce qui concerne les relations avec lep puissances aliiéeson» rivales de la France. Cependant on aurait tort de ne pas r^ owrir aux mémoires mômes de Torcy. Ainsi, pour JaiAéli-i) bération à la suite de laquelle Louis XIV accepta le tesitmeiit de Charles II, les récits de Torcy et de Saint*£tmon ne sont pas conformes. SatntrSimon y (hit jouer à Mme deMaiAlieiion un réle que Torcy est bien loin de hii attribuer < Ge denlier dit même positivement < que les écrivains des^demierstempa. ont avancé iaussement que Mme de Maintenon avait tassirté. à ce conseil et qu'elle avait donné son avis. ^ Torcy, ifuil était présent à la délibération, est plus digne de fol qnw Saint-Simon réduit à recueillir lesjaouvelles.quidrculaienti parmi les courtisansS .- . .

. Il ne fmit pas oublier lesméinoires du marquis de Ji)m" ville^ qui ont été composés au moyen des lellKs. et, antres; documents trouvés dans ses papiers* Sainl^^Simon avait été • en relation avec Lou ville» et il le cite plusieurs fois. dansées naémoires'. Nous avons vu plus haut* que Louville^ dl^^ûii' cdté» donnait des renseignements sur le caractère de somagii. le duc deSaint-Simon,qui lui paraissait plus midumSi quoj^^

l. Les mémoire» de Torcy font partie des giandcs collections de méiDoiro^ relatifs à Thistoirc de France.

3. Uéwioirêt teerett tur l^étabUtumênt di la mOMiOn àe Bourdon • ai A^* pagne, extraits d$ la correspondance du marquis de LouviUe (Paris, 1818, 2 vol. in-8, Maradan).

3. Mémoires de SainIrSimon, X. III, p. 128, 347; ZIV, &M1; ZVIII, 355.

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