On désignait sous ce nom la fille du duc d'Orléans
l'amitié, et très-bien alors avec Mme la duchesse de Bourgogne, l'intérêt de cette princesse, qui la frappa en entier, la porta rapidement à tout ce que je désirais d'elle. Deux autres raisons me la rendirent encore utile. Nonobstant son âge, elle était dès lors à portée de tout avec Mme de Maintenon, et le hasardyOU,pour mieux dire, la Providence, voulut qu'ayant été très-mal avec Mme la duchesse de Bourgogne, et à cause de sa famille ^ fort éloignée de Mme de Maintenon, toutes les deux l'avaient rapprochée, puis goûtée, au point qu'elle était arrivée jusqu'à l'intimité de la princesse et à toute celle qui se pouvait espérer de Mme de Maintenon. L'autre raison, c'est qu'elle était tendrement aimée, considérée, estimée et comptée dans sa famille, qui pouvait beaucoup influer sur le mariage. Elle me fut un excellent second auprès des ducs et des duchesses de Ghevreuse et de Beauvilliers, en sorte qu'elle et moi concertâmes souvent les choses qu'il ne fallait pas leur présenter trop crues ni toujours par la même main. »
Saint-Simon gagna, par l'intermédiaire de la duchesse de ViUeroi et de Mme de Levi, Mme d'O, une des dames du palais, « que de puissantes raisons parmi les dames tenaient dans l'intime confidence de la duchesse de Bourgogne*. » Mme d'O et son mari entraînèrent le duc du Maine '. Assuré de ce prince et de la duchesse de Bourgogne, Saint-Simon pouvait compter sur Tassentimént du roi et de Mme de Maintenon. Il ne négligea cependant pas le parti des ministres. Les ducs de Ghevreuse et de Beauvilliers finirent par céder à ses instances ^
Enfin les jésuites, qui avaient tant de crédit à la cour, devinrent d'utiles auxiliaires. Le père du Trévoux, ami intime du père Tellier, confesseur du roi, entra dans les
1. Mme de Levi était fille du duc de Ghevreuse et par conséquent en relation avec le petit troupeau que dirigeait Fénelon.