IV PRÉFACE
Feuillel de Gonches ^ et beaucoup d'autres^ s'accordent à accuser Saint-Simon d'exagération et parfois même de calomnie* M. Th. Layallée est un de ceux qui l'ont jugé avec le plus dé sévérité. Il commence par traiter ses récits de romanesques *, puis de contes absurdes •, et il termine par cette phrase : a Les lettres de Mme de Maintenon doivent être regardées comme le contrepoison moral et historique des Mémoires de Saint-SÛ mon et surtout des lettres de la princesse Palatine : elles rafraîchissent Tâme des scandales, des infamies^ (les calomnies dans lesquels Tun et l'autre se complaisent et réduisent leurs récits et leurs accusations à leur juste valeur*. »
En général on est revenu au jugement que Lemontey avait porté des mémoires de Saint-Simon : « On ne saurait, disait-Il'^ exploiter cette mine sans de grandes précautions. L'auteur composa ses mémoires dans sa vieillesse^ longtemps après les événements ; aussi lui
1. Causeries (Tun curietix, U IL p. 573. -^ Je cite les écrivains qui se sont spécialement occupés de la valeur historique des Mémoires de SaifU- Simon, Tous les critiques qui ont traité de l'histoire littéraire de la France, entre autres MM. Villemain, Sainte-Beuve, Nisard, se sont occupés de Saint- Simon, mais en se plaçant à un autre point de vue. Ils se sont plus attachés à la valeur artistique de ces mémoires qu à leur autorité comme document historique. J'en dirai autant de l'excellent ouvrage de M. Caboche sur les mémoires relatifs à l'histoire de France. M. de Carné a aussi parlé de Saint- Simon dans ses Études Imtoriques sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV; mais il s'est borné à discuter les idées politiques de Saint-Simon, sans examiner sa véracité.
2. Préface des lettres historiq, et édifiantes de Mme de Maintenons t. I, p. 6.