Wd., p. 216. - 6. Ibid. — 7. Ibid., p
II se montra animé de sentiments moins égoïstes en conseillant au duc d'Orléans la convocation des États généraux'. II proposa aussi quelques réformes utiles, par exemple, le remboursement des charges de gouverneurs de provinces et de lieutenants généraux *, ainsi que la réparation des chemins par les troupes'. Il aurait voulu que le duc d'Orléans modifiât sa conduite personnelle et adoptât la régularité d'habitudes et d'occupations introduite à la cour par Louis XIV*. Malheureusement il s'adressait à un prince dominé.par la violence de ses passions et par des habitudes de débauche. Le duc d'Orléans avait l'esprit trop éclairé pour ne pas comprendre l'utilité des conseils que lui donnait Saint-Simon. Mais il n'eut pas assez de force pour rompre avec d'indignes favoris.
Les longs entretiens de Saint-Simon avec le prince n'avaient pas échappé aux courtisans, et comme la fin du règne de Louis XIV approchait et que l'on s'efforçait de gagner les bonnes grâces du futur régent, ses amis n'étaient pas négligés. « Je remarquais, dit Saint-Simon*, qu'on cherchait à s'approcher de rnoi, et gros du monde, et gens les plus considérables, et de ces politiques aussi dont le manège effronté court après ceux à qui ils n'ont jamais parlé, dès qu'ils se les croient pouvoir rendre utiles. Je m'étais souvent moqué de .ces prompts amis du crédit et des places. Je riais en moimême de ce vil empressement pour un homme qui n'en avait encore que l'espérance, et j'en divertissais M. le duc d'Orléans pour le prémunir d'avance là-dessus lui-même. » Parmi ceux que Saint-Simon signale comme des courtisans de la faveur, le duc de Noaiiles est au premier rang*, puis le pré.'-ident de Maisons, qui affectait pour le futur régent un zèle dont on pouvait soupçonner la sincérité'. Ces intri-
1. Mémoires^ t. XH, p. 220-221. — 2. Ibid., p. 264-265. 3. Ihid., p. 271-273. — 4. /btd., p. 274-276. 5. Ibid., p. 282-283. — 6. Ibid., p. 283. 7. Ibid.j p. 292-300.
gues de cour se poursuivirent jusqu'à la mort de Louis XIV, qui arriva le !•' septembre 1715.
Malgré le soin que Saint-Simon a pris de se mettre en relief, et de sifc^naler tous les incidents de sa vie pendant les vingt dernières années du règne de Louis XIY, son rôle, il faut le reconnaître, n'avait eu qu'une importance secondaire. Des querelles de préséance, des cabales pour assurer un mariage, des projets de réforme, trop souvent inspirés par des intérêts personnels, voilà ce qui a reinpli la vie extérieure du courtisan. Le chancelier de Pontchartrain, que Saint-Simon cite comme un de ses amis particuliers , lui écrivait en 1706, comme à un jeune seigneur qui ne s'occupait pas seulement des plaisirs que les gens de son âge et de sa condition ont coutume de rechercher ; il louait sa sagesse et sa piété * ; mais néanmoins il ne paraissait voir en lui qu'un courtisan plus honnête e1 plus sérieux que la plupart des jeunes seigneurs. Ce qui relève Saint-Simon aux yeux de la postérité, c'est son rôle d'observateur et sa profonde étude des cœurs et des passions. Depuis sa première çipparition à la cour de Louis XIY jusqu'à la mort de ce prince, il ne cessa de s'appliquer à percer les masques, à connaître le fond des intrigues et à préparer les matériaux du travail réservé pour sa vieillesse, comme une consolation et une vengeance. Pendant cette période, Saint-Simon n'écrit pas encore des mémoires suivis ; il se borne à tracer quelques portraits, à jeter sur le papier des anecdotes et des conversations, en un mot à recueillir les éléments de l'ouvrage qu'il médite.
Avant d'aller plus loin dans la biographie de ce personnage et de le voir s'engager dans la vie politique, il importe de rechercher à quelles sources il a puisé les renseignements qui lui servirent à retracer l'histoire des dernières années de Louis XIV. •
1 (ttfii'sinmdance administrative soxis Louis XIV^ t. IV, p. 521.