‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 46 sur 328 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Saint-Simon considéré comme historien. — Observation personnelle. — Mérites et défauts de Saint-Simon étudiant la cour. — Personnages avec lesquels il s'est trouvé en relation et dont les conversations peuvent être considérées comme la principale source de ses mémoires : l^ grands et ministres, ducs de Beauvilliers et de Chevreuse, chancelier de Pontchartrain, Ghamillard, La Vrillière, plus tard Torcy ; 2* dames de la cour : Mmes de Villeroi, de Levi, de Nogaret,la maréchale de Rochefon, Mme de Blansac sa fille, la maréchale de Glérambault, etc.; 3* jésuites et oratoriens; 4* gens du service intérieur du roi.

La vocatioti historique de Saint-Simoti s'était manifestée de très-bonne heure, comme on l'a vu plus hauts A diz^ sept ans, au milieu d'un camp, il commençait ses mémoires, qui devaient être l'œuvre capitale de sa vie. Dans le palais même de Versailles, il s'était ménagé un asile impénétrable à tous les regards ; c'était là qu'à la lueur d*une lampe il retraçait les scènes dont il avait été témoin et s'efforçait de déchirer les voiles dont s'enveloppaient les acteurs. Mais Saint-Simoti était chrétien : les portraits peu charitables dont il émaillait ses récits lui inspiraient des scruptiles, et lorsque, suivant son usage, il allait passer les fêtes de Pâ* ques à la Perte et foire des retraites à la Trappe, il se sentait disposé à brûler ses écrits ^ Pour apaiser ses remords^ il s'adressa à l'homme en qui il avait la plus entière confiance, à Tabbé de Rancé, réformateur de la Trappe. Il lAi envoya

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