CHAPITRE VL
Saint-Simon entre au conseil de régence (1715). — Séance du parlement (2 septembre 1715), où le testament de Louis XIV est modiOé. — Jlécit que fait Saint-Simon de son rôle dans cette séance.
— Il est en opposition avec tous les autres témoignages contemporains. — Récit inédit de l'avocat Prévôt. — Rôle de Saint-Simon au conseil de régence. — Ses relations avec Torcy. — Saint-Simon montre peu de capacité dans les questions financières. — Il s'oppose au rappel des protestants. — II s*occupe avec soin des affaires ecclésiastiques et se déclare pour l'alliance avec l'Espagne.
— Querelles de Saint-Simon avec la noblesse et le Parlement. — L'origine de sa famille est attaquée dans un mémoire présenté au réprent (1716). — Il y répond. — Satires et chansons répandues contre lui. — Ruine de la forme de gouvernement qu'il avait conseillée (1718). — Chagrin que lui cause la conduite de la duchesse
de Berry. — Son découragement ; il déclare qne tout bien lui parait impossible en France. — Le conseil de régence est annulé.
La régence du dnc d'Orléans ouvrit à Saint-Simon lU car* rière politique. Pendant huit ans il siégea dans les conseils du roi. Les trois premières années de la régence virent le triomphe de sa politique : On y établit les conseils destinés à remplacer le pouvoir des secrétaires d'État , et Saint- Simon lui-même fut un des principaux membres du conseil de régence. Il faut l'y suivre pour apprécier la valeur de ses théories. Saint-Simon était alors dans toute la force de l'âge et de l'intelligence. Né en 1675, il avait quarante ans à la mort de Louis XIV, et un commerce intime avec les ministres et les principaux seigneurs de la cour avait dû mûrir ses talents. Le rôle, auquel il était appelé, avait une haute importance : Le conseil de régence était le centre de toutes les affaires d'État. C'était là qu'aboutissaient les questions religieuses, financières, militaires traitées dans les conseils spéciaux. La politique extérieure, aussi bien que l'administration intérieure, la marine et les colonies ressortissaient à ce tribunal suprême. Les chefs des divers conseils venaient y faire le rapport du travail de leur bureau.
Les anciennes relations et l'amitié du régent pour Saint- Simon lui donnaient une grande influence dans le conseil de régence. Sans croire que Saint-Simon ait eu sur le duc d'Orléans toute l'influence qu'il s'attribue, on ne peut nier qu'O n'ait été, au moins dans les premiers temps de la régence, un des conseillers les plus écoutés. Sans doute il y avait, entre le régeat et lui, de profondes différences de mœurs et d'idées; mais un même intérêt les unissait au début : faire modifier le testament de Louis XIV et attribuer au duc d'Orléans la plénitude des pouvoirs que le roi avait divisés et donnés en grande partie au conseil de régence; enfin dépouiller le duc du Maine, de l'autorité, que lui avait accordée le testament de Louis XIV en lui con-
fiant le commandement de la maison militaire du roi. Si l'on en croit Saint-Simon, le régent concerta avec lui les mesures nécessaires pour faire annuler par le parlement le testament de Louis XIV*. Saint-Simon aurait bien touIu mêler à ces questions d'État la fameuse affaire du bonnet *, et le régent eut toutes les peines du monde à modérer son impétuosité, en déclarant « que ce bonnet était une usurpation insoutenable, mais qu*il y fallait pourvoir en temps et lieu, et ne pas troubler uae séance si importante par une querelle particulière*. > On laissa pour consolation au duc de Saint-Simon le soin de protester au nom des ducs et pairs contre Tt^urpation plus quHndécente du bonnet ^.
Si l'on en croît son récit, il remplit ce mandat dès le début de la séance et fut écouté avec un silence profond. Nous le laisserons parler, ainsi que ses contradicteurs, afin que l'on puisse mieux apprécier la valeur de son témoignage : « A peine étions-nous rassis, dit-il S que M. le Duc arriva, et l'instant d'après M. le duc d'Orléans. Je laissai rasseoir le bruit qui accompagna son arrivée, et comme je vis que le premier président se mettait en devoir de vouloir parler en se découvrant, je fis signe de la main, me découvris et me couvris tout de suite, et je dis que j'étais chargé par MM. les pairs de déclarer à la compagnie assemblée que ce n'était qu'en considération des importantes et pressantes affairées publiques, qu'il s'agissait maintenant de régler, que les pairs voulaient bien souffrir l'usurpation plus qu'indécente du
1. Cependant le régent, qui n'avait probablement pas une très-haute confiance dans Tautorité de Saint-Simon sur le parlement, ne le mit pas au courant des influences secrètes qu'il faisait agir auprès des membres les plus accrédités de ce corps. Voy. dans les Méinoireg de Mathieu Marais, publiés par H. de Lescuie le morceau intitulé : Mémoire donné par If. le duc d'Orléans à quelques-uns du parlement (t. !•, p. 180),
2. Mémoires de Saint-Simon, tome XIII, p. 108. On a déjà vu que le premier président refusait aux ducs et pairs le salut du bonnet qu'il accordait aux présidents à mortier. Telle était la grave bagatelle qui tourmentait Saint- 'Simon.
3. Mémoires, t XIII, p. 103. — 4. Ihid., p, 113. - 6. iMd., pM16.
bonnet et les autres dont ils avaient à se plaindre, et montrer par ce témoignage public la juste préférence qu'ils donnaient aux affaires de l'État sur les leurs les plus particulières, les plus chères et les plus justes; mais qu'en même temps, je protestais au nom des pairs contre ces usurpations et contre leur durée, de la manière la plus expresse, la plus formelle, la plus authentique, au milieu et en face de la plus auguste assemblée, et autorisé deTaveuet de la présence de tous les pairs, et que je protestais encore que ce n'était qu'en considération de la parole positive et authentique que M. le duc d'Orléans ci-présent nous donna hier au soir dans son appartement, à Versailles, de décider et de juger nettement ces usurpations aussitôt que les affaires publiques du gouvernement seront réglées, et qu'il a trouvé bon que je l'énonçasse clairement ici comme je fais, et (me découvrant et me recouvrant aussitôt) que j'eusse l'honneur de l'interpeller ici lui-môme, d'y déclarer que telle est la parole qu'il nous a donnée ; et sur laquelle uniquement nous comptonsfet en conséquence nous nous bornons présentement à ce qui vient d'être dit et déclaré par moi, de son aveu et permission expresse et formelle, en présence de quinze ou seize pairs ci-présents, qu'il manda hier au soir chez lui.
• Le silence profond avec lequel je fus écouté témoigna de la surprise de toute l'assistance. M. le duc d'Orléans se découvrit en affirmant ce que je venais de dire, assez bas et l'air embarrassé, et se recouvrit. »
Trois circonstances ressortent formellement de ce récit de Saint-Simon • il aurait pris la parole au nom des ducs et pairs dès le commencement de la séance; 2'' il aurait fait seul la protestation relative à l'affaire du bonnet ; Z" ses panles auraient été écoutées avec un profond silence. Or les témoignages de plus eurs écrivains désintéressés dans la question sont positiveilnent contraires à celui de Saint-Simon sur ces trois points. Ils attestent que ce fut le cardinal
archevêque de Reims qui lut, au début de la séance, une protestation écrite ; que les ducs et pairs gardèrent le silence jusqu'au moment du vote, et que ce fut alors seulement que Saint-Simon insista pour qu'on leur donnât acte de leur protestation ; qu'il fut soutenu par les ducs de la Force et de Villars, mais vivement combattu par le président de Novion, et qu'au lieu d'être écouté dans un silence profond il souleva une discussion aussi animée que confuse.
Comme la scène racontée par ces écrivains ne ressemble en rien à celle que Saint-Simon a arrangée pour sa plus grande gloire, et qu'il s'agit ici d'un fait dont il a été témoin oculaire, il importe beaucoup pour apprécier sa véracité que la question soitéclaircie. Je demande donc la permission d'insister sur les témoignages opposés. Nous avons cinq récits imprimés ou manuscrits de cette séance outre celui de Saint- Simon. Je ne parle pas du procès-verbal imprimé qui ne fait aucune mention de la protestation des ducs et pairs. Mais les journaux de Buvat et de Mathieu Marais, les notes d'un manuscrit de la bibliothèque du Louvre* qui vient de la famille de Caumartin, la relation du président d'Aligre, enfin le récit inédit d*un avocat nommé Prévôt sont d'accord pour présenter les faits sous un tout autre aspect que Saiht-Simon. Buvat, qui ne parait pas avoir assiste à la séance, est moins complet que les quatre autres, mais en général il s'accorde avec eux*. Les récits de Mathieu Ma-
1. F, n* 401. J'ai publié cette note marginale à la suite du tome XIIÏ de Saint-Simon, p. 465.
2. Voici le passage dn Journal de Buvat y d'après le manuscrit de la Bibliothèque impériale, folio 104 du tpme I : « M. Tarchevèque de Reims, premier duc et pair de France, fit la remontrance au sujet de la contestation dont il était question, et lut la 'protestation par écrit, qui fut remise à M. Dongois, greffier en chef du parlement.
« M. le duc Je Saint-Simon se fit entendre pour soutenir sa protestation, et demanda qu'il lui en fût donné acte. Puis il interpella M. le duc d'Orléans en le priant de déclarer si S. A. R. n'avait pas promis à MM. les ducs at pairs de faire régler leurs prétentions avant que rassemblée fût formée.
« M. le président de Novion prit la parole et dit qu'à l'occasion d'une
rais* et du président d'Aligre sont étendus et font res-* sortir la lutte très-vive qui s'engagea entre Saint-Simon et le président de Novion, lutte dans laquelle l'avantage ne resta pas à Saint-Simon. Enfin Tavocat Prévôt insiste sur cet épisode assez ridicule que la vanité des ducs et pairs mêla aux questions politiques. Gomme son récit est inéàiU je citerai la partie où il retrace le rôle de Saint-Simon. L'auteur, après avoir suivi toute la marche de la séance en s'attachant au côté politique et réellement important, revient sur la protestation des ducs et pairs à l'occasion de la scène où Saint-Simon demande acte de cette protestation..
Pendant que l'on votait sur la question de la garde du roi qu'on voulait enlever au duc du Maine , • il s'éleva, dit Prévôt*, un murmure, d'où Ton ne vit éclore rien de distinct, sinon une petite voix qui disait : nous demandons acte de nos protestations. C'étaient les ducs et pairs qui, à ce moment, soit par hasard, soit tout exprès, faisaient des clameurs sur des protestations, dont il faut ici faire l'explication par forme de digression, cet endroit de cette illustre séance offrant une scène fort plaisante et qui serait divertissante, si dans un jour où les premières personnes du royaume se trouvent assemblées pour faire des délibérations (chose qu'ils avaient regretté si longtemps de ne plus faire) sur les matières d'État, il n'était douloureux de voir le
assemblée aussi auguste convoquée pour les affaires de TÊtat, il était hors de propos d'y mêler une contestation qui était entre des particuliers.
" M. le premier président dit que pour y mettre fia il n'y avait qu'à donner acte à MM. les ducs et pairs que ce qui se passerait dans la journée ne pourrait nuire ni préjudicier à leurs prétentions. Cela fut ainsi apaisé. » Le Journal de Buvat a été publié postérieurement à \i rédaction de cette note.
1. T. I, p. 159 et suiv. des Mémoires de Mathieu Marais , édités par M. de Lescure. Les notes de Téditeur signalent les différences avec la relation du président d'Âligre.
2, Folio 61 r* et suiv. du tome III des papiers de Joly de Fleury, conservés parmi les manuscrits de la Bibliothèque impériale.
royaume ue pouvoir fournir que des esprits capables d'amusement. Mais revenons à cette scène telle qu'elle est. »
Ici l'auteur retrace ce qui s'était passé au parlement avant ' l'entrée des ducs et pairs et. la résolution prise de leur refuser le salut du bonnet. Puis il continue ainsi : « M. l'archevêque duc de Reims étant entré et ayant pris place et HM. les ducs et pairs, lut une protestation contre ce qui serait fait en ce jour par M. le président au préjudice de la prétention de MM. les pairs et en demanda acte. C'était au sujet de cet acte demandé dès le matin par M. l'archevêque de Reims, que le murmure dont on vient de parler s'éleva et interrompit la délibération sur la garde de la personne du roi*.
< M. le duc d'Orléans dit qu'il avait espéré de pouvoir trouver quelque voie de conciliation et que pour cela il avait demandé des mémoires. On continua encore de demander acte des protestations, et toujours cette petite voix étant la dernière à se faire entendre dit : M. le duc (FOrléans nous a promis acte de nos protestations. Sur quoi M. le président de Novion dit: où les porterez-voiAS vosprotes* tations? la même voix répondit : ici. Le président de Novion repartit: vous nous reconnaissez donc pour vos juges? La même voix répondit : non. Cette petite voix était celle de M. le duc de Saint-Simon. Un conseiller, qui était debout à l'entrée du parquet et près de l'endroit où ce duc était assis, m*a dit que sur-le-champ un pair dit au duc de Saint-Simon: ma foi! tu es un mauvais avocat. Et dans le public on a dit que c'était une chose surprenante que M. de Saint-Simon qui aurait pu désirer tout au plus d'être réputé ancien gentilhomme et qui devrait être tout étonné de se voir duc et
1. Il est évident, d'après ce récit, que la discussion n'eut pas lieu au commencement, mais au milieu de la séance. Du reste, le moment importe peu. Ce qui résulte des divers récits opposés à celui de Saint-Simon, et ce qu'il faut bien reconnaître , c'est que ses paroles ne furent pas accueillies avec le profond silence dont il se vante. 11 y eut au contraire une vive contestation.
pair de France, ait été ou soit député pour être l'appui des ducs et pairs.
« M. le duc de Yillars dit qu*il était obligé de déclarer que le défunt roi lui avaitditqu*il étaitétonnant qu'un duc et pair de France ne reçût pas la moindre marque de civilité, dans la cour des pairs, d'un présidente mortier, qui en faisait àses propres confrères.— -fi/moi, ditlepremierprésidentjjepuM dire que parlant au défunt roi de cette contestation^ il rn^a dit qu*U n'y entrerait jamais. M. le duc d'Orléans dit : « Donnez-moi vos mémoires ; je les examinerai; je vous dirai ce que je pense. Je vous râlerai, même avec l'avis de M. le président de Novion. » Les ducs et pairs dirent : nous ne demandons que cela. « Doucement, dit M. le président de Novion, il n'y a que le roi qui puisse décider une semblable contestation. Nous respectons beaucoup,Honsieur(parlantàM. le ducd*Orléans), les ordres qu'il vous plaira de nous donner en qualité de Régent. Mais dès lors qu'on voudra décider la contestation ailleurs qu'en la cour, ce n'est que du roi que la décision peut venir. > Là-dessus M. le duc d'Orléans et plusieurs des ducs se levèrent, et se tinrent debout un instant dans le parquet; une voix dit : < mais on n'a point achevé d'opiner. > On se rassit et l'on continua de prendre les voix. >
J'ai insisté sur le récit de cette séance du parlement, parce que c'est une des scènes qui montrent le mieux comment Saint-Simon arrange les Taits, même ceux dont il a été témoin, dans l'intérêt de sa passion. On ne peut hésiter entre son récit et celui de cinq auteurs dont l'impartialité est hors de doute. Le récit de l'avocat Prévôt prouve, d'aiUeurs, que les hautes prétentions de Saint-Simon sur la noblesse de sa famille étaient loin d'être acceptées par le parlement. Enfin la lutte que ce duc soutint contre le président de Novion explique le profond ressentiment qu'il témoigne, dans ses mémoires, contre ce magistrat et en général contre la famille de Novion.
Quant aux questions politiques qui avaient engagé le duc
d'Orléans à convoquer le parlement, elles furent résolues suivant son désir : le parlement le délivra des liens que lui avait imposés le testament de Louis XIV. Saint-Simon rapporte que la discussion s'engageant entre le régent et le duc du Maine qui semblaient deux clients du parlement défendant leurs intérêts devant un juge, il détermina le prince à terminer cette discussion inconvenante et à ren voyer la séance à Taprès-midi*. Dans l'intervalle, le régent fil venir le procureur général d'Aguesseau et le premier avocat général Joly de Fleury, et s'entendit avec eux sur la direction à donner à la délibération. L'avis de ces magistrats fut suivi par l'assemblée qui enleva au duc du Maine le commandement de la maison militaire du roi*. Le conseil de régence fut maintenu, mais composé en majorité de partisans du régent, parmi lesquels Saint-Simon tigure au premier rang. Dans ce conseil siégeaient le duc d'Orléans , le duc de Bourbon qu'on appelait simplement M. le Duc, le duc du Maine et le comte de Toulouse, princes légitimés, le duc de Saint-Simon, le chancelier Voysin, les maréchaux de Villeroi, d'Harcourt, de B*ezons, l'ancien évèque de Troyes, Bouthillier de Chàvigny, et de Torcy, qui avaient voix délibérative. La Vrillière et Pontchartrain, secrétaires d'Étal sous Louis XIV, étaient réduits à la voix consultative'.
Saint-Simon se lia, au conseil de régence, avec un ancien ministre de Louis XIV, le marquis de Torcy, pour lequel il avait d'abord ressenti une profonde antipathie, et qu'il s'était efforcé d'exclure du gouvernement *. « On verra dans la suite, ajoute Saint-Simon', combien je reconnus mon erreur et la liaison étroite que l'estime fit entre Torcy et moi. » Cette amitié ftit de la plus grande utilité à l'historien. Torcy avait administré les affaires étrangères avec son père Gol-
1. Mémoires de Saint-Simon, t. XIII, p. 120-123. — 2. /b«d., p. 126-127. 3. lbid.y p. 165.— 4. Ibid., t. XII, p. 215. — 5. Ibid., t. XIII, p. 162.
berl de Groissy el son beau-père le marquis de Pomponne, puis seul jusqu'à la mort de Louis XIY, enfin comme directeur et surintendant des postes, il était parfaitement informé des secrets d'État. 11 avait fait un extrait de toutes les lettres importantes et il le continua jusqu'au mois d'août 1718^ Saint-Simon en obtint communication et en tira les renseignements les plus curieux. 11 déclare, dans plusieurs passages de ses mémoires, que les notes fournies par Torcy ont été sa principale source pour tout ce qui concerne les affaires étrangères'.
Parmi les autres membres du conseil de régence et les personnages principaux des divers conseils, Saint-Simon se fit plus d'ennemis que d'amis. Sa politique, malgré de belles théories, était toute personnelle. Il s'acharna d'abord à faire chasser le fils de son ami le chancelier de Pontchartrain*, pour se venger d'un édit qui avait porté atteinte à ses prérogatives de gouverneur de Biaye.Il triompha facilement d'un ennemi abattu^. Il rompit à cette occasion avec un de ses collègues du conseil de régence, le maréchal de Bezons*. Mais ce fut surtout contre le duc de Noailles qu'éclata sa haine. Si l'on en croit les Mémoires de Saint-Simon, le duc de Noailles avait réussi, dans les derniers temps du règne de Louis XIV, à se rapprocher de lui. Hais leur liaison ne dura ras longtemps *, et lorsqu'on cherche à pénétrer la cause de leur rupture on retrouve cette éternelle question des prérogatives des ducs sur laquelle Saint-Simon était intraitable. Il s'y mêlait peut-être aussi un peu de jalousie de voir le
2. Voy. entre autres, t. XVI, p. 239-240, et t. XVII, p. 475. — C£. aussi, i. II, p. 49.