‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 59 sur 328 · Ihid., p. 243. — 5. Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ihid., p. 243. — 5. Ibid,, p

rent des attaques et des satires, où la passion se mêle comme toujours à des vérités piquantes. Dans un mémoire présenté au régent sur les ducs et pairs en 1716, on disait en parlant de Saint-Simon : < La fortune du duc de Saint- Simon * est si récente que tout le monde en est instruit ; il élevait des oiseaux à Louis XIII pour le divertir. Jamais il n'y eut une si mince noblesse. L'atné de sa maison était encore, presque de nos jours, écuyer de Mme de Staremberg*. La ressemblance des armes de la Vaquerle qu'ils écartèlent avec celles de Vermandois leur a fait dire qu'ils viennent d'une princesse de cette maison. Enfin la vanité de ce duc est si sotte que, dans sa généalogie, il fait venir de la maison de Bossu un i ourgeois juge de Mayence, nommé Le Bossu, qui a épousé Théritière de la brapche atnée de sa maison. >

Les ducs et pairs ne manquèrent pas de répondre, et Saint- Simon, si entiché de sa noblesse, en exalta l'ancienneté. « Nous avons à la cour, dit le mémoire des ducs, très-peu de maisons aussi anciennes que celle de Saint-Simon, qui tire son origine d'Olivier deRouvroi, chevalier, vivant en 1060 sous Henri I**. Jean de Rouvroi, chevalier banneret, suivit Philippe Auguste à la conquête de la Normandie sur le roi Jean d'Angleterre en 1202. Quatre de ses descendans ftirent vice-rois de Navarre. Environ Tan 1334, Mathieu de Rouvroi épousa Marguerite de Saint-Simon, héritière de cette maison à la charge de porter le nom et les armes de Saint-Simon. Cette maison était extraite du sang impérial de Charlemagne par les comtes de Vermandois et les rois d'Italie. On ignore que Charles, marquis de Saint-Simon, ail été écuyer d*un maréchal de France ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'il est mort cordon bleu, maréchal de camp, colonel du régiment

1. n s'agit ici de Claude de Saint-Simon, père de l'auteur des Mémoires.

2. Dans certaines rédactions du Mémoire, on lit Schulemherg au lieu de Siaremberg,

de Navarre et gouverneur de Senlis, et marié avec Louise de Crussol avant que son frère * fût duc. ■

Malgré ces assertions tranchantes, Saint-Simon ne réussit pas à convaincre ses contemporains de la haute noblesse de sa famille. Les chansons, qui pleuvaient contre lui, se moquent de ses prétentions à une antique origine. Elles n'oublient ni sa petite taille qui le faisait appeler boudriUon^ ni son orgueil, ni son ambition qui se trahissaient par ses paroles et ses gestes. Mme de Saint-Simon parait avoir échappé à ces satires qui épargnaient rarement les femmes. On n'y parle que de son autorité sur un mari qu'elle devrait traiter en écolier indocile. Je citerai quelques extraits de ces pièces, malgré leur platitude et les injures grossières qui s'y mêlent à des tr'aits d'une vérité incontestable. Elles expriment trop fidèlement les mœurs, les idées et les passions de l'époque pour être complètement négligées.

Saint^imqn fier de son rang Ne s'occupe qae de son titre ; Il est fripon,poltron, bélître, Aussi sort-il d'an vilain sang * .

Les vers suivants prouvent que les satires contre Saint- Simon étaient surtout des représailles de ces attaques contre la noblesse et le parlement * :

Que Saint-Simon, dans sa colère, Attaque la noblesse entière, Je me ris de cet avorton, Et d'abord pour me satisfaire Je prends ce roquet au menton, Et je loi fais voir son grand-père.

1. Le frère dont U est ici question est toigours le favori de Louis XIII, père de rhistorien.

2. Bibliothèque impériale, manuscrits, Recueil de Maurepas, t. XIII, f 207. Voy. aussi p. 352.

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