‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 64 sur 328 · Mém, de Saint-Simon, t. XVII, p · texte numérisé non relu

Mém, de Saint-Simon, t. XVII, p

k. Tome I liée Mémoires du marquis d'Ârgensotif p. 46, édition de M. Rathfry, publiée par la Société d'histoire de France.

en croit ses Mémoires, plusieurs places que le régent lui oiïrit à cette époque, et entre autres, la charge de garde des sceaux lorsque d'Argenson fut disgracié Ml en fut de même pour la place de gouverneur du roi \ qui fut enlevée, vers ce temps, au maréchal de Villeroi. L'argent ne le tentait pas davantage, et Law ne réussit pas à lui faire accepter des actions de sa compagnie. « Il venait chez moi tous les mardis, dit Saint-Simon % entre onze heures et midi; il m'avait souvent pressé d'en recevoir sans qu'il m'en coûtât rien, et de les gouverner sans que je m'en mélasse pour me valoir plusieurs millions.... Je ne voulus jamais m'y prêter. Law s'adressa à Mme de Saint-Simon, qu'il trouva aussi inflexible. Enrichir pour enrichir, il eût bien mieux aimé m'enrichir que tant d'autres, et m'attacher nécessairement à lui par cet intérêt dans la situation où il me voyait auprès du régent. U lui en parla donc pour essayer de me vaincre par cette autorité. Le régent m'en parla plus d'une fois; j'éludai toujours. »

Rien n'autorise, malgré l'assertion du marquis d'Argenson, à croire que Saint-Simon ait voulu faire périr le duc du Maine pour s'enrichir de ses dépouilles. Ce qui est incontestable, c'est qu'il aurait souhaité dans le gouvernement une énergie et une suite qui répugnaient à la faiblesse du duc d'Orléans. Saint-Simon le pressa vivement de faire juger le duc et la duchesse du Maine, et lui fit un tableau détaillé de ce qu'il appelait leurs crimes *. Il s'efforça, comme il le dit, de bombarder rudement la faiblesse du régent et de tâcher à l'exciter à force de boulets rouges. Il s'impatienta de ne trouver en lui que « de la filasse pour ne pas dire du fumier '. > Ce fut probablement dans un de ces moments d'irri talion qu'il s'écria, comme le rapporte la mère du régent*: Ah! voiis voilà bien débonnaire; depuis Louis-le-Dèbonnaire^ on

1. Mémoires de Saint-Simon, t. XVIII, p. 11. — 2. Ilnd,y p. 101-102. 3 fbiU, l. XVII, p. 196-197. — 4. Ibid., p. 160-174. 5. Ibid,, p. 16*. — 6. Lettre du 7 juillet 1719.

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n'a rien vu d'ausH débonnaire que vous. Mon fils, ajoute la priDcesse, faillit se rendre malade à force de rire.

Le caractère haineux de Saint-Simon éclata encore à Toccasion du mariage de son beau-frère le duc de Lorges, avec la fille atnée du premier président. Ce fut le régent qui lui annonça cette nouvelle ^ < Ma surprise et ma colère, dit Saint-Simon, me firent lever brusqx ement et jeter mon tabouret à l'autre bout du petit cabinet d'hiver où nous étions. • Après avoir rappelé ses bienfaits à l'égard du duc de Loi^es, il ajoute : « Je n'avais garde de m'attendre qu'il choisit la fille d'un homme que je traitais en ennemi déclaré, à qui je refusais publiquement le salut, duquel je parlais sans aucune mesure et & qui je faisais des insultes publi-. ques tout autant que l'occasion s'en présentait; ce qui arrivait le plus ordinairement au Palais-Royal, n'ayant guère ou point d'occasion de le rencontrer ailleurs. Je ne me contraignis donc pas avec M. le duc d'Orléans sur un mariage qui m'ofTensait si vivement. M. le duc d'Orléans n'osa trop rire dii torrent que je débondai, me voyant si outré. »

Heureusement, la duchesse de Saint-Simon avait le calme et la douceur qui manquaient au duc. La douleur que lui causa la rupture entre son mari et son frère altéra sa santé. « Cet état, dit Saint-Simon', qui ne pouvait se changer que par une réconciliation, fit en moi un combat intérieur, dont les fougues et les élans ne se peuvent décrire, entre ce que je respectais et ce que j'aimais le plus tendrement, entre une douleur continuelle qui la minait et qui me perçait le cœur, et la pensée de me réconcilier avec deux hommes qui, avec tant de raison, m'étaient si démesurément odieux et qui ne m'étaient pas moins méprisables. • Enfin la réconciliation se fit chez la duchesse de Lauzun , autre sœur du duc de Lorges. Saint-Simon consentit à voir

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