Mme de Maillebois, qui est rousse {Note de Math. Matait
Saint-Simon s'efforça de relever la noblesse fort contestée de sa famille par l'ambassade d'Espagne. Il avait vu avec douleur l'alliance espagnole sacrifiée à TAngleterre, et ce fut avec une joie très-vive qu'il apprit que la politique du régent devenait favorable à l'Espagne et qu'il se proposait de resserrer l'union de cette nation avec la France, en mariant le jeune Louis XV à l'infante, fille de Philippe V*. Il sollicita et obtint l'honneur d'être choisi pour l'ambassade extraordinaire chargée d'aller demander solennellement la main de la princesse. Outre le désir de figurer dans une cérémonie qui était en rapport avec ses idées politiques, Saint-Simon était poussé par un intérêt de famille : il voulait obtenir pour son fils atné la Toison d'or et pour le second le titre de grand d'Espagne^.
Cette ambassade fut dispendieuse à en juger par le train de Saint-Simon. < Il partira, dit Barbier', avec six seigneurs, huit gentilshommes, douze pages et trente-six valets de pied. On lui fait un gros équipage, et cela coûtera de l'argent. » Les seuls avantages qu'on en retira furent les titres dont se décora la maison de Saint-Simon. < Le roi d'Espagne y dit Mathieu Marais*, a donné la Toison d'or au fils atné du duc de Saint-Simon et a fait le cadet grand d'Espagne de première classe. Ce sont-de beaux présents de noces qui relèveront bien cette maison, et elle en avait besoin. »
Saint-Simon rapporta-t-il seulement de son ambassade des titres honorifiques? On prétendit le contraire; il courut, à cette occasion, des bruits qui feraient douter de sa probité et que les savants éditeurs des Mémoires du duc de Luynes ont trop légèrement accueillis, en présentant comme certains des faits que le duc de Luynes donne comme douteux