‹ Saint-Simon et le saint-simonismeChapitre 18 sur 23 · Ihid., p · texte numérisé non relu

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{à Louis XVIIl !) pour opérer cette révolution religieuse qui commence à solliciter son esprit : « Sire, disait-il, le principe fondamental du christianisme commande aux hommes de se regarder comme des frères et de coopérer le plus complètement possible au bien-être les uns des autres \ » Mais lorsque le principe a été posé par Jésus-Christ, la société était trop im.parfaite pour qu'il pût servir à l'organiser comme principe dirigeant. Il ne put agir qu'indirectement, comme principe modificateur, sans en prendre la direction. En d'autres termes, le principe chrétien n'a jamais été qu'un principe moral et non un principe social proprement dit. Mais a le divin auteur du christianisme » n'a pas dû vouloir borner son œuvre à n'être qu'une critique du système politique; c'est aujourd'hui qu'il faut tirer les conséquences positives de ce principe. Ces conséquences sont : que le pouvoir temporel appartienne « aux hommes utiles , laborieux et pacifiques, » et le pouvoir spirituel aux hommes qui possèdent les connaissances utiles. Ainsi le système industriel scientifique n'est autre chose que le christianisme lui-même devenu constitution

L Lettre au roi {Œuvres, t. XXII, p. 229),

politique; car la « doctrine de la fraternité ne peut pas être établie tant que le pouvoir restera entre les mains des guerriers et des théologiens, y puisque les guerres et les abstractions théologiques sont les causes les plus actives de haines parmi les hommes. Enfin, dans une « adresse aux philanthropes *, » en rappelant que le but était de faire passer le christianisme de la spéculation à la pratique, il se demandait quelle était la force morale qui pouvait opérer ce changement. « Celte force, disait-il, c'est le sentiment moral, « dirigé par « les philanthropes, » qui seront à la nouvelle doctrine ce qu'ont été les apôtres à l'établissement du christianisme. Et quel sera le moyen employé par les philanthropes ? « la prédication, tant verbale qu'écrite. » Ils «prêcheront» les rois, les industriels et les peuples. Ils ne chercheront point à renverser les trônes, mais au contraire à rendre partout le pouvoir royal aux nouvelles doctrmes et à la complète organisation du « nouveau christianisme y>. Enfin quel sera le but final de cette réforme? Le voici : « organiser la société de la manière la plus avantageuse pour le plus grand nombre.

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