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CHAPITRE III

C'est donc par Taccumulation des détails que Saint- Simon produit quelques-uns de ses plus grands effets. Voilà ce qui anime chez lui les portraits et les récits et leur donne par moments un si prodigieux relief; car enfin il n'y a que les faits qui soient vivants. Sainte-Beuve a bien raison d'appliquer à ces Mémoires le mot de Buffon à propos de la terre au printemps : a Tout y fourmille de vie ». Cependant l'emploi de ce procédé, lorsqu'on en abuse, peut avoir aussi quelques dangers. A la longue, cette abondance de petits faits entassés fatigue le lecteur, surtout s'ils sont mis, comme chez Saint-Simon, à peu près sur la même ligne. On a vu que la violence de sa passion le rend parfois incapable de distinguer les petites choses des grandes. Comme il ne sent jamais rien à demi, il est tenté d'attribuer à tout la même importance. C'est ce qui pouvait donner à- ses

Mémoires un caractère de petitesse, si la grandeur n'y venait par d'autres côtés.

Elle lui vint d'abord du temps où il a vécu et de ce tour particulier de sérieux et de gravité qui semble propre aux gens du xvii" siècle. Je sais bien qu'il nous faudrait mettre Saint-Simon parmi les écrivains de l'époque suivante, si nous ne consultions que la date de sa naissance et celle de sa mort. Quand le xviii* siècle a commencé, il n'avait que vingt-cinq ans, et il est mort la même année que Montesquieu. Il aurait donc pu lire les Lettres persanes, Y Esprit des lois et la plupart des ouvrages de Voltaire ; mais je doute qu'il les ait seulement ouverts. Tout ce qu'il sait de cet Arouet, dont il écrit le nom de travers (il l'appelle Volterre)^ c'est qu'il était le fils de son notaire, que son libertinage a fait sa fortune, et qu'il est devenu,» à travers force aventures tragiques, une manière de personnage dans la république des lettres et même une manière d'important dans un certain monde » . Son siècle ne l'a jamais sérieusement entamé. Il n'a pas même eu besoin, pour lui échapper, de se boucher les oreilles ; malgré le bruit que faisaient les idées nouvelles, enfermé dans sa bibliothèque, au milieu de ses livres, avec ses souvenirs, il n'entendait rien. Peut-être serait-on tenté de croire qu'il doit la liberté de ses jugements à cet esprit nouveau qui, depuis quelques années, soufflait sur le monde; mais on a vu qu'il jugeait le Roi pendant sa vie aussi librement qu'après sa mort. Dès sajeunesse, toutes ses opinions, ou presque toutes, étaient arrê-

tées, et l'âge n'a fait que les enraciner en lui. Sa langue aussi était entièrement formée ; dans sa lettre anonyme au Roi, on retrouve les phrases, les tours, les expressions, dont il n'a jamais cessé de se servir. Ainsi l'on peut dire que, quoique Saint-Simon ait vécu plus des trois quarts de sa vie pendant le xviii® siècle, il appartient réellement au xvii®. Il n'est donc pas surprenant qu'il y ait pris ce caractère de grandeur, qui est la principale qualité des écrivains de ce temps.

La grandeur se trouve un peu partout chez lui, et souvent où on ne l'attendrait guère. Elle est surtout dans les passages où il parle de son pays. Ce n'était pas sans doute une nouveauté qu'un Français aimât la France, mais peut-être avait-on moins l'habitude de le dire avant l'époque de Saint-Simon. N'est-ce pas un des effets des premières victoires de Louis XIV et de l'éclat qu'elles ont jeté sur le jeune Roi et sur son royaume, d'avoir rendu ses sujets plus attachés à leur patrie et plus fiers d'en porter le nom? « Sous lui, dit Rossuet, la France a appris à se connaître »; et en se connaissant mieux, elle est devenue plus reconnaissante à ceux qui se sont dévoués pour elle. Une opinion publique se forme qui tient à honorer' les bons serviteurs du pays. Le plus grand éloge que Saint-Simon puisse donner aux gens qu'il estime, c'est de les appeler des citoyens et des patriotes. Il félicite avant tout Puységur d'avoir « un cœur et un esprit citoyens »; il dit de Vauban : « Patriote comme il l'était, il avait toute sa

vie été touché de la misère du peuple ». Ces mots sont nouveaux ou pris dans un sens qu'ils n'avaient pas encore; ils désignent des qualités auxquelles on commençait à donner plus d'importance. Saint- Simon s'en sert comme d'une louange qu'il accorde aux autres et qu'il pense bien mériter pour son compte. Il affirme qu' « il a sans cesse préféré le bien de l'Etat à toute autre considération, sans réserve, et toujours à tout intérêt personnel » . Peut-être sera-t-on tenté de rabattre un peu de cet éloge quand on se souvient de la passion avec laquelle il a combattu toute sa vie pour son rang et sa dignité, c'est-à-dire pour ses intérêts personnels. Mais il était de ceux qui se persuadent que ce qui leur est utile profite aussi aux autres, en sorte qu'en travaillant pour euxmêmes ils croient sincèrement servir tout le monde. A propos de la mort de Monseigneur, il fait cette réflexion charmante que « sa délivrance particulière lui paraissait si grande et si inespérée qu'il lui semblait avec une évidence parfaite que l'Etat gagnait tout en une telle perte ». Il n'en est pas moins vrai qu'il était tout à fait dévoué à son pays, fort zélé pour sa gloire, très touché de ses malheurs, en un mot « un vrai patriote », pour nous servir de l'expression qu'il aime. Personne n'a été plus ému que lui de la misère publique, à la fin du règne de Louis XIV. Sa douleur est sincère et profonde, quand il nous montre ces anciens riches, qui auparavant soutenaient les autres, a réduits à briguer lés hôpitaux, naguère la honte et le supplice des pauvres,

et les hôpitaux ruinés revomissant leurs pauvres à la charge publique ». Au commencement de 1709, quand Lille venait de capituler, il trace un tableau de la triste situation de la France, en quelques traits rapides et larges, qui rappellent les peintures de Tacite : « Cependant tout périssait peu à peu, ou plutôt à vue d'œil; le royaume entièrement épuisé, les troupes point payées, et rebutées d'être toujours mal conduites, par conséquent toujours malheureuses; les finances sans ressource, nulle dans la capacité des généraux ni des ministres; aucun choix que par goût ou par intrigue; rien de puni, rien d'examiné ni de pesé; impuissance égale de soutenir la guerre et de parvenir à la paix; tout en silence, en souffrance; qui que ce soit qui osât porter la main à cette arche chancelante et prête à tomber. »

Une autre cause, et bien plus puissante, qui au milieu de beaucoup de bavardages et de commérages donne par moments à Saint-Simon un caractère surprenant de grandeur, ce sont ses sentiments religieux. En cela encore il est duxvii® siècle. Aussi les gens du siècle suivant, parmi lesquels il vivait, avaient-ils quelque peine à le comprendre. D'Argenson, qui ne Taimait pas, l'appelle quelque part (c un petit dévot sans génie ». Ne parlons pas du génie; de son temps on ne pouvait pas savoir qu'il en eût; personne ne connaissait ses Mémoires, Quant à dévot, il Tétait sans doute, mais à sa manière, qui n'est pas celle d'un fanatique, avec tant de sincérité

et d'indépendance qu'il me semble étonnant qu'on ait songé à le lui reprocher.

Dans sa jeunesse, Saint-Simon subit l'influence de M. de Rancé, qui le prévint contre Port-Royal. Il l'assura qu' « il n'y avait ni charité, ni paix, ni soumission parmi les vrais jansénistes, point de vérité, ni de bonne foi dans leur doctrine, beaucoup de hauteur, de dureté et de domination dans leur conduite » ; et d'abord Saint-Simon le crut sur parole. A ce moment, il était lié avec les jésuites, et beaucoup plus qu'il ne lui plaît de le dire. Nous savons par les lettres de Mme de Maintenon qu'ils l'appuyèrent auprès du Roi, quand il fut question pour lui de l'ambassade de Rome et qu'ils faillirent la lui faire donner. En revanche, les bons pères croyaient si bien pouvoir compter sur lui qu'en 1713 le confesseur du Roi, le fameux Tellier, vint le consulter plusieurs fois sur la manière dont il pourrait faire recevoir en France la bulle UnigeniiuSy ce qui amena entre eux, nous dit Saint-Simon, des disputes « à s'arracher les yeux ». Il a décrit comme il sait le faire une des scènes qu'ils eurent ensemble à cette occasion. C'était à Versailles, dans son « trou d'entresol »; pour n'être pas dérangés, ils avaient fermé portes et fenêtres, et allumé des bougies. Il nous a dit précédemment que la figure de Tellier était ténébreuse, fausse, terrible, ses yeux ardents et de travers, et qu' « il eût fait peur, au coin d'un bois ». A ce moment, la contradiction le rendait plus effrayant encore. Pendant qu'il étalait avec une sorte de joie

sinistre le détail des mesures qu'il voulait prendre et les violences sur lesquelles il comptait pour réduire ses^^dversaires, Saint-Simon se sentit près de tomber en. syncope. « Je le voyais bec à bec, entre deux •bougies, n'y ayant du tout que la largeur de la table entre deux. J'ai décrit ailleurs son horrible physionomie. Éperdu tout à coup par l'ouïe et par la vue, je fus saisi, pendant qu'il parlait, de ce que c'était qu'un jésuite. » Est-ce à la suite de cette révélation que Saint-Simon devint un peu plus bienveillant pour les jansénistes? Sa femme, qui penchait de ce côté, dut l'y entraîner aussi. D'ailleurs les sévérités dont on usait envers Port-Royal, l'expulsion des religieuses, la destruction du couvent, la violation des sépultures le révoltèrent. Cependant, pour l'essentiel, il resta fidèle jusqu'à la fin aux enseignements de Rancé, et quoiqu'il estimât beaucoup la science et la vertu des solitaires et qu'il fût indigné des cruautés de leurs persécuteurs, il a pu faire cette solennelle profession de foi dans ses Mémoires : « Je tiens tout parti détestable dans l'Église et dans l'État; il n'y a de parti que celui de Jésus-Christ. Je ne suis pas janséniste. »

Qu'était-il donc? un esprit très libre, fort hardi, et qui même à propos des choses religieuses usait de son indépendance ordinaire. Dans les matières de foi, il ne contestait rien; mais pour le reste il voulait penser et agir à sa volonté. C'était un gallican convaincu, passionné. Selon lui, les libertés de l'Église gallicane, comme on les appelle, ne sont pas des pri-

vilèges ou des concessions, encore moins des usurpations, a mais la pratique constante de TËglise universelle, que celle de France a jalousement conservée et défendue contre les entreprises et les usurpations de la cour de Rome ». Quand il ose dire toute sa pensée, il accuse les papes d'être des ennemis de l'Eglise : ne sont-ils pas cause, avec leur prétention à régenter les rois, que le tsar Pierre ne s'est pas fait catholique, comme il en avait eu un moment l'intention ? Il pense, comme Alberoni, quoiqu'en général il ne l'aime guère, qu' « on ne doit pas filer doux avec la cour de Rome, que tous les remèdes mitoyens sont mauvais, et que pour la réduire il faut parler ferme et menacer ».

Mais on ne peut lui tenir tête qu'à la condition d'avoir un clergé énergique, des évêques qui aient le sentiment de leur force, qui soient quelque chose par eux-mêmes et ne tirent pas toute leur dignité de leurs fonctions, c'est-à-dire des gens de grande naissance et bien apparentés. — Remarquons que par ce biais Saint-Simon rentre dans son système ordinaire, qui est de réserver à la noblesse les plus hautes charges de l'Église comme de l'Etat. Il est vrai que les évêques grands seigneurs ont donné souvent des exemples déplorables. Saint-Simon a parlé lui-même sans ménagement de l'évêque de Lodève, un Pontchartrain, qui entretenait publiquement des maîtresses et laissait entendre qu'il ne croyait pas en Dieu, de M. de Harlay, le scandaleux archevêque de Paris, et de ce Vatteville, qui, étant

chartreux, tua son prieur- d'un coup de pistolet, se fît Turc et devint pacha, puis obtint l'absolution du pape, à condition de livrer aux Vénitiens les places qu'il devait défendre, et fut nommé à l'archevêché de Besançon. Saint-Simon est révolté de ces excès, mais il n'en persiste pas moins à demander que les hautes dignités ecclésiastiques ne soient données qu'à de grands personnages, et non pas à ce qu'il appelle des « ordures de séminaire ». C'est ce qui le rend l'ennemi mortel de la congrégation de Saint- Sulpice, qui forme des prêtres pieux et modestes, qu'on a le mauvais goût de préférer, pour les sièges épiscopaux, aux grands seigneurs qui se permettent tout. « Ces barbes sales, ces va-nu-pieds, ces valets à tout faire, gens sans naissance, sans science, sans consistance, que les jésuites crosseront avec le pied, quand ils le voudront », comment pourraient-ils trouver la force de résister aux prétentions de la cour romaine ? Pour le même motif, il demande que le Roi renonce à faire des cardinaux français; les cardinaux étant toujours un peu les serviteurs du pape, c'est un avantage pour un pays de n'en pas avoir. — Ajoutons (car l'intérêt de son rang ne l'abandonne jamais] que l'avantage est double, et que du même coup les ducs et pairs se débarrassent de gens incommodes qui leur disputent la préséance. — Il est aussi fort irrité contre l'Inquisition, une des armes les plus puissantes dont la papauté se sert pour établir son pouvoir. Elle lui paraît « abominable devant Dieu et exécrable aux hommes ».

Dans les pays où elle domine, « la science est un crime, Tignorance et la stupidité la première vertu a. Enfin il ose parler avec force contre les moines et demander qu on les réforme ou qu'on les supprime, a Le nombre des religieux mendiants, dit- il, est incroyable, et leur inutilité parfaite. Si on excepte le secours de quelques capucins dans les incendies, et en général de Tordre de Saint-François pour secourir les paroisses de campagne, l'Etat n'en tire aucun service. Les religieuses ou communautés, qui se forment tous les jours par le caprice ou la vanité de quelques dévotes, et qui par manèges pieux se maintiennent contre toutes les prohibitions des ordonnances, ne sont guère moins nombreuses que les religieux. Ce célibat superflu et inutile, joint à celui des prêtres, qui est indispensable, tarit le royaume. On le voit par les milices et par le peu d'hommes qui restent dans les campagnes, et même de jeunes gens dans les petites villes, tandis que l'Allemagne et le Nord fourmillent d'hommes, au point que nos ennemis ne les comptent pour rien à la guerre. » Ne croiraiton pas entendre un philosophe du xviii® siècle, et n'est-il pas tout à fait surprenant que l'ouvrage dont ces lignes sont tirées ait été écrit à Versailles en 1712, à quelques pas de Louis XIV? C'est que la vieille France, sur ces matières délicates, était bien plus hardie que nous ne le sommes. Les libres penseurs étant alors moins audacieux, les croyants étaient aussi moins timides. Ils ne s'effarouchaient pas si vite et osaient parler. On fait tort au gallica-

nîsme quand on ne le regarde que comme un système de théologiens et de politiques uniquement occupés à défendre l'indépendance de l'Etat contre les empiétements du pouvoir religieux; c'était un tour d'esprit qui s'étendait bien plus loin, une façon de reprendre sur certains points son franc parler qu'on abandonnait sur d'autres, une revanche de l'obéissance qu'exige le dogme par la liberté qu'on se donne sur la discipline et la hiérarchie.

Saint-Simon, qui a usé de cette liberté plus que tout autre, n'en était pas moins un chrétien très convaincu, très sincère, très rigoureux pour luimême, qui accomplissait fort exactement tous ses devoirs religieux. Il faisait plusieurs fois par an des retraites austères à la Trappe, qui même en ce temps de dévotion surprenaient un peu les gens du monde. Il nous dit que le matin du jour où le lit de justice fut résolu il alla entendre la messe aux Jacobins : « Ce ne fut pas sans distraction; mais Dieu me fit la grâce de l'y prier de bon cœur ». On comprend que cette piété, qui n'était pas chez lui une affaire d'habitude, mais un sentiment éclairé et réfléchi, ait donné parfois un tour particulier à ses Mémoires. C'est elle qui lui inspire, à propos des grandes catastrophes qui défrayent sa curiosité, des réflexions éloquentes sur le vide des espérances et le néant des grandeurs. C'est elle surtout qui lui apprend à lire, dans les événements auxquels il assiste, l'intervention de la Providence. Il la voit dans ce retour inespéré de fortune qui, après Ramil-

lies et Malplaquet, sauve la France près de périr : « N'est-ce pas là un effet de cette main toute-puissante à qui quelques grains de sable suffisent pour arrêter les plus furieux orages de la mer? » Il la montre dans le testament inattendu de Charles II qui appelle le duc d'Anjou à lui succéder. « Laissons-les aller, nous dit-il au moment où le jeune prince et ses frères partent pour la frontière espagnole, et admirons la Providence qui se joue des pensées des hommes et dispose des Etats! » C'est enfin ce qui lui donne une si haute idée de l'histoire et l'amène à insister k tant de reprises et avec tant de grandeur, sur les graves leçons qu'on peut en tirer. « A qui considère les événements dans leur origine réelle et première, dans leurs degrés, dans leurs progrès, il n'y a peut-être aucun livre de piété, après les divins, et après le grand livre toujours ouvert du spectacle de la nature, qui élève tant à Dieu, qui en nourrisse plus l'admiration continuelle, et qui montre avec plus d'évidence notre néant et nos ténèbres. » Et ailleurs : « Ecrire l'histoire de son pays et de son temps, c'est se montrer à soi-même, pied à pied, le néant du monde, de ses craintes, de ses désirs, de ses espérances, de ses disgrâces, de ses fortunes, de ses travaux; c'est se convaincre du rien de tout par la courte et rapide durée de toutes ces choses et de la vie humaine ; c'est se rappeler un vif souvenir que nul des heureux du monde ne l'a été, et que la félicité, ni même la tranquillité, ne peut se trouver ici-bas; c'est mettre en évidence

que s'il était possible que cette multitude de gens de qui on fait une nécessaire mention avait pu lire dans l'avenir le succès de leurs peines, de leurs sueurs, de leurs soins, de leurs intrigues, tous, à une douzaine près tout au plus, se seraient arrêtés tout court dès l'entrée de leur vie, et auraient abandonné leurs vues et leurs plus chères prétentions; et que cette douzaine encore, leur mort, qui termine le bonheur qu'ils s'étaient proposé , n'a fait qu'augmenter leurs regrets par le redoublement de leurs attaches. » Quand on lit cette belle page, si grave, si large, si chrétienne, on voit bien que ce contemporain de Voltaire est resté un disciple de Bossuet.

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